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1 – Première chose, avez-vous obtenu toutes les autorisations administratives pour opérer le transfert ? Sinon, qu’est ce qui bloque ?
Le dossier comprenant 11 pièces a été transmis à la préfecture. Comme la presse l’a précisée, fort justement, le préfet est favorable au transfert de la dépouille. Le dossier attend actuellement l’avis de l’architecte des bâtiments de France.
C’est une démarche administrative. Tout est fait normalement, dans le respect des lois et des textes.
Pourquoi attendre l’autorisation des bâtiments de France ?
Car il ne s’agit pas, pour l’instant, d’une surface de cimetière. Cette surface se situant dans le périmètre d’un édifice inscrit au répertoire des monuments historiques, nous attendons l’aval des bâtiments de France.
2 – Il est étrange que vous ayez fait réaliser les travaux avant d’obtenir l’autorisation préfectorale. Est-ce à dire que vous êtes prêt à passer outre ? Qu’elle est la genèse de ce projet de transfert ?
Il y a 2 temps :
1°) A l’issue des dégradations de l’été dernier, le conseil municipal, a décidé de sécuriser son site et d’en profiter pour valoriser son patrimoine. Plusieurs actions ont été prévues initialement :
- désherber le bas des remparts, qui sont fouillés, creusés régulièrement par des étrangers,
- éclairer cette zone, afin de la rendre plus difficile d’accès,
- limiter, l’accès de l’église et ses dépendances,
- démolir l’ancien restaurant, monté et construit sans aucune autorisation, pour ouvrir la vue,
- fermer, à la demande de nombreux administrés, le cimetière pour que les défunts reposent en paix,
- créer un point d’accès touriste,
- créer à l’abbé un monument cultuel.
Ceci fait l’objet d’une délibération municipale en date du 5 Novembre 2003.
2°) Au moi de janvier j’ai reçu une correspondance des descendants, choqués de ce qui s’était passé durant l’été (viol de l’ossuaire). Ces derniers avaient, maintenant que leurs parents et grands-parents étaient décédés (ces derniers ayant voulu conserver une forme de silence sur cette affaire Saunière, qu’ils ne maîtrisaient plus depuis les années 50-60), décidés de transférer le prêtre.
Tous les descendants sont-ils d’accord ?
Oui. D’une part, j’ai appris leur existence, en même temps que leur correspondance. Et d’autre part, leur existence est prouvée par actes notariés.
Je dis qu’il y a des descendants identifiés par acte notarié, le nombre n’importe pas et ne regarde personne.
Nous avions un projet initial, eux en avait un, c’était d’enlever le prêtre. Il faut reconnaître qu’enlever le prêtre à Rennes-le-Château, c’était quelque chose qu’on ne peut pas concevoir assez facilement. J’en ai rendu compte aux autorités, qui sont pour moi la sous-préfecture de Limoux de la situation, et fait une proposition aux descendants avec trois possibilités :
Transférer le curé hors de Rennes-le-château,
Le transférer dans un autre lieu du cimetière, avec certainement une protection supplémentaire et un caveau plus somptueux.
Bénéficier du monument cultuel, que nous avons prévu d’ériger.
Ils ont dit oui à la troisième, ce qui nous a arrangé, je le reconnais, beaucoup.
Il a donc fallu modifier quelque part, le monument et un petit peu le plan d’ensemble.
Voila où nous en sommes aujourd’hui.
3 – Vous invoquez des actes de vandalisme ? Pouvez vous citer des faits ?
Les actes de vandalisme sont multiples, nombreux et quasi incessants. Le plus frappant c’est courant de l’été 2003, le viol de l’ossuaire. Tous les administrés ont pu voir dans les débris, les os de ce qui étaient leurs anciens. A part ça, il y a en des plus bénins qui vont de la disparition des plaques, au jet de pierre, la vierge dans le jardin cassée, l’électricité arrachée. C’est sans arrêt. Ils font l’objet souvent d’un procès verbal de gendarmerie et d’une plainte.
Reconnaissez que depuis 1968, première tentative de violation de la tombe du prêtre, c’est quelque chose qui n’a fait qu’amplifier. Cela n’a jamais été quelque chose de normal.
4 – Une vidéosurveillance n’aurait-elle pas été suffisante ?
La vidéosurveillance est prévue, elle couvrira le monument cultuel ainsi que les nouvelles dispositions d’éclairage de jour et de nuit.
Je mettrai en place une alerte passive. Les démarches pour une vidéo surveillance avec enregistrement sont très longues à obtenir et il n’est pas sûr que nous l’obtenions. Néanmoins des cellules électriques et des alarmes passives seront mises en place pour protéger, en tant que ça puisse se réaliser rapidement, le futur monument de l’abbé Saunière.
5 – Vous vous référez à l’accord de la famille. Ne trouvez vous pas bizarre que cette famille, silencieuse pendant près de 80 ans se préoccupe aujourd’hui de la tombe ? Ne lui avez-vous pas un peu forcé la main ?
Non, je répète que cette famille n’a pas eu un comportement bizarre, elle a tout simplement attendu que les descendants directs qui voulaient occulter cette affaire de l’abbé, qui a été mise sur le marché publique a partir des années 60 dans des conditions inacceptables pour cette famille. Il faut bien les comprendre, c’était un prêtre avant tout. Et on l’a trop souvent oublié.
L’abbé de Mons, disparu récemment, avait là-dessus des écrits et une théorie défendant le prêtre. Et je dois vous avouer que depuis cinq ans que je suis Maire, l’une de mes motivations c’est de rendre au prêtre, sa fonction d’homme d’église parce que c’était un homme d’église à la foi profonde.
Maintenant que les descendants directs sont morts, en conséquence les enfants ont décidé le transfert.
Je n’ai pas forcé la main. J’ai évité qu’ils emmènent le prêtre en moins de 48H00, ce qu’ils ont tout à fait le droit de faire.
6 - Les passions se sont déchaînées sur internet et le transfert est analysé comme une opération bassement mercantile : mettre la tombe dans le domaine dont l’entrée est payante. Qu’avez-vous à rétorquer ?
Le domaine se visite, puisqu’il a été acheté par la commune en 2001. Il sera complètement rénové au cours des trois ou quatre années dans un état début 19ème. Cela coûte des fortunes, l’Europe et beaucoup d’organismes sont directement concernés.
Le monument cultuel avait été prévu d’être mis là, qu’on le veuille ou non, il semblait juste et bon de ramener ce prêtre dans son territoire, son propre domaine.
Actuellement, et depuis que nous l’avons acheté, l’ensemble du domaine se visite pour 4,25 euros (plein tarif). La présence du prêtre dans le domaine n’y changera rien du tout, en conséquence de quoi, il n’y a pas d’objet mercantile à cette démarche.
7 - N’aurait-il pas été nécessaire – ou au moins élégant – de parler de cette opération avec la famille Corbu/Captier, voisin dans la tombe ?
Cette tombe, on peut en parler, puisque là encore Mr le sous-préfet a pris une position : « la concession de 1900 a été accordée au seul prêtre et que les corps qui y ont été déposés, l’ont été tout a fait illégalement. » Alors prendre contact avec quelle famille ? Qui sait exactement qui repose à côté du prêtre ? Qui et quelle famille faut-il prévenir ? La première ? La seconde ? Les cousinages de la première ou de la seconde ?
Ce qu’il faut savoir au jour d’aujourd’hui, c’est que la totalité des descendants, des défunts qui occupent actuellement la deuxième partie du caveau, devront se mettre d’accord sur une conduite à tenir. Non pas une des familles, mais toutes les familles.
8 - Toujours sur le plan de « l’élégance », ne trouvez vous pas choquant de séparer Marie Denarnaud de son cher curé ?
En ce qui concerne Marie, qui reposait, en son temps, dans une tombe proche de l’abbé. C’est une des choses qui me choque, le plus dans cette histoire : Marie et le prêtre, c’est faire fi et oublier un peu rapidement qu’a la fin du 19ème, pour être bonne du curé il fallait avoir l’âge canonique. Et je rappelle ici, que l’âge canonique, c’est tout simplement l’âge où la femme n’est plus en âge de procréer. C'est-à-dire, à l’époque, aux alentours de 45-50 ans, ce qui n’a guère changé par rapport à maintenant.
J’ai, qui m’a été remis par l’abbé de Mons, l’engagement de la première bonne de l’abbé Saunière. Ce n’est pas Marie. Et ça n’a jamais été Marie la bonne de l’abbé saunière. Il faut cesser ces affirmations.
Je voudrais ajouter que Rennes le château est un site remarquable à l’histoire et au passé chargé. Mais depuis les années 50, le prêtre qui a été certainement un révélateur du site, a été aussi exploité de telle sorte qu’il est l’arbre qui cache la forêt. La forêt c’est tout le passé archéologique, tout le passé historique. La forêt c’est aussi, et j’insiste lourdement, l’aspect tellurique du site ; qui a la même force que le Mont St Michel, la Sainte Beaume, Notre Dame de Strasbourg ou Notre Dame de Paris, un lieu de culte car c’est un lieu de force. Ca s’appelle de la physique.
Pour moi, le curé a dépensé beaucoup d’argent, c’est vrai, c’est incontestable. Comment ? Je n’en ai aucune idée et je crois que je partirai d’ici sans en avoir la moindre idée.
J’ai de nombreux amis chercheurs, dont certains même appartiennent au CNRS ou à d’autres organismes très sérieux. Je trouve sain que ces gens puissent développer des thèses, des théories, et venir les confronter sur le terrain au cours de leurs vacances. Ca me parait sain et ça me semble participer au merveilleux, au mystère du site. Je m’élève contre des interprétations fumeuses, ésotériques et souvent erronées. Ca n’apporte rien au site qui n’en a pas besoin.
En tant que maire, j’ai deux objectifs :
-développer le pouvoir économique de ma commune,
-assurer à mes administrés le calme et la sérénité.
J’espère du fond du cœur, qu’à Rennes-le-Château, dans une dizaine d’années, tout en respectant l’environnement, le cadre, la tranquillité, viennent s’installer différents commerces sur la commune qui je le rappelle a une superficie de 1700 hectares. Il y 5 ans il y avait 30000 visiteurs, aujourd’hui il y en a 100000.
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