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P. Mensior : La notice de Maurice Tous fut enregistrée par les archives départementales le 14 juin 1962 dans le registre des entrées sous le n° 4407 sous la cote 89 W 106. C’est seulement vers 1978 qu’elle intègre la sous-série 2J sous laquelle elle est consultable aujourd’hui au n° 248. Son enregistrement est d’ailleurs antérieur à la notice de René Descadeillas déposée également en 1962.
M. Vallet : Ok, au moins cela nous prouve que le texte est antérieur à 1963.
P. Mensior : La Puissance et la Mort a bien été tapé sur la machine de Corbu, je crois d’ailleurs être le seul à avoir publié des extraits de l’original (Parle-moi de RLC 2004, p. 101).
M. Vallet : Sur ce point, entièrement d'accord, pour les raisons que j'ai déjà évoquées. Mais une fois encore, cela ne prouve qu'il en soit l'auteur. Si je redactylographie les "Misérables", j'en serai un si je m'en déclarai auteur !
P. Mensior : Corbu n’avait nul besoin de payer un correcteur pour une relecture puisqu’il avait aussi dans ses relations des gens d’écriture (Salamon bien sûr mais aussi Marina Gray etc.).
M. Vallet : Pourquoi me dis-tu cela pour le "Mort Cambrioleur", penses-tu qu'il les connaissait déjà lorsqu'il était à Perpignan ?
P. Mensior : Dans tes commentaires sur La Puissance et la Mort, page 13 de ta bibliographie, tu notes : Une mention finale fait croire que la rédaction de ce texte antérieur a été achevé le 29 janvier 1953, soit onze jours après le décès de Marie Dénarnaud, dont la mort est racontée dans le dernier paragraphe de ce récit.
M. Vallet : Ok, c'est une inattention de ma part, j'ai pris la date indiquée à l'entrée du paragraphe (18 janvier). La précipitation est aussi pernicieuse que l'obstination.
P. Mensior: Sur quel élément probant te bases-tu pour affirmer que le texte La Puissance et la Mort est antérieur à celui de Maurice Tous qu’on ne sait même pas dater précisément ?
P. Mensior : Le 29 janvier indiqué en fin de texte est bien le jour du décès de Marie (je n’ai donc pas saisi ton explication des onze jours !). Il est donc parfaitement hypothétique de dire qu’il est celui de sa rédaction. D’ailleurs sur l’original figure devant cette date et remplaçant le mot « décédée » la croix mortuaire non reproduite dans les versions publiées et qui souligne bien que l’histoire racontée se termine avec la mort de Marie.
M. Vallet : Sur ce point, tu tires une conclusion. Tu vois la date de 1953 en fin de texte, tu te dis que l'ensemble du texte est donc de cette date.
P. Mensior : Ayant vérifié la page 485 de tes archives, pour le texte de Maurice Tous, je parle donc d’une troisième version différente.
M. Vallet : Ok, probablement n'est-elle pas très différente des deux autres versions.
Tu me disputes la validité de ce texte, mais notre démarche est bien différente. Après tout, que Corbu ait écrit ce texte ou non, au final, peu importe (je ne dis pas pour autant que tu m'as convaincu). Mais ton objectif est de prendre chaque élément de cette histoire, de les passer au crible et de voir ensuite s'ils ont une certaine authenticité. Dans le cas de ce texte, tu me dis: il a été écrit par Corbu. Or, Corbu n'était ni un historien ni un chercheur. Ce qu'il dit au final n'a aucun intérêt documentaire. Il invente une histoire extravagante de Saunière, il parle de parchemins trouvés dans un pilier creux, d'un berger dont personne n'a jamais entendu parlé auparavant, bref c'est du roman.
Or, même si ce texte est de 1962, on y trouve des éléments précis : l'histoire du berger, les Parchemins, la dalle de la Marquise, etc.
Tout cela avant "l'Or de Rennes".
Je t'entends déjà : "L'or de Rennes " est un écho des bavardages de Corbu. Cela serait vrai, si, les ingrédients de notre énigme (parchemins, dalles, tableaux, etc.) ne menaient à rien. Tu achoppes, notamment, sur la question des parchemins. Or, tel que Corbu les décrits, on les trouve dans "l'Or de Rennes". Il faudrait penser que Philippe de Cherisey les a fabriqués en fonction de ce que racontait Corbu. Corbu en parle déjà en décembre 1955; or, Plantard et Cherisey, à l'époque, ne connaissaient même pas Rennes-le-Château. Admettons encore que Corbu n'ait jamais eu en mains ces Parchemins. Mais il a bien fallu que quelqu'un lui en parle, lui parle aussi de l'épitaphe de la Marquise et de ses "curiosités" (dixit la "Puissance et la Mort", puisque Corbu en est l'auteur).
Tout cela pour dire que si la "Puissance et la Mort" est bien de Corbu, voilà un homme qui n'était pas si mal renseigné.
Bien cordialement.
Michel
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