Le Grand Parchemin a-t-il tout dit ?
Avant lire : Il n'est pas nécessaire de bien connaitre les décodages du Grand Parchemin pour comprendre ce qui suit, c'est surtout du système qui a conduit au codage dont il est question… je reste de toutes manières à l'écoute.
C'est l'histoire du sultan qui réclame comme rançon à son ennemi, un grain de blé sur la première case d'un échiquier, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième… et ainsi de suite !
Rapidement le rançonné s'aperçoit qu'il ne pourra jamais réunir le montant de la rançon… les tonnages atteints devenant vite hors de la perception humaine…
On peut pour étudier le grand parchemin sous un certain aspect s'appuyer sur ces mêmes propriétés des multiples de deux…
Mais d'abord, je voudrais préciser certaines choses :
Qui que ce soit qui ait réalisé ce document, tenons nous en à Cherisey ou à Jean Jourde, l'option Bigou a été quasiment abandonnée par tous, qui que ce soit donc, on suppose qu'il y a laissé sa patte ! Sa signature ! C'est une évidence : pour des raisons d'authenticité, il est impératif que le texte cache un élément que seul le véritable créateur sache !
D'ailleurs, Cherisey ne s'y est pas trompé puisqu'il a donné une signature : "à midi" veut dire Amédée (son nom de scène) et Cheval de Dieu vient de son prénom Philippe, ami des chevaux, en autre… bref, rien de déterminant !
Ce qui rajouté au fait qu'il ne savait pas comment on décodait le Grand Parchemin, qu'il aurait fait, a laissé plané un certain doute sur son testament…
Mais comme on n'avait pas trouvé de "signature" venant de Jean Jourde, par exemple, Cherisey n'a pas eu peur de le faire affirmer, 25 ans après sa mort quand même !
Le ridicule ne tue pas deux fois !
Une autre chose à savoir est que le codage n'est pas si compliqué qu'on veut nous le faire croire, surtout que ce codage était livré avec la réponse… les difficultés rencontrées par les premiers chercheurs venaient peut être d'erreurs du créateur… absence de W dans le code de Vigenère, rejet de la première colonne verticale en fin de ligne… ce sont ces différences avec un code Vigenère classique qui firent dire longtemps qu'il fallait, quand on avait cassé le code, choisir la lettre à côté, ou employer un mot clé de type MORTEPEE + 1 rien de terrible donc, si l'on excepte ces "erreurs"…
Une autre chose est de savoir que l'histoire des échiquiers n'est qu'esthétique, le fait de commencer le codage par une mise en case de la formule Bergère est facilement cassable (l'attaque en coin d'André Goudonet, le célèbre chercheur). Bref, ces échiquiers n'ont pas été intégré à l'énigme pour la rendre définitivement indéchiffrable, ou beaucoup plus complexe.
On peut donc penser que ces échiquiers ont été intégrés pour d'autres raisons que le simple brouillage d'un message.
Et si c'était pour signer l'énigme ?
Pour faire son codage, le créateur a utilisé :
1 - La stèle de Blanchefort, plus PS PRAECUM pour en tirer une anagramme (merci P Saussez, pour le genre du vocable).
2 - Cette anagramme (Bergère, pas de…) qui est le message à coder.
3 - La stèle de Blanchefort plus PS PRAECUM lue à l'envers qui est l'une des clefs à utiliser avec une grille Vigenère.
4 - Une liste de lettre qu'il a sorti des cases de deux échiquiers, où il avait inscrit la phrase Bergère…
Notons que ces quatre listes de 128 lettres sont absolument identiques, ce sont toujours les mêmes lettres simplement prises dans un ordre différent.
On l'a dit plus haut, la question était fournie avec la réponse, et ceci dans un apocryphe attribué (sans grand doute) à Pierre Plantard, ce texte apocryphe est dit de Blancasall.
Ce texte, après une courte introduction dit (dernier paragraphe, page 1) : "Voilà 1790, 8 années de travail aboutissent à 13 lignes d'un texte à double sens. Le texte caché est l'anagramme du texte apparent qui contient en lui-même la matière de la déchiffrer. Une dalle funéraire est gravée et dressée au cimetière. C'est le message."
Tout est dit ! La méthode exacte pour déchiffrer le Grand Parchemin est écrite dans ces trois lignes… Et on peut alors sans grand risque d'erreurs dire que celui qui a le premier écrit cette phrase connaissait TOUTES les techniques pour arriver au décodage complet !
Ici, il y a deux options, soit Plantard a inventé cette phrase, soit il l'a tirée d'un dossier qui lui venait de Jean Jourde…
Comme Plantard ne savait pas exactement comment faire pour décoder, on peut imaginer qu'il a tiré cette phrase d'informations antérieures.
Le texte en précisant "qu'(il) contient en lui-même la matière de le déchiffrer" laisse bien entendre que la dalle de Blanchefort lue à l'envers servira de clef, il reste bien sûr à le savoir, mais ce n'est pas ici le problème.
Mais la deuxième clef "MORTEPEE" ?
On dira qu'elle vient de la stèle (même si le "T" vient d'une lettre qui justement n'est pas là), c'est ce qu'on du se dire les usurpateurs… Mais si on retrouvait cette deuxième clef, si l'on retrouvait ce MORTEPEE dans "l'anagramme du texte apparent qui contient en lui-même la matière de la déchiffrer", ce serait autrement plus convaincant, et on pourrait se dire que cela, le vrai créateur ne pouvait l'ignorer !
Je vais donc essayer de montrer que l'on trouve dans une des étapes du décodage du GP, le mot MORTEPEE.
Sans utiliser de latin, de grec, la cabbale ou autre substitutions hasardeuses, simplement en regardant les choix du créateur.
Et je vais le faire à partir d'une des quatre suite de lettres dont je parlais plus haut. Aucune de ces lignes n'a encore été décodée, c'est impératif, c'est avant de commencer son travail que le créateur va y insérer les deux clefs dont une sera sa signature, si on trouvait une relation après, cela n'aurait aucun sens… et laisserait le champ à toutes les interprétations, du genre "à midi" !
Je vais donc comparer la phrase Bergère, "anagramme du texte apparent" avec la liste de lettres que l'on obtient après le passage sur échiquiers cette liste "contient en elle-même la matière" puisqu'on l'a dit, ce sont les mêmes lettres dans un ordre différent.
Comment cette suite de lettres est apparue ?
Le créateur a inscrit dans les 128 cases de deux échiquiers, en suivant ce que l'on appelle la "polygraphie du cavalier" la phrase bergère, également de 128 lettres.
La polygraphie du cavalier est un parcours que l'on fait sur les 64 cases de l'échiquier en suivant le déplacement du cheval sans jamais repasser par la même case…
Il y a des polygraphies fermées, de la 64° case utilisée on peut repasser à la première, avec un saut de cheval, et ouvertes où à la fin du parcours on ne peut retourner sur la première case, par un saut de cheval.
Il a ensuite lu, ligne horizontale de l'échiquier par ligne horizontale de l'échiquier, y a relevé les lettres et les a mis à la suite, pour obtenir cette "phrase" de 128 lettres :
Voilà ce que cela donne :
XNLSPANNASITTIATEXRRPBTEUCAEENIRXTGEENDELORSIAAOELEFSDQRPEDCUPGXAIEMUIDOCEJDNMEGMCOCEEPDSHRXAIADHATMOAESEBICELERNEEAIEEDLVEVULDC
Appelons là suite C
On peut penser, en voyant la performance, que le créateur a été génial en trouvant ce chemin… c'est une erreur, il y a des milliards de manières d'écrire la phrase Bergère dans deux échiquiers en suivant rigoureusement le saut du cavalier ! Quand je dis des milliards, c'est des milliards, on le verra plus bas.
Cette ligne de lettres est la seule avec laquelle le créateur peut jouer, je m'explique, avec les trois autres (la stèle, l'anagramme Bergère, la stèle à l'envers) il ne peut rien faire, il est obligé de "faire avec" ! Ce sont Les données de l'énigme, changer quelque chose, ne serait-ce qu'une lettre de place réduirait à néant ces efforts.
S'il a donc voulu faire passer un message, c'est en "jouant" sur la quatrième liste, celle sortie des échiquiers, et là on peut dire qu'il a le choix !
Cette liste sortie des cases n'a aucune influence sur la suite du décodage, la seule chose qui changera ce sont les lettres que l'on trouve en plus sur le GP… On appliquera les mêmes codes sur ces nouvelles lettres et on retrouvera une autre liste sortie des cases qui donnera toujours la phrase bergère !
Le créateur peut donc jouer avec cette liste tant qu'il veut, jusqu'à ce qu'il trouve la liste qui lui permette de faire passer son message…
Et pour avoir le choix, il a le choix… on en revient au sultan et ses grains de blé...
On peut sur un seul échiquier trouver 122 000 000 de manières de réaliser un parcours du cavalier fermé, sur deux échiquiers, comme dans l'affaire de RLC, il y a 14 884 000 000 000 000 possibilités...
14 884 000 000 000 000 possibilités d'écrire la phrase bergère dans deux échiquiers selon le parcours du cavalier, et ceci en circuit fermé… en circuit ouvert les chiffres sont astronomiques, hors de l'imagination…
On me dira qu'il y a des lettres doubles, et que l'on retrouvera forcément des mêmes parcours… mais comme je n'envisage ici, que les parcours fermés, alors que rien n'obligeait le créateur de le faire… pour faire la part des choses, je divise par deux ces chiffres, en étant bien en dessous de la réalité !
7 442 000 000 000 000 possibilités ! C'est faramineux !
Si je mesure la longueur de cette liste sur mon écran (verdana 10) et que je mets bout à bout toutes les possibilités, j'obtiens 2 083 500 000 000 Km !!!
14 000 fois la distance de la terre au soleil !
Si le créateur pose sa bougie près de sa dernière suite, la lumière mettra 11 semaines pour arriver à la première !
Ce n'est donc rien de dire qu'il avait le choix !
Pourtant si l'on prend la suite C, et qu'on la compare à la phrase Bergère, on s'aperçoit qu'il y a 13 lettres communes, qui sont à la même place dans l'ordre, de ces 13 lettres communes ASTAIAMOTEPEE nous tirons :
MO TEPEE
ASTAIA
Sur le nombre extravagant de possibilités qu'il avait, le créateur choisit une liste où sont en commun avec la phrase codée, 7 des 8 lettres qui serviront au décodage !
MO TEPEE
On verra un peu plus bas qu'il n'a pas oublié le "R" !
Je note juste au passage que les lettres "ASTAIA" sont présentes sur la dalle de Blanchefort…
TIA sur le mot à gauche de reddis… et AA de l'autre côté, le S terminant les quatre mots centraux… mais je ne parle pas encore de cela...
Revenons à MO TEPEE
Je ne peux pas croire que c'est le hasard !
D'autant que l'apocryphe de Blancasall le laissait entendre :
"Voilà 1790 (seul apport de Plantard à mon avis, 1790), 8 années de travail aboutissent à 13 lignes d'un texte à double sens. Le texte caché est l'anagramme du texte apparent qui contient en lui-même la matière de la déchiffrer. Une dalle funéraire est gravée et dressée au cimetière. C'est le message."
Quand on voit le nombre de possibilités que laissait le hasard de ne pas avoir une telle "coïncidence" et en se souvenant que c'était annoncé… on doit bien admettre qu'il ne peut y avoir de "heureux hasard" et que là était la clef laissée par le créateur ! Sa signature !
Et cela ni Plantard, ni Cherisey ne pouvaient le savoir !
Le "R" me direz-vous ?
On l'a dit le créateur n'a pas choisi au hasard son chemin du cavalier (il y a d'ailleurs d'autres possibilités d'arriver au résultat 7/8 lettres de Mortépée… 8/8 doit sans doute être possible, mais à cette époque, sans ordinateurs cela devait être difficilement réalisable), il a choisi un chemin connu, tellement connu qu'il a un nom, et que c'est ce chemin qui a "permis" à un mathématicien du dix-huitième siècle de théoriser cette particularité du parcours du cavalier.
On doit à Mariano Tomatis un merveilleuse étude sur cette particularité du parcours du cavalier dans l'affaire de RLC.
Mariano s'est aperçu que pour garder le parcours du cavalier qu'avait étudié ce mathématicien, le créateur du parchemin avait retourné deux fois les échiquiers ! Comme si il y avait une volonté farouche de conserver ce parcours là, absolument pas nécessaire si l'on ne veut que décoder "normalement".
Pourquoi vouloir que son chemin de cavalier soit sur le même chemin du cavalier d'un mathématicien, en faisant un double rotation sur les échiquiers, qui ne rajoute rien, sinon complique la vie du créateur, si ce n'est pour attirer l'attention sur ce mathématicien ?
Ce parcours est connu sous le nom de Polygraphie d'Euler !
Le parcours de l"R" !
Voilà, le R de notre Mortépée !
Ce n'est pas tiré par les cheveux, quand on sait qu'il n'y avait nul besoin de découvrir ce MORTEPEE pour casser le code… ce MORTEPEE ne servait que de signature, si un jour quelqu'un revendiquait la création du Grand Parchemin ! En aucune manière, il ne fallait faire la démarche que je viens de faire pour casser le code !
A vous de voir :
Une chance sur des milliards d'avoir 7/8 des lettres de MORTEPEE qui coïncident entre les deux listes de lettres…
Mais c'est le choix du créateur.
Alors qu'il a des milliards de possibilités différentes, le créateur choisit par des acrobaties incompréhensibles autrement que par une volonté de coder, d'utiliser un chemin qui permet de clore le mot clef nécessaire à la résolution de l'énigme…
C'est encore le choix du créateur.
En tous cas, cela Cherisey ne le savait pas !
Et le créateur, homme génial s'il en est, l'avait même anticipé !
Salutations,
Philemon.

: Si je me plante : je suis le seul responsable de ce qui est écrit plus haut.

- Si j'ai un peu raison, merci à Mariano Tomatis, Franck Marie, Franck Daffos, André Goudonet, Pierre Silvain, Jauclin et les sites web qui parlent d'échecs !

- Mais si j'ai un peu raison qu'elle avancée dans la... recherche !