Rennes-le-Château

Les forums de Rennes-le-Château
Nous sommes le Mar Juin 18, 2013 6:31 am

Heures au format UTC + 1 heure




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 121 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 ... 9  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message:
MessagePosté: Sam Oct 25, 2008 6:09 pm 
Hors ligne

Inscription: Mar Aoû 23, 2005 8:11 am
Messages: 890
Localisation: région parisienne
Informations complémentaires sur le même sujet :

Dans son histoire de Limoux, l’historien Fonds-Lamothe explique ce qui suit :

- « Au commencement du quinzième siècle il s’opéra un changement dans le mode de percevoir les tailles. A la division par sénéchaussées et par vigueries on substitua les circonscriptions ecclésiastiques. Par cet ordre, Limoux aurait dû dépendre du diocèse de Narbonne ; »

Nous sommes donc bien là dans un registre administratif, c’est à dire fiscal (les tailles).

- « Par cet ordre, Limoux aurait dû dépendre du diocèse de Narbonne ; »

Là, Fonds-Lamothe exerce un rapprochement logique avec la situation spirituelle des diocèses. En d’autres termes, si l’on avait suivi leur délimitation religieuse « Limoux aurait dû dépendre du diocèse de Narbonne ».

Ce qui signifie bien qu'antérieurement à cet ordre, Limoux dépendait bien de l'archevêché de Narbonne.

- « Tandis que le diocèse d’Alet devait former une circonscription particulière. Il n’en fut pas ainsi à cause de son importance et de ses anciennes prérogatives. »

- « Son officialité fut réunie ADMINISTRATIVEMENT au diocèse d’Alet. »

C’était donc à Limoux, chef lieu de la viguerie que siégeait les députés (l’assiette) pour répartir l’impôt. C’était également à Limoux que résidait le receveur des finances. Cette situation défavorisant Alet, le siège de l’évêché revendiqua ces mêmes prérogatives. Ce qui lui fut toujours refusé jusqu’à 1660 année où Limoux fut détaché et forma dès lors une seconde municipalité diocésaine de la province ecclésiastique de Narbonne.

Sur N-D de Marceille, Fonds Lamothe explique encore ce qui suit :

Les bénédictins de St Hilaire ayant acquis, en 854, et possédé durant quatre siècles les églises de Limoux, il est probable qu’ils élevèrent, sur la route reliant l’abbaye de St Hilaire à Limoux, la chapelle de Marceille.
A une époque incertaine, l’archevêque de Narbonne en fit don aux boursiers du collège de Narbonne à Paris qui la cédèrent à leur tour à la ville de Limoux. Ca fut alors que, sous l’ADMINISTRATION MUNICIPALE, elle reçut cette forme simple et gracieuse. En l’année 1660, la ville (Limoux) la RETROCEDA à l’ARCHEVEQUE de NARBONNE, qui avait l’intention d’y établir un séminaire …etc. etc.

Ce que montrent ces diverses références consultées c’est que la chapelle de Marceille n’a jamais dépendu, sur le plan religieux, de l’évêque d’Alet. Pour le temporel, elle fut tour à tour propriété des Bénédictions, puis celle de la ville de Limoux, et enfin propriété de l’archevêque de Narbonne.

PM


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Sam Oct 25, 2008 6:33 pm 
Hors ligne

Inscription: Sam Juil 12, 2008 7:27 pm
Messages: 177
Mr Daffos a fait beaucoup de recherches et trouve beaucoup de documents interessants. Meme si son histoire s'ecroule il ne faut pas oublier ses contributions (mais je crois que c'est impossible parceque il nous rappelle tout le temps). Il a souleve beaucoup de choses etranges qui restent inexpliquees et qu'il voulait expliquer avec son histoire de tresor. Bon, now il faut quand meme essayer d'expliquer ces choses.


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Sam Oct 25, 2008 7:35 pm 
Hors ligne

Inscription: Mar Aoû 23, 2005 8:11 am
Messages: 890
Localisation: région parisienne
Deux documents supplémentaires confirmant que N-D de Marceille dépendait bien sur le plan religieux du diocèse de Narbonne.

Bulle d’Innocent X du 9 septembre 1645 :
Innocens P. P. X. omnibus utriusque sexus Christi fidelibus verè poenitentibus et confessis, ac sanctà communione refectis, plenariam indulgentiam et remissionem omnium peccatorum per septem annos concedimus, si sanctam ecclesiam beatae Virgini dedicatam et propè Limosum, in diocoesi Narbonensi sitam, die festo nativiatis beatae Mariae Virginis, a primis vesperis usque ad occasum solis festi, piè visitaverint, ibique per aliquod tempus pias preces effuderint pro christianorum principum concordià, haereseon extirpatione, ac sanctae matri Ecclesiae exaltatione…

la chapelle de Marceille dépend bien religieusement du diocèse de Narbonne comme l’indique encore la Visite Pastorale faite le 19 juin 1641 par Mgr de Rébé, Archevêque de Narbonne.

Ces deux documents sont reproduits par l’abbé Lasserre dans son histoire du pèlerinage. On peut par ailleurs y ajouter le registre des Marguilliers conservé à Cépie dans lequel sont mentionnés les directives et certaines décisions de Mgr de Rébé, archevêque de Narbonne, pour la chapelle de Marceille.

Fonds-Lamothe ne dit rien d'autre dans son histoire de Limoux. Il explique que les limites administratives des diocèses sont différentes de celles des diocèses religieux. Sur ce dernier plan donc N-D de Marceille dépend exclusivement de l'archevêché de Narbonne comme le disent les documents ci-dessus.

PM


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Dim Oct 26, 2008 10:28 am 
Hors ligne

Inscription: Mar Aoû 23, 2005 8:11 am
Messages: 890
Localisation: région parisienne
Bonjour,
Suite au lien donné par Philippe Duquesnois, j’ai lu la réponse de M. Daffos qui serait désopilante sur le plan historique si elle ne comportait des attaques hors sujet d’ordre privé me concernant.
Puisque M. Daffos est banni du présent site, il me parait incompatible qu’ici, par l’intermédiaire d’un lien informatique, l’on puisse y lire de sa part ce genre de propos calomnieux. C’est en fait comme si il les écrivait ici même. En conséquence, je demande instamment au webmaster de supprimer le lien mis par Philemon qui se plait à colporter ce genre d’infamie.
Merci d’avance
PM


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Dim Oct 26, 2008 4:43 pm 
Hors ligne

Inscription: Sam Juil 12, 2008 7:27 pm
Messages: 177
At least, passions run high! Pour se disputer de maniere si inelegante, on peut au moins penser que les chercheurs ont une passion sincere pour leur sujet (et surtout leur theorie)!

Je propose une cotisation pour mettre une petite statue de Daffos a cote de celle de laa vierge a RLC, et une grosse staue de Daffos devant NDdM.

En echange, il permettra aux autres auteurs de remettre en question ses theories sans faire la guerre.

Like that, everyone will be happy.


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Dim Oct 26, 2008 7:45 pm 
Hors ligne
Modérateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription: Mer Juil 23, 2003 3:18 pm
Messages: 328
J ai effectivement supprimé le message en question, non pas pour le fond, mais parce que comme d'habitude il est truffé d'injures.

Exit.

F+M

_________________
Vous êtes ici dans un espace de liberté ; ne le gâchez pas !


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Lun Oct 27, 2008 11:07 am 
Derek Taylor a écrit:
At least, passions run high! Pour se disputer de maniere si inelegante, on peut au moins penser que les chercheurs ont une passion sincere pour leur sujet (et surtout leur theorie)!

Je propose une cotisation pour mettre une petite statue de Berger Paris a cote de celle de laa vierge a RLC, et une grosse staue de Berger Paris devant NDdM.

En echange, il permettra aux autres auteurs de remettre en question ses theories sans faire la guerre.

Like that, everyone will be happy.


Personnellement,...what else ?...I don't have money and time for that, darling ! :P


:wink:


Haut
  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Lun Oct 27, 2008 11:48 am 
Hors ligne

Inscription: Mar Aoû 23, 2005 8:11 am
Messages: 890
Localisation: région parisienne
Bonjour,
Au sujet de Notre-Dame de Marceille, permettez-moi de reprendre mon message précédent.

Pour le spirituel
Les nombreux documents cités ultérieurement, notamment l’extrait du factum de Vincent Ragot relatif à la nullité des confessions faites en dehors du diocèse d’Alet où se trouvait N-D de Marceille, prouvent que cette église dépendait du diocèse de Narbonne et que, dès lors, l’évêque d’Alet, Nicolas Pavillon, n’avait sur elle aucun pouvoir spirituel.

Pour le temporel
Les historiens de la chapelle, notamment Fonds-Lamothe, ont établi la liste des propriétaires successifs.

Fonds-Lamothe, Histoire de Limoux, Pages 172 et 173 :
« Les bénédictins de St Hilaire ayant acquis, en 854, et possédé durant quatre siècles les églises de Limoux, il est probable que sur la route de St-Hilaire à Limoux, ils élevèrent, pour servir de stations, les chapelles de St Jaume et de Marceille. »

« A une époque incertaine, l’archevêque de Narbonne en fit don aux boursiers du collège de Narbonne à Paris, et ceux-ci la cédèrent à leur tour à la ville (de Limoux), moyennant une redevance annuelle de six livres. Ce fut alors que, sous l’ADMINISTRATION MUNICIPALE, elle reçut cette forme simple et gracieuse … ».

« En l’année 1660, la ville (Limoux) la RETROCEDA à l’ARCHEVEQUE de NARBONNE, qui avait l’intention d’y établir un séminaire pour l’instruction des ecclésiastiques du Rasez. Ce projet ayant été abandonné, l’archevêque la donna aux doctrinaires, professeurs du collège, qui l’ont conservée jusqu’à la Révolution. »

N’ayant jamais été propriétaire de la chapelle, le diocèse d’Alet et son prélat Mgr Pavillon n’avaient aucun pouvoir temporel (matériel) sur la chapelle de Marceille.

Indépendamment des pouvoirs spirituel et temporel, il y avait également L'ETAT qui exerçait son POUVOIR ADMINISTRATIF (les taxes et les impôts).

Fonds-Lamothe, page 166 :

« Au commencement du quinzième siècle il s’opéra un changement dans le mode de percevoir les TAILLES. A la division par sénéchaussées et par vigueries on substitua les circonscriptions ecclésiastiques. Par cet ordre, Limoux aurait dû dépendre du diocèse de Narbonne tandis que le diocèse d’Alet devait former une CIRCONSCRIPTION particulière. Il n’en fut pas ainsi à cause de son importance et de ses anciennes prérogatives. Son officialité (Limoux) fut réunie ADMINISTRATIVEMENT au diocèse d’Alet. »

Les prérogatives de Limoux :
Fonds-Lamothe, page 166 :
« Comme Limoux était le chef-lieu de la viguerie, c’était là que, de tout temps, les députés avaient été convoqués pour répartir l’impôt ; c’était là aussi que résiliait le receveur des finances. »
Page 167 :
« Alet, siège de l’évêché, revendiqua ces prérogatives : mais ses efforts furent inutiles : les droits de Limoux furent confirmés par Guilhaume, évêque de Laon, gouverneur des finances en Languedoc. »

« Cet état de chose se maintint jusqu’à 1660, époque à laquelle l’officialité (de Limoux) fut détachée du diocèse d’Alet, et forma la seconde municipalité diocésaine de la province ecclésiastique de Narbonne. »

En clair, les limites déterminant la circonscription administrative en vigueur depuis le quinzième siècle n’étant pas calquées sur celles du diocèse, sur le plan exclusivement ADMINISTRATIF, Alet et Limoux étaient réunies. En conséquence, Alet, étant moins importante et moins riche que Limoux, se trouvait fort désavantagée pour la répartition des impôts et des taxes. Nicolas Pavillon avait soulevé ce problème pratiquement dès la prise de son ministère à Alet. Ce n’est qu’en 1660, comme l’indique Fonds-Lamothe, que la situation administrative change. Là encore, Nicolas Pavillon n’avait aucun pouvoir (il était celui de l’Intendant du Languedoc ou du surintendant général des finances) si ce n’est de dénoncer, autant qu’il le put, cette situation inéquitable entre les deux villes. A l'inverse, s'il avait détenu quelque pouvoir de décision, il aurait modifié dès son épiscopat ce point qu'il jugeait injuste.

Par des documents différents, Christian Attard arrive à la même conclusion dans son étude.

Bonne journée
PM


Dernière édition par Patrick Mensior le Lun Oct 27, 2008 3:30 pm, édité 6 fois.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Lun Oct 27, 2008 11:54 am 
Hors ligne

Inscription: Mer Fév 07, 2007 10:40 pm
Messages: 80
[quote="Derek Taylor"]................. Bon, now il faut quand meme essayer d'expliquer ces choses.[/quote]
Bonjour,
Vous le dites bien : il existe d'autres solutions possibles à cette énigme, dont celle-ci : "Un berger sous les étoiles". En simple proposition, mais qui sans doute concilierait bien des points de vue, à l'exclusion évidemment de ceux fondés sur des convictions... philosophiques.
Mr Philémon (au registre "souvenirs"...) : fraternité, oui. Fraternité, non !

_________________
www.rennes-en-razes.onlc.fr


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Mar Oct 28, 2008 1:09 pm 
Hors ligne

Inscription: Mar Aoû 23, 2005 8:11 am
Messages: 890
Localisation: région parisienne
Bonjour,
Cette fois un texte, sur l'affaire des frères Aosthène (in Bull. Parle-moi de RLC 2007).

Prémisses du Factum ; la Justice au temps de Mazarin et de Louis XIV :

La réputation naissante de sainteté de l’évêque d’Alet, sa volonté de réformer le clergé local et d’assainir les mœurs de la population par la pratique religieuse, n’étaient pas sans déranger les mauvaises habitudes prises par certains, dont les responsables chargés de lever les impôts, pensant bien que le prélat aurait suffisamment de soucis pour ne pas se mêler des affaires plus strictement temporelles. A l’assemblée de 1641 chargée de la répartition des impôts, Monsieur d’Alet était intervenu pour exiger l’audition des comptes relatifs aux dépenses engagées pour le logement des hommes de guerre, surprenant son auditoire qui n’avait pas jugé opportun de les rapporter devant sa Grâce, pour ne point l’importuner. L’évêque avait insisté. On avait ouvert le dossier. L’opinion de M. d’Alet était faite : on volait les pauvres de son diocèse. A l’époque les impôts relevaient de ses attributions d’évêque. Au titre de comte d’Alet il avait sa place aux Etats de la province. Sous l’autorité du gouverneur du Languedoc, l’assemblée réunissait à chacune de ses sessions des représentants des trois ordres. Noblesse et Tiers-Etat déléguaient à tour de rôle leurs membres pris respectivement parmi les hobereaux et les consuls des villes, chaque évêque et archevêque y siégeant de droit, afin de voter et de répartir la taille, impôt direct par excellence, portant sur les biens. Un mois après se tenait une nouvelle réunion, nommée assiette, afin de répartir dans chacune des paroisses, par feux, les sommes demandées par la province. Ce découpage par diocèse administratif ne coïncidait pas avec le territoire ecclésiastique du même nom. C’est ainsi qu’Alet se retrouvait avec Limoux dans une même circonscription fiscale. Réunir Alet et Limoux dans une même division fiscale pour percevoir la taille empêchait une répartition équitable de l’impôt. Distribuer par paroisses les sommes votées globalement pour l’ensemble ne prenait pas en compte les deux entités économiquement distinctes, les terres hautes et les basses régions de l’ancien comté du Razés. La partie lésée c’était Alet. Le Limouxin, plus riche, profitait de la situation. Il avait tout avantage à conserver une division de l’impôt d’après le nombre de communautés de l’ensemble du Razès. Par ce système, ses diocésains étaient volés. En 1643, Pavillon renouvelait sa demande. Occupé par la réforme ecclésiastique entreprise, il ne parut pas aux Etats suivants. De 1644 à 1655, date où il reprit place à l’assemblée de provinces, c’est par lettre qu’il rappela les droits de ses diocésains. Ayant trouvé le temps, pendant ces quinze ans, de préparer son dossier, il saisissait mieux les contours de l’affaire à la disjonction fiscale des deux territoires, et lui était surtout apparu plus clairement la manœuvre souterraine des deux principaux opposants qui bénéficiaient d’un réseau d’influences auprès des représentants civils de l’assemblée. Il s’agissait de deux frères, Pierre Aosthène, juge-mage, et Bernard, receveur des tailles, personnages honorables et considérés. Ils avaient intérêt au statu quo de la situation. Ils tenaient de solides revenus de la ferme des impôts. Mais leur gestion était pour le moins suspecte. Et Pavillon ne se contentait plus d’appeler à un partage du diocèse fiscal de Limoux-Alet. Il portait une attaque directe. Le système en place favorisait leurs exactions, qui, depuis Limoux, avait corrompu nombre de fermiers de l’impôt et des consuls des villes. Ils utilisaient leurs fonctions pour trafiquer sur la taille, faisant retomber sur Alet la plus grosse part de l’imposition totale. Quant au dédommagement dont les populations auraient dû bénéficier pour la réquisition et le logement des troupes, ils en prélevaient une partie substantielle. L’évêque avait été prudent, car les Aosthène avaient agi par prête-nom. Malicieux « chicaneaux » ils allaient faire traîner le procès. Il en fallait davantage pour décourager Monsieur d’Alet.
A la session des Etats de 1655, les amis des Aosthène avaient réclamé que fussent passées en compte vingt mille livres au profit des étapiers du diocèse, le prélat avait bondi comme un lion ! Relevés comptables en main, il pouvait démontrer que la ferme des étapes chargée de pourvoir au dédommagement des populations, n’avait rien déboursé l’année précédente. Il savait aussi que si on accordait cette somme aux fermiers de l’étape, les villages qui avaient logé les soldats à leurs dépens ne toucheraient aucune indemnité, et que l’argent disparaîtrait dans les coffres de ces messieurs. Il demandait donc aux Etats de lui remettre personnellement les fonds qu’il ferait distribuer aux habitants en compensation des frais qu’ils avaient effectivement assumés. L’assemblée entérina la requête de l’évêque. Lors de la session suivante des Etats, les énergiques interventions de Pavillon lui valurent d’être nommé président du bureau des comptes. L’évêque disposait désormais de toutes les pièces du dossier. Il porta le combat sur la répartition de la taille et dénonça les exactions effectuées par le receveur Bernard Aosthène et son frère aîné Pierre, en tant que juge-mage qui exerçait la charge de commissaire ordinaire de l’assiette. Monsieur d’Alet ne mâcha pas ses mots pour exiger des poursuites contre « ces sangsues, ces vampires » qui s’appellent les étapiers qui remplissaient leur bourse sur la misère de ses diocésains. L’archevêque de Narbonne fit porter l’affaire devant la Cour des Aides de Montpellier. Pavillon se pourvut avec son diocèse partie lésée. Les accusés préparaient à leur manière leur défense. Pour parer aux attaques et déroger aux lois en s’assurant de l’appui d’un éminent représentant du droit, Bernard Aosthène avait épousé Mlle de Cironis, fille d’un Président à mortier du Parlement de Toulouse. Fort de ses relations, celui-ci pourrait bloquer l'affaire. Jouant sur la rivalité entre Montpellier et Toulouse, il fit valoir un conflit de juridiction. Pierre Aosthène, en tant que juge, était justiciable du seul Parlement. Il fallut donc en appeler au roi. Louis XIV trancha en faveur de Montpellier. Les Aosthène, se rendirent à Montpellier pour se constituer prisonniers. Il comptaient sur leurs nombreux appuis dans le milieu judiciaire. Les juges chargés de l’affaire découvrirent à temps une cabale destinée à les acheter. Il fallait hâter le dénouement du procès. Dans la nuit du 11 septembre 1658, désespérant d’un ultime recours les frères Aosthène avaient acheté le geôlier, le 12 septembre le verdict de la Cour tombait : Reconnus par contumace concussionnaires, la sentence « condamnait Pierre Aosthène à la mort et bannissait Bernard à perpétuité et déclarait tous leurs offices et biens, acquis et confisqués au roi ». A en juger par les restitutions ordonnées au profit du roi, de la province et des diocèses de Limoux et d’Alet, les ci-devant escrocs n’avaient pas chômé au cours de leurs années de malversation, près de deux cent quatre vingt mille livres devaient être remboursées. Coup de théâtre le 13 septembre, M de Cironis réussissait de nouveau à opposer Toulouse à Montpellier et un arrêt du Parlement maintenait les deux condamnés dans l’exercice de leur charge. Mais, le 20 septembre, Montpellier renouvelait sa condamnation et le 24, un arrêt du Conseil du Roi la confirmait. A l’automne, voyant que les deux convaincus coupables continuaient à narguer la justice, Pavillon écrivit directement au chancelier Séguier pour faire cesser le scandale. Celui-ci donna l’ordre de se saisir de l’aîné des frères. Dans l’attente des renforts envoyés par le prince de Conti, gouverneur du Languedoc pour le conduire à la citadelle de Montpellier, Pierre fut arrêté et enfermé au château de Cournanel. Ses partisans soulevèrent des Limouxins pour investir le château. Le siège dura quinze jours. Avertis de la tournure tragique que prenait l’assaut, des Capcirois saisirent l’occasion de manifester leur gratitude à leur évêque. « Ils descendirent environ quatre ou cinq cents avec une joie indicible, les décrivent les frères Foreau, afin de pouvoir témoigner à leur pasteur leur reconnaissance… A voir débouler cette troupe hirsute, les bourgeois de Limoux se replièrent, trop heureux de ne point être poursuivis par les Catalans qui, au pied du château, fêtaient bruyamment la défaite des impies ». A Montpellier, les Aosthène qui avaient été saisis n’eurent pas à se morfondre longuement. Le beau-père Cironis s’activait. On allait recommander à François Fouquet, nouvel archevêque de Narbonne, et frère du puissant Surintendant des Finances, la cause des deux hommes. On les relâcha. Pavillon renâclait contre ces individus qui trouvaient toujours moyen, grâce à leurs relations, d’échapper aux mailles de la justice. Il protesta auprès du gouverneur du Languedoc. Celui-ci intervint auprès du Surintendant. Un accord fut conclu : en échange de leur maintien en liberté, les frères devraient abandonner leur fonction et restituer au diocèse d’Alet et à la province les sommes détournées, à charge de dédommager les victimes du siège en versant quatre mille livres supplémentaires. Forts de leurs appuis en Languedoc comme à la Cour, ils refusèrent de démissionner. Finalement, en 1668, Monsieur d’Alet obtint un jugement en face duquel ils ne trouvèrent aucun refuge et assistèrent impuissants à la vente de leur office. M. de Cironis était mort en 1667, chargeant son confesseur, curé de la Dalbade à Toulouse, de faire part à Monsieur d’Alet de son repentir. En 1660, l’évêque d’Alet obtînt gain de cause concernant sa requête de séparer en deux diocèses fiscaux Limoux et Alet. Les Etats décidèrent que les deux villes auraient désormais deux assiettes distinctes.
L’année 1660 s’ouvrait sous de meilleures augures, même si les Aosthène triomphaient toujours à Limoux. Naissait l’espoir d’une taille mieux répartie dans le diocèse d’Alet, plus légère pour les pauvres et une confiance plus assurée de durer. En 1659, le traité des Pyrénées avait mis fin à un conflit franco-espagnol de plusieurs années. Désormais, le diocèse d’Alet n’était plus sur les marches d’Espagne puisque, au sud, le Roussillon avait été cédé à la France. Tout s’était fini par le mariage de l’infante Marie-Thérèse, fille de Philippe IV avec Louis XIV sur l’île aux Faisans, près d’Hendaye. Lors du voyage solennel effectué par la Cour dans le Midi, Mazarin trouva moyen de faire savoir à Pavillon qu’il lui déplaisait de ne le voir pleinement entrer dans les intérêts du roi et les besoins de l’Etat. Les trop pressants efforts de justice d’un évêque n’étaient pas du goût de tous les Grands. Le réajustement de la taille pour Alet aurait pour conséquence des prélèvements moins importants, ce à quoi Pavillon répliqua : « L’intention de sa Majesté ne peut être assurément de ruiner ses sujets. Aussi, c’est entrer à coup sûr dans les intentions de sa Majesté de ne point exiger d’eux l’impossible ». On ne releva pas la réplique.

Bonne journée.
PM


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Mar Nov 11, 2008 9:07 am 
Hors ligne

Inscription: Mar Aoû 23, 2005 8:11 am
Messages: 890
Localisation: région parisienne
Bonjour,

Nouvelle étude à lire à l'adresse suivante :

http://www.reinedumidi.com/ndm/heureux%204.htm

Bonne journée
PM


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Mar Nov 11, 2008 3:03 pm 
Bonjour Patrick!
je vous empreinte votre photo de la plaque de l'église de St André à Alet pour illustrée ma question ,j'espère que vous ne m'en voudrez pas :oops:
Image

Pouvez vous me dire pourquoi on a utilisé trois encres différentes sur cette plaque ? Particularité surprenante, non ?


Haut
  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Mar Nov 11, 2008 3:52 pm 
Hors ligne

Inscription: Mar Aoû 23, 2005 8:11 am
Messages: 890
Localisation: région parisienne
Bonjour Jasmina,
Cette photographie n'est pas de moi comme l'article qui sont de Christian Attard. Il convient donc de diriger votre demande vers cet auteur.
Bien à vous
PM


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Ven Nov 14, 2008 3:31 pm 
Hors ligne

Inscription: Mar Aoû 23, 2005 8:11 am
Messages: 890
Localisation: région parisienne
Bonjour,

Sur la toile un texte intéressant sur le berger Paris :

http://www.reinedumidi.com/rlc/Paris.htm

PM


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: Ven Nov 14, 2008 4:47 pm 
Bonjour Patrick,
j'ai lu ton lien, clair et chouette !
Cela me fait penser à une comptine genre "Paris est passer par ici , Paris passera par là !(et comme notre grognon) Voooaaalà !!!!!!" :lol:
Mais cette histoire de Paris le berger est une allégorie à la "Pomme de Discorde".
Pomme fabriqué par Héphaistos le dieu des enfers et des forgerons et que cellui-ci offrit à Aphrodite.Madame d'Enfer appellent ces copine Hera et Athéna, et met sa pomme dans la main du berger Paris en lui demandant qui est la plus belle et de lui donner la pomme? (genre 3 blondes sur un banc)
Le pauvre gars avait vu que le nom d'Aphrodite était graver sur la pomme et la rendit à sa propriètaire. Bref, les nanas se sont vexées . Paris enleva Hélène grace à Aphrodite (-"Eh!!je suis la plus belle!!) Hera et Athéna se sont aperçu que le jeu était truqué ,sont aller dire à Ménélas qu'il était cocu. Tout cela fini en tuerie à Troie.

Tout cela pour dire quoi ?
Qu'il ne s'agissait pas d'une pomme d'or mais de fer, bleue acier genre pomme bleue.
Que le Paris de Corbu lui n'existe pas.
Et que le Paris "made in Plantard" serait ce que l'on qualifierait aujourd'hui une "légende urbaine" :lol:
Bah ! on passe un bon moment !!! :lol: :lol:


Haut
  
 
Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 121 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 ... 9  Suivante

Heures au format UTC + 1 heure


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages
Vous ne pouvez pas joindre des fichiers

Rechercher:
Aller à:  
Développé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction par phpBB-fr.com