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MessagePosté: Mer Nov 11, 2009 11:04 am 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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Puisque le nom de saint Guilhem revient régulièrement dans l'histoire de RlC, j'ouvre ce fil pour faire le point de la recherche à son sujet : parents, amis, descendance, action connue, projets qui se lisent en filigrane des correspondances et de l'archéologie. Baigent, Leigh et Lincoln ont raconté quelques âneries monumentales à son sujet mais, héros des premières chansons de geste sous le surnom de Guillaume d'Orange, il doit avoir l'habitude de se voir transformé en personnage de légende ! :lol: Il reste que, dans ce fil, le but est de faire le tri entre histoire et légende sachant qu'il y a toujours plus d'incertitudes dans la première que dans la seconde. Pour autant, la légende ne sera pas oubliée mais son statut sera clairement indiqué.

Je n'ai pas un temps fou pour écrire, donc vous me pardonnerez de vous donner ces infos au compte-goutte. Evidemment, toutes les questions et remarques argumentées seront les bienvenues.

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MessagePosté: Mer Nov 11, 2009 11:43 am 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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Posons le décor. De qui parle-ton et sous quels noms le connaît-on ?

Guilhem, c'est la prononciation occitane. Le français dit Guillaume. Mais son véritable prénom en langue franque était Wilhelm, qui signifie casque (helm) de la volonté (wil), latinisé en Guilhelmus ou Wilhelmus lors de son baptême. L'équivalence du w et du g dur est classique en linguistique et nous indique comment se prononçait la semi voyelle w dans les langues germaniques du haut moyen âge, comme un son d'arrière très sonore, un peu craché : il se transforme en g quand on le prononce un peu plus en avant, à la limite du voile du palais.
L'occitan est plus proche que le français de la prononciation initiale qu'elle adoucit un peu, moins déformée par l'accent populaire. Est-ce parce que Guilhem a passé la plus grande partie de sa vie dans les régions du sud ? y compris sa petite enfance puisque Autun dont son père était comte se trouve à la frontière linguistique entre dialectes d'oil et dialectes d'oc.

Il est le quatrième fils du comte Thierry 1er d'Autun et là, les difficultés commencent.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Ier_d%27Autun
Thierry, c'est le diminutif de Théodoric, prénom usité à coup sûr chez les Goths où il est un nom royal, peut-être aussi chez les Burgondes qui sont tellement proches des Goths dans leurs premières installations et migrations qu'on peut se demander si ce n'est pas une troisième branche du même peuple, une branche qui s'était donné un autre destin. En tout cas, c'est le même rameau linguistique des langues germaniques, le rameau ostique.
http://www.hist-europe.fr/Rome3/burgondes.html
http://www.hist-europe.fr/Rome3/goths.html
http://books.google.fr/books?id=0QEwc5aiINEC&pg=PA29
http://fr.wikipedia.org/wiki/Goths

Je vous recommande particulièrement cet article :
http://sites.univ-provence.fr/wclaix/ro ... s_germ.pdf

Citation:
Progressivement, la migration se poursuit vers l’intérieur du continent. Dans les derniers siècles avant notre ère,
les hypothèses font état de 5 peuples germaniques qui ont commencé à se différencier et à occuper des territoires
éloignés les uns des autres :
- un groupe de la mer du nord (lequel développera les futurs parlers bas-allemands)
- un groupe dit « de l’Elbe » (lequel migrera ultérieurement vers le sud de l’Allemagne, la Suisse,
l’Autriche et l’Italie)
- un groupe peuplant les régions du Rhin et de la Weser
- un groupe scandinave (resté dans les territoires d’origine)
- un groupe dit « Oder / Vistule » (d’où sortiront les Goths, Burgondes, Vandales, et autres peuples qui
migreront d’abord vers l’est, puis vers le Danube, les Balkans, l’Italie du Nord et l’Espagne, et parleront
des langues aujourd’hui sans descendance).
Ces cinq groupes ethniques développent trois groupes de langues germaniques, généralement désignées par les
termes de westique, nordique et ostique.


Des généalogies fantaisistes ont voulu faire de Thierry un fils d'un prince juif de Narbonne nommé David ou Natronai. AUCUN document ne permet de justifier une telle ascendance. C'est une légende moderne.

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MessagePosté: Mer Nov 11, 2009 11:54 am 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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Thierry Ier est-il d'origine franque ou burgonde ?

S'il descend de Bertrade de Prüm, son prénom serait peut-être un héritage d'ancêtres mérovingiens, sachant que le nom Thierry vient des mariages de rois mérovingiens avec des princesses gothes, en particulier Brunehaut.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrade_de_Pr%C3%BCm

En ce cas, Thierry Ier lui-même serait déjà cousin des pippinides (futurs carolingiens) tout en étant très proche des lignées royales mérovingiennes. A noter que l'auteur de l'article remarque comme moi la proximité linguistique de Bertrade avec Bertrude, mère de Dagobert Ier.

Ce petit article résume bien les difficultés que rencontre l'historien pour établir des généalogies du haut moyen âge.
http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C ... n_%C3%82ge

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MessagePosté: Mer Nov 11, 2009 4:26 pm 
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Inscription: Mar Nov 27, 2007 11:00 am
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Je crois , Yragaelle que vous nous proposer là un excellent fil de discussion.
Mais dans notre affaire , qu'est ce qui sera le + important , la réalité sur le personnage ou la légende et chanson de geste ?
Je pense que si on connaissait tous les arcanes des chansons de geste de Guillaume et d'autres , on comprendrait bien mieux cette énigme de Rlc.
Seriez vous d'accord ou non?


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MessagePosté: Mer Nov 11, 2009 4:50 pm 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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Qu'est-ce qui sera le plus important, l'histoire ou la légende ?
Les deux, mon général, à condition de pouvoir vraiment les distinguer.

Un exemple. Le père historique de Guilhem est le comte Thierry. Lorsque Baigent and Co en font le fils d'un Béra inventé pour les généalogies plantardiennes, il y a quelque chose à tirer : Béra vient de ber, ours. Plantard revient sur ce thème avec Ursus. Pure fantaisie ? Peut-être, certains le penseront, mais cela peut aussi être une allusion au conte pyrénéen de Jean de l'ours, écho de vieilles croyances locales et qui parle d'un trésor royal souterrain. Que la fine équipe ait voulu renforcer par cette allusion son histoire de trésor ou donner un réel indice, l'ours fait partie du mythe qui nous intéresse et sa thématique est riche.

Mais pour pouvoir entamer l'exégèse de la légende ou des légendes, encore faut-il la discerner de l'histoire.

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MessagePosté: Ven Nov 13, 2009 9:34 am 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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Si l'ascendance du comte Thierry est difficile à établir, on connaît mieux sa descendance. Il épouse une certaine Alda, nom que l'on francise en Aude, probablement fille de Charles Martel qui lui donne au moins six enfants.

Quatre fils :
Theodoen dit aussi Teudoin ou Thouin, qui lui succèdera comme comte d'Autun, + après 826
Thierry
Adalhelm ou Alleaume,
Wilhelm, notre Guilhem

Deux filles connues :
Abba
Berta

Si Alda est vraiment la fille de Charles Martel, c'est donc la tante de Charlemagne et les fils de Thierry Ier seront ses cousins germains.

Notons aussi que Guilhem est le quatrième fils, le petit dernier des enfants connus, comme dans les contes.

Theodoen n'a pas laissé un souvenir impérissable sauf d'être le père de Thierry II comte d'Autun. On a là comme chez les robertiens un embryon de transmission en primogéniture mâle.

Adalhelm est encore moins connu et surtout par sa signature comme témoin que des chartes dont celle de la fondation de l'abbaye de Gellone.
Prendre avec prudence l'arbre généalogique de ses descendants, surtout quand l'auteur de l'article semble infichu de lire un prénom contemporain !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alleaume_d%27Autun

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MessagePosté: Ven Nov 13, 2009 12:20 pm 
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Inscription: Sam Mar 02, 2002 1:00 am
Messages: 373
Localisation: Bruxelles
Le plus calé pour vous répondre sur ce sujet est notre ami Thierry Lefranc.

Thierry, si tu nous écoutes... :)

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Qui trop embrase mal éteint.


Dernière édition par Paul J. SAUSSEZ le Dim Nov 15, 2009 3:01 pm, édité 1 fois.

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MessagePosté: Ven Nov 13, 2009 11:07 pm 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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C'est pour répondre à sa demande que j'ai ouvert ce fil et je serais ravie qu'il y mette son grain de sel, mais n'en dégoûtons pas les autres ! :lol:

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MessagePosté: Ven Nov 13, 2009 11:13 pm 
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Inscription: Mer Sep 28, 2005 6:58 pm
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Nous suivons avec plaisir.
Effectivement Thierry serait le bienvenu.

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il n'y aura d'eux aucun souvenir auprès de ceux qui les suivront


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MessagePosté: Sam Nov 14, 2009 11:16 am 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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Charlemagne et Guilhem ont donc un grand-père commun, Charles Martel. J'ai cherché sur le net une biographie qui tienne un peu la route, qui ne soit ni une hagiographie ni un jugement nourri des idéologies de notre époque. A la 10e page, rien ne me satisfaisait. Pourtant, il est essentiel à la compréhension de l'action de ses petits-fils.

Pour ceux qui n'ont pas une idée très claire de Charles Martel, une petite chronologie beaucoup trop succincte mais je dois faire avec ce que la Toile propose :
http://www.histoiredefrance.net/biograp ... el-p5.html

Première erreur de cette chrono, contrairement à une idée reçue, Charles Martel n'est pas un bâtard mais le fils légitime d'une épouse secondaire de Pépin de Herstal. Le duc Pépin eut deux épouses : Plectrude qu'il répudia puis reprit à la fin de sa vie et, entre ces deux époques, Alpaïs (nom francisé en Alpaïde) qui est la mère de Charles.

Et le duc Pépin n'est pas neutre non plus dans la "belle histoire" de RlC puisque c'est son oncle et prédécesseur qui a commandité l'assassinat de Dagobert II. Son ombre plane sur ses descendants. Remontons donc jusqu'à lui.

L'article de Wikipedia est désespérant dans sa façon de gommer tout ce qui fâche mais il donne quelques indications intéressantes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9pin_de_Herstal
En particulier le fait qu'il soit le fils d'Ansegisel :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ansegisel
Cette dernière généalogie, la plus probable, nous montre que Pépin de Herstal n'est pippinide que par les femmes, par sa mère Begga. Par son père, il est arnulfinge.
Comme l'est peut-être Thierry Ier d'Autun.

Pépin de Herstal va reprendre le poste de maire du Palais d'Austrasie après épuisement des pippinides directs. Mais ce ne sont pas ces derniers qui avaient assuré son éducation, c'est la lignée d'Arnoul de Metz. Et ce qu'il faut comprendre, c'est la hiérarchie des fidélités et des héritages chez les Francs, en droit germanique.

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MessagePosté: Sam Nov 14, 2009 11:43 am 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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En droit germanique, la fidélité à la lignée paternelle l'emporte sur toutes les autres, en particulier sur la fidélité due à l'époux. Une femme reste la fille de son père avant d'être la femme de son mari, en particulier en cas de querelle entre les deux lignées. Le mariage ainsi ne peut pas précéder une réconciliation, il la scelle car c'est elle qui le rend possible.

La transmission des noms exprime ces hiérarchies. Lorsqu'une femme apporte à sa descendance les noms de sa propre lignée paternelle, c'est le signe d'une alliance durable entre deux clans car c'est donner à l'enfant ainsi nommé un devoir de fidélité envers son grand-père maternel presque aussi grand qu'envers son propre père.

Fidélité signifie défendre les personnes, les biens et les projets à long terme de son lignage.

Revenons à Pépin de Herstal. Sa première fidélité est due aux arnulfinges (clan de son père), la seconde au clan de sa mère, celui des pippinides.

Que signifie être arnulfinge ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnoul_de_Metz

Citation:
L’ascendance de saint Arnoul fait débat depuis le IXe siècle. Les documents contemporains du saint le disent de la plus haute noblesse franque, tandis que des généalogies ultérieures lui attribuent pour père soit Arnoald évêque de Metz, soit Bodegisel ambassadeur franc à Constantinople.


Evidemment, ce sont les documents les plus anciens qui ont raison puisque les plus proches de la source. La plus haute noblesse franque, cela signifie le clan royal mérovingien. Mais les documents ultérieurs essaient de justifier le fait que ses descendants ont soutenu puis repris à leur compte les ambitions des pippinides contre les droits d'héritage mérovingiens.
Arnoald (Arnould, Arnaud) de Metz a une réputation d'usurpateur en Neustrie, donc de conquérant défenseur des intérêts du royaume en Austrasie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnoald
Quant à Bodegisel, ambassadeur à Constantinople, il est nommé au moment où s'envenime le conflit théologique entre les Francs et le patriarcat de Constantinople.
Ces généalogies ont du sens !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Origine_des_Arnulfiens

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MessagePosté: Sam Nov 14, 2009 3:25 pm 
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Enfin un topic que je peux lire les yeux fermés, si j'ose dire!
Merci pour toutes ces belles infos, Yragaelle :wink:

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MessagePosté: Sam Nov 14, 2009 11:59 pm 
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Merci, Magdalene.

Je m'efforce d'être claire parce que ce n'est pas toujours facile de comprendre cette époque, cette civilisation du haut moyen âge qui nous est beaucoup plus étrangère, du point de vue des mentalités, que l'empire romain auquel notre temps ressemble beaucoup. N'hésite pas, n'hésitez pas les uns ou les autres à poser des questions si je n'ai pas été assez explicite.

Et, Magdalene, pour lire, les yeux ouverts c'est tout de même plus pratique ! :wink: :lol:

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MessagePosté: Dim Nov 15, 2009 10:45 am 
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Donc je continue. Pépin de Herstal, arnulfinge par son père et pippinide par sa mère, se doit à une double fidélité.

Or les projets des deux familles ont été initiés par deux saints, Arnoul dont j'ai un peu parlé et Pépin de Landen.

http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9pin_de_Landen

Etonnant : deux hommes capables de gouverner ensemble un royaume sans en être rois et sans se disputer. Cela suppose que leur but commun n'est pas le pouvoir pour le plaisir d'en jouir mais qu'ils se veulent serviteurs d'une idée, d'un grand projet, d'une idéologie peut-être. Le problème, c'est qu'ils n'en ont rien laissé par écrit.

Pépin de Landen fut le premier de son clan à obtenir la charge de maire du palais d'Austrasie. Après lui, les pippinides se succédèrent dans cette fonction. Laquelle n'est pas rien !
http://www.blason-armoiries.org/institu ... palais.htm

Dans la plupart des sites web qui décrivent cette fonction, on voit une incompréhension du terme "palais" assimilé à une demeure privée. Or ce n'est pas le cas. Le palatium hérité de l'empire romain n'est pas seulement la résidence du roi mais surtout le siège de son administration, le lieu des assemblées, en particulier des assemblées de justice.

http://www.raco.cat/index.php/MemoriasR ... 3769/23603

Pour corser les devoirs des premiers maires du palais, les rois se déplacent, n'ont pas une résidence fixe mais un ensemble de palatia dispersés dans le royaume. "Le" palais, c'est donc l'ensemble des hauts fonctionnaires qui y travaillent, de leurs subordonnés, des lieux dans lesquels ils s'installent provisoirement, des personnels qui y restent de façon fixe pour les entretenir, des archives, des sceaux, du trésor lui aussi mobile, etc.
Si l'on ajoute que veiller au confort des épouses et à l'éducation des descendants du roi fait partie de la tâche, on ne peut pas parler de simples intendants qui se seraient poussés du col.

Mais Pépin de Landen semble avoir donné sous Clotaire II encore plus d'extension à cette fonction déjà considérable. Clotaire II avait réuni sous sa main l'ensemble du regnum franc mais cela signifie qu'il portait les trois ou quatre couronnes traditionnelles, qu'il était à la fois roi de Neustrie, d'Austrasie, de Bourgogne/Provence et d'Aquitaine. Chacun de ces royaumes gardait sa personnalité et son administration propre. Pépin a fait évoluer la fonction de magister palatii vers un statut de vice-roi local, lui ajoutant celle de dux, duc, c'est à dire chef des armées d'un des royaumes, en l'occurrence l'Austrasie.

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MessagePosté: Dim Nov 15, 2009 11:01 am 
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Tiens, pour une fois, le résumé du Quid n'est pas mal, je le cite :

http://www.quid.fr/2007/Histoire_De_Fra ... ingienne/1

Citation:
Cour des rois. Dite palatium (palais). Elle comprend plusieurs centaines de personnes (famille, grands familiers, conseillers du roi, Leudes et Antrustions qui font partie de la suite personnelle du roi). Les domestiques assurent le service personnel du roi et les charges administratives ; ils dépendent d'un major domus (majordome). Les palatins (« seigneurs résidant au palais ») ou optimates [« aristocrates » (ancien titre romain, donné aux généraux et ambassadeurs)] portent une ceinture d'or. Autres officiers : majordome [« gérant de la maison (royale) » plus tard « maire du palais » (jouant un rôle politique)] ; échanson [« celui qui verse » (du francique skankjo, et de l'allemand schenken) : primitivement serviteur qui sert à boire, puis officier chargé de l'approvisionnement en vin] ; sénéchal (« doyen des officiers », du germanique sinis-schalk) ; maréchal (« responsable des chevaux », du germanique maris-schalk) ; connétable (du latin comes-stabuli) qui s'occupe aussi des écuries ; référendaire [le futur « chancelier », chargé de ce qui doit être rapporté (du latin referre, rapporter)] ; camérier [chargé d'installer le trésor dans les appartements privés (du latin camera, chambre)]. Le comte du palais (du latin comes, compagnon) rend la justice. La Cour suit le roi d'une villa à l'autre (demeure campagnarde en bois ; par exemple : Berry-Rivière, à l'ouest de Soissons), de préférence près d'un terrain de chasse. Mais il y avait toujours une ville capitale, titre peut-être honorifique : Paris (VIIe s.), Soissons, Orléans, Chalon-sur-Saône, Reims, Metz.


Parler de capitale est un anachronisme, mais le reste tient la route.

Et pour ceux que ne rebute pas un texte plus long, une excellente étude sur les palatia :
http://books.google.fr/books?id=lcLVaIj7iJUC&pg=PA228

Le titre est en allemand mais l'article en français.

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