Mille excuses, je vais m'effacer derrière les textes.
C'est un peu long mais 3 possibilités sont envisagées
(4 si on suppose que Judas est magnifié dans l'évangile dit de Judas)
Capland a écrit:
...Judas pour les sectes en haine contre Rome est l'Initié, leur Maitre...
Voici votre position clairement exprimée. Parfait.
Même si RLB a ma préférence pour les trésors évidents qu'y s'y trouve,
je vais parfois sur des sentiers que l'abbé Boudet a soigneusement évités.
Judas un maître ? Pas évident avec la traduction commentée de l'évangile
dit de Judas présentée ci-dessus par Louis Painchaud.
Le résumé est très clair :
"...L’Évangile de Judas, bien loin de présenter Judas comme le disciple
fidèle à qui Jésus demande de le libérer de son enveloppe charnelle et
comme le modèle du parfait chrétien, fait de l’Iscariote celui qui préside à
une interprétation sacrificielle de la crucifixion. Cette interprétation
sacrificielle et toutes ses applications (eucharistie, vie chrétienne, martyre),
sont perçues par l’Évangile de Judas comme une continuation
du culte juif, voué à un dieu inférieur, qui n’est pas le Père de Jésus.
Judas est donc démonisé, soumis à la fatalité astrale et assimilé
aux archontes dont il est le serviteur. Il est certes appelé à régner, mais
son gouvernement ne s’exercera que dans les limites du monde matériel,
sur ceux-là mêmes qui le maudiront..."
"...On comprendra que Judas se rend coupable de sacrifice humain, qu’il
est un démon..."
Ceci pour ne rester que dans le cadre d'une lecture possible.
L'évangile de Thomas est d'une toute autre nature et "Poulidor" a bien fait
de le souligner. Gnostique, certes, mais certainement très proche des
paroles du maître et évitant un cours sur les générations "d'éons".
C'est très concis et ça va très loin, à mon avis (discutable, bien sûr).
Capland a écrit:
...Judas était un apôtre, un homme libre..
C'est une approche plus traditionnelle. Dans ce cas il faudrait éliminer "Satan"
ou le considérer comme le "testeur" dont parle le lien fourni par Capland.
Personnellement, je serais plus proche du résumé donné pour la "liaison
dangereuse" dont parle Armand Abécassis :
"...Armand Abécassis nous restitue, dans son époque et son espace, la
véritable histoire de Judas et révèle une complicité privilégiée entre le
maître et l'apôtre maudit.
À l'instar d'un autre " Judah ", qui vendit son frère Joseph afin de le
sauver des mains meurtrières de ses frères et pour qu'il accomplisse sa
destinée messianique en Égypte, Judas " livra " son maître à l'Institution
afin qu'il soit reconnu en tant que Messie. Ce fut un échec. Jésus fut
crucifié et Judas mourut tragiquement, le même jour. À la vie, à la mort,
tel était le lien unissant l'apôtre véritable à son maître, à son Rabbi.
Judas fut bien le disciple préféré, le seul parmi les apôtres à ne pas
douter que Jésus fut réellement le sauveur universel..."
Et nous retrouvons un possible "disciple préféré" mis en valeur
par "Poulidor".