La nuance qu'introduit Boudet entre
infernus et
inferus n'existe pas en latin tardif, si du moins j'en crois Goelzer -- donc n'existait pas dans les traductions latines de la Bible jusqu'à l'époque carolingienne incluse. Et quand Boudet nous sort comme vérité vraie quelque chose qui ne tient pas debout, il vaut mieux commencer à se poser des questions.
Dans cette famille de mots dérivés du verbe
infero, n'oublions pas tous les sens de ce verbe : apporter, mettre, jeter (dans, sur, contre), servir (sur la table), payer, verser de l'argent, porter en compte, imputer, mettre en terre donc inhumer, faire avancer, s'avancer, prendre l'offensive lors d'un combat, mettre en pratique, employer, inspirer, causer (être cause de), inférer, conclure -- mais aussi offrir en sacrifice. Ce dernier sens va générer l'adjectif
inferius.
Comme on le voit, les choses ne sont pas si claires et nettes. Le verbe
infero est un verbe atrocement irrégulier qu'on pourrait écrire
in-fero et les latinistes du forum retrouveront ce vieil ennemi des thèmes latins, le verbe
fero qui fait son parfait en
tuli et son participe passé en
latus, a, um !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Conjugaison_latineTous les dérivés,
infernus,
inferus,
inferius, viennent du gérondif
in-ferendum, ce qui est en soi une anomalie linguistique et prouve l'ancienneté du terme en latin, avec une cascade de métamorphoses et de dérivations. S'il y avait eu les nuances que donne Boudet, elles apparaîtraient dans tous les dictionnaires.