gunetis a écrit:
Drew hide : la part (prélèvement) cachée.
Avec « Name Hide » pour « Neimheid », vous avez intelligemment, Gunetis, permuté le sens donné par Boudet en p.25 en un autre exprimé par la phonétique pure, ce qui n’était pas évident. C’est à mon avis tout à fait correct, puisqu’il en suggéra lui-même le procédé. Revoyons cela si vous le voulez bien...
LVLC, p.25 :
Neimheidh n'est point le nom d'un chef Gaulois ; il signifie celui qui est à la tête, commande, conduit et donne les dénominations, – to name (néme), nommer, – to head (hèd), être à la tête, conduire, – et il était matériellement impossible à un seul homme de donner à tout le pays celtique les noms que portent les cités, les tribus, les rivières et les moindres parcelles de terrain : c'était là l'oeuvre d'un corps savant et le terme de Neimheidh, appliqué à ce corps d'élite composé des Druides, présente une expression de vérité indéniable, puisque les Druides étaient à la fois prêtres, juges, chefs incontestés des Gaulois et chargés de la transmission de toutes les sciences.
Le Neimheid(h) est donc selon l’abbé le corps savant religieux chargé de trouver et attribuer les dénominations (entendons par là le sens signifiant pour un chercheur et non pas bien sûr l’établissement d’une prétendue carte toponymique générale en « pays celtique »). La traduction anglo-saxonne des mots
name et
head se retrouve au dictionnaire, de ce côté-là rien à dire dès lors que l’on entre dans son jeu. Mais
head (hèd) n’est nullement l’équivalent de « heid », ce qui retient l’attention. La phonétique « heid » est par contre acceptable pour
to hide (haid), dont le sens est « cacher, enfouir dans le sol ». De plus, Boudet croit bon d’ajouter que ce terme contient une expression de VERITE indéniable, puisque les Druides (etc). Cette subséquence conduit à se rendre compte que, selon lui, les deux notions de Neimheid et de Druides sont clairement liées, tant sur le plan sémantique (des Druides composeraient le Neimheid), que sur le plan lexicologique. Cette étonnante affirmation impose de nous reporter à la p.170 (nombre par ailleurs évocateur) où il décortique le mot « druide », après un avertissement à la page précédente...
LVLC, p.169 :
il sera avantageux de rechercher le sens du mot Druide, lequel a reçu des interprétations si diverses.
LVLC, p.170 :
Le mot Druide, en anglo-saxon druid (drouid), renferme un sens bien autrement sérieux et remarquable. Il faut considérer que César, en rapportant le nom des Druides, a cherché à adoucir les sons durs et gutturaux de la langue celtique et il a écrit Druides (drouides) au lieu de trouides. Ce dernier terme permet de trouver aisément la clef de l'énigme. Il se compose du verbe to trow (trô), imaginer, penser, croire, et d'un autre verbe to head (hid), prendre garde, faire attention, – trowhead (trôhid).
Il réalise ici un exercice tellement étonnant et probablement difficilement évitable, qu’il ne saurait être qu’empreint de VERITE (du moins pour les chercheurs). Ce faisant, le « D » de « Druide » devient « T » Gunetis, il nous faut bien en tenir compte...
Mais constatons d’abord une nouvelle anomalie. Il se trouve que "hid" n’est pas la phonétique de
head puisque c’est "hèd", comme précisé par lui à juste titre p.25 ! Cette permutation justifie donc parfaitement votre interprétation par « Name Hide » : cacher le Nom, au double sens de « choisir des toponymes qui ont un sens caché pour la recherche », mais aussi de « TAIRE LE NOM » (conseil du « Nom caché » ainsi que nous l’avons vu ensemble plus haut).
Ensuite, il nous faut constater que sa traduction du verbe
to head par « prendre garde, faire attention » est inexacte et fut exprimée en page 25 avec plus de rigueur ! Ainsi l’importance du mot « Druide », dont le sens est qualifié de sérieux et remarquable, qui est désigné pour trouver aisément la clé de l’énigme et finalement affublé d’un élément constitutif traduit par « faire attention », n’a échappé à personne.
Il y eut quelques interprétations connues. Au sens littéral, « trou-ide » serait d’abord un trou, donc une cachette. D’aucuns voient même « ide » comme le poisson du même nom (il n’est pas inintéressant de se demander à quoi pouvait bien penser l’inventeur en traduisant par « trou du poisson »). Par la phonétique, toujours utile chez Boudet, on devine aussi : "trô-hid" = trou caché = cachette à trouver.
L’abbé ajoute toutefois, avec le verbe choisi
to trow, une notion qui me semble importante et sur laquelle il reviendra. Il traduit ce verbe correctement par « imaginer, penser croire » (le dictionnaire précise généralement « s’imaginer »), qui serait la mission du druide et donc du Neimheid en rapport avec les dénominations.
LVLC, pp.170-171 :
Aux Druides, d'après la signification de leur nom, était imposée l'obligation d'imaginer, de construire, par des expressions sûres, pleines de vérité et d'à-propos, les dénominations convenant (...)
Cette notion se précise lorsqu’il évoque la pierre de Trou...
LVLC, p.256 :
Le dialecte Languedocien la nomme pierre de Trou. Elle représente ce qu'il faut croire, c'est-à-dire, les enseignements nécessaires inscrits dans les grandes pierres levées – to trow (trô), croire –.
Ainsi donc, « trou » et «
trow » s’accordent sur la notion de « croire » et même sur ce qu’il «
faut croire ». Importante recommandation ! Tandis que le rôle des Druides est défini par ailleurs en tant que dispensateurs de connaissance et de VERITE (un mot récurrent), leur propre qualifiant (druide) contient cet impératif de foi en ce qu’ils diffusent. Et ce réel, ce VRAI... est caché.
Or ce VRAI caché, en anglo-saxon, s’écrit en effet
true hid !
Au prix d’une grande habileté et de quelques acrobaties linguistiques, l’abbé Boudet nous affirme, on ne peut plus sûrement, que son ouvrage contient l’accès à La Vérité Cachée (LVC), son contenu ne reflétant pas la version officielle car il fut dissimulé au commun des mortels. Et ce faisant, il nous invite à en prendre connaissance !
Julian