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 Sujet du message: Livre de Pierre Plantard
MessagePosté: Jeu Juin 08, 2006 2:28 pm 
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Que pensez-vous du livre, aux éditions E-DITE concernant des textes inédits de Pierre Plantard ?


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MessagePosté: Sam Juin 10, 2006 7:49 pm 
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Cela correspond à une série de textes (en dehors de Rennes) écrits par Pierre Plantard. Il y en a trois autres dans le livre à paraître de Jean-Luc Chaumeil, "le Testament du Prieuré de Sion".


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 Sujet du message: Pierre Plantard
MessagePosté: Mer Juin 14, 2006 9:23 pm 
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Que valait réellement Pierre Plantard du point de vue intellectuel ?


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MessagePosté: Mer Aoû 09, 2006 10:29 am 
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La, les anciens chercheurs peuvent mieux repondre. Mais il avait l'air d'etre assez refdoutable dans son genre, certainement pervers narcissique, un peu leger en latin, mais parfaitement coherent. Plantard pese beaucoup dans les sources de Gerard de Sede. Qui a fait quoi exactement, c'est la bonne question...
:wink:

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MessagePosté: Ven Aoû 11, 2006 12:26 am 
Philippe de Cherisey a créé les parchemins pour le livre de Gerard de Sede 'L'Or de Rennes' (1967), copiant les textes latins dans le Codex Bezae et dans Novum Testamentum Domini Nostri Iesu Christi latine secundum sancti Hieronymi, ed. John Wordsworth et Henry J. White, 3 tomes. (Oxford: Clarendon, 1889-1954).


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 Sujet du message: cherisey
MessagePosté: Sam Aoû 12, 2006 11:17 am 
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Inscription: Jeu Juin 08, 2006 2:14 pm
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Il les a créé à la demande de Pierre Plantard ou bien a t'il fait croire à Pierre Plantard qu'il s'agissait de la copie d'authentiques parchemins ? P. de Cherisey ne fut il pas le manipulateur dans cette sombre histoire ?


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 Sujet du message: Re: cherisey
MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 7:33 pm 
Ulysse a écrit:
Il les a créé à la demande de Pierre Plantard ou bien a t'il fait croire à Pierre Plantard qu'il s'agissait de la copie d'authentiques parchemins ? P. de Cherisey ne fut il pas le manipulateur dans cette sombre histoire ?


Monsieur Chaumeil a des lettres dater des années 60 entre Pierre Plantard, Philippe de Cherisey et de Gerard de Sede comment l'idée derrière la source des parchemins a commencé la première fois. Monsieur Chaumeil n'a pas reproduit ces lettres en son livre récent.


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MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 7:58 pm 
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Inscription: Lun Déc 26, 2005 4:19 am
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Pourquoi ?
Pourquoi ne pas avoir publier ces documents importants ? Etes-vous certain qu'il a bien ces documents deja ? Et comment le savez-vous, rennes17, si justement ils n'ont jamais ete publie ?
:o

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MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 8:06 pm 
Je le sais parce que je suis un chercheur et pas un mythologist (comme Ludmila)


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MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 8:48 pm 
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Inscription: Jeu Juin 08, 2006 2:14 pm
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Après le livre de J-L Chaumeil, il serait peut-être temps que tous les documents soient enfin publiés. À quoi bon ces faux mystères ...?


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MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 8:50 pm 
Ulysse a écrit:
Après le livre de J-L Chaumeil, il serait peut-être temps que tous les documents soient enfin publiés. À quoi bon ces faux mystères ...?



Monsieur Chaumeil a plus de 100 lettres entre Pierre Plantard, Philippe de Cherisey et Gerard de Sede --- qui est quelques livres !


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MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 9:21 pm 
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Inscription: Lun Déc 26, 2005 4:19 am
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Vous ne nous repondez pas a la question, rennes17 : pourquoi JL Chaumeil n'a-t-il pas publie au moins une petite partie de ces lettres, voire des extraits ?

Quand a votre reponse, "parce que vous etes un chercheur", je ne savais pas que les documents venaient a vous des que vous preniez la titre de "Chercheur".
Curieux... :roll:
Et ce d'autant mieux que vous rennes17 nous demontre ne rien comprendre, etre lourd et vraiment limite en histoire, avec sa fameuse these de la "troisieme Republique".
Ne serait-ce pas l'hopital qui se moque de l'infirmerie ? :wink:

Donc, il faudrait verifier les dires de Le Popol avant tout, et ce d'autant plus que nous n'avons pas grand chose de nouveau avec JL Chaumeil recemment, a part du rechauffe.

Et ajoutons que Plantard fut un mystificateur, ce qui n'arrange pas la possible "vraie" correspondance qu'on peut nous proposer.
Prudence, prudence...

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MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 11:37 pm 
Blah blah blah Ludmila mystificateur ---- ecrit pour poubelle!!!!


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MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 11:45 pm 
Le vrai trésor de Rennes, c'est le mythe ! Des milliers de touristes y viennent chaque année afin de voir le décor du mystère. Et régulièrement, des auteurs sortent un nouvel épisode qui fait le plaisir des croyants... Pourquoi tueraient-ils l'Abbé aux oeufs d'or ?


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MessagePosté: Dim Aoû 13, 2006 11:52 pm 
LES PREMIERS TRAVAUX


Nous avons précédemment mis en exergue deux événements majeurs

- Bérenger Saunière arrive le 1er juin 1885 dans le petit village de Rennes-le-Château. L'état de vétusté du presbytère est tel qu'il est obligé de prendre (dans les premiers temps) pension chez une logeuse du nom d'Alexandrine Dénarnaud.

- Suite à un prêche engagé politiquement et sur décision ministérielle son traitement est supprimé. Afin de ne pas laisser son prêtre sans ressource, l'évêque Monseigneur Billard le déplace au petit séminaire de Narbonne où il tiendra, pendant près de six mois, les fonctions de surveillant. Mais fait étrange, il ne revient pas de Narbonne les mains vides. Il vient de recevoir de la Comtesse de Chambord un don de 3000 francs-or. Cette importante somme, Bérenger Saunière la notera scrupuleusement dans ses livres de comptes. A l'instar de Gérard de Sède, on peut s'interroger sur les profondes raisons qui ont motivé ce haut personnage pour allouer,une telle somme à un simple curé de campagne. Il y a une présomption possible :

- Bérenger Saunière s'est présenté lors des élections comme un réactionnaire militant en faveur du retour à la royauté, donc au retour du régime représenté par le défunt Comte de Chambord. Il a sollicité à ce titre un don auprès de Marie Thérèse d'Autriche Este, sa veuve, en espérant que cette dernière n'y serait pas indifférente. Il s'agissait là d'une manoeuvre audacieuse mais indéniablement payante car elle avait de grandes chances d'aboutir. En effet, dans l'entourage de feu le Comte de Chambord, se trouvait Le général d'Hautpoul de Beaufort, appartenant à la noble famille des Hautpoul, les derniers seigneurs de Rennes-le-Château. D'après Gérard de Sède, le Marquis d'Hautpoul Félines fut le précepteur du Comte dans sa jeunesse (15). Nous sommes donc autorisés à penser que le prêtre à vu aboutir sa requête financière grâce à ces conjonctures et à des coïncidences plutôt favorables.

La somme exacte que Bérenger Saunière recut, est-elle réellement celle notifiée dans les carnets de comptes ? Claire Corbu et Antoine Captier annoncent pour leur part la somme de 1000 francs-or. En fait cet écart importe peu car Bérenger Saunière avait entre les mains une somme très importante avec laquelle il était parfaitement apte à entreprendre les premiers travaux dans l'église.

Avant de continuer nos investigations, nous voudrions ouvrir une parenthèse au sujet du franc-or. Gérard de Sède nous apprend que le cours actuel de la pièce de 10 francs-or du début du siècle est de 350 francs actuels (16).. En fait, il ne faut pas du tout adopter ce type de calcul. Après vérification auprès de la Banque de France, il est établi que pour réactualiser une somme en francs de 1900 il faut la multiplier par 1538 ! En conséquence (17) :

- On multiplie par 7,69 de 1900 à 1938

- On multiplie par 200 de 1938 à 1988 (7,69 X 200 = 1538)

On s'aperçoit donc avec étonnement que les sommes dépensées à l'époque par Bérenger Saunière sont extraordinaires de nos jours, se chiffrant en milliards ! Il reste cependant à comparer ce qui est comparable et à se rapporter à certaines factures. En effet on sait qu'en 1904 une brouette neuve au complet avait coûté à Bérenger Saunière 16 francs-or, si on réactualise en 1988 cela ferait la coquette somme de 24608 francs.

Cet exemple est significatif. Il nous permet de démontrer qu'il est impossible de faire une comparaison entre les dépenses de Bérenger Saunière de 1885 à 1917 et leur réactualisation en 1988. C'est hélas une technique qu'utilise trop souvent Gérard de Sède pour grossir les dépenses et recettes du prêtre.

Nous refermons donc la parenthèse afin de passer à l'étude du traitement que Bérenger Saunière s'est vu rétablir le 1er juillet 1886.

Il varie considérablement suivant les auteurs. Cela va de 900 Francs par an pour Gérard de Sède à seulement 450 frs pour Claire Corbu et Antoine Captier. Mais le comble du dérisoire est atteint par les auteurs de « l'Enigme Sacrée » qui ne semblent guère avoir le sens des valeurs (18).

Entre 1885 et 1891, le revenu du prêtre est quelque peu supérieur à une soixantaine de francs annuel. Sans être l'opulence, c'est mieux que le traitement habituel d'un curé de campagne français à la fin du siècle dernier. Ajoutée aux dons en nature de ses paroissiens, cette somme s uffi t à peu près aux besoins de la vie quotidienne, à condition bien sûr de ne pas faire d'extravagances.

En lisant ces quelques lignes, on peut logiquement se demander où se trouve l'extravagance. En effet, si l'on procède à un rapide calcul on s'aperçoit que 60 francs par an cela fait à peine 15 francs par trimestre. Or une fois de plus les papiers personnels du prêtre vont mettre tout le monde d'accord puisque Bérenger Saunière notifie clairement son traitement trimestriel qui est de 225 Francs soit 900 francs par an.

Mais venons en à l'analyse des premières dépenses du prêtre consacrées à la réfection de son église. Il y a un fait très étonnant. D'aucuns décrivent Bérenger Saunière à son retour de Narbonne comme un être démuni et misérable, incapable de subvenir aux besoins de son ministère. Pourtant ce dernier avance déjà 518 francs-or au Conseil de Fabrique. René Descadeillas et Jean-Luc Chaumeil s'interrogent curieusement sur la provenance d'une telle somme (19)

Avait-il personnellement quelque argent ? On ne lui connaissait pas de ressources particulières et il reste douteux que le montant des économies qu'il aurait pu faire à Rennes sur son traitement et son casuel ait atteint en aussi peu de temps une pareille somme.

On continue pour les besoins de la cause à présenter Bérenger Saunière comme démuni, à un tel point que pendant les sept premières années de son ministère il ne pouvait se nourrir qu'à crédit (20). D'autres auteurs assurent que le prêtre aurait contracté auprès de la municipalité de Rennes un emprunt de 1500 francs. Qu'en est-il alors du don de la Comtesse de Chambord, mystérieusement volatilisé ? Que ce dernier soit de 1000 ou 3000 francs tout le monde s'empresse de l'oublier. Il apparait donc que grâce à cette somme de 518 francs avancée à la caisse du Conseil de Fabrique, Saunière entame les réparations les plus urgentes au niveau de la toiture qui menace toujours de s'effondrer. Nous sommes au début de l'année 1887, et dans la foulée il commande aux établissements Monna de Toulouse un nouvel autel. Il en prendra livraison le 27 juillet 1887, la facture s'élèvera à 700 francs et sera réglée par une généreuse donatrice, Marie Cavailhé. Le prêtre en profite aussi pour remplacer les vitraux et il s'adresse à la maison Henri Feur à Bordeaux. Il réglera un acompte puis le solde en quatre versements étalés jusqu'en 1900.

Comme nous le précisions précédemment Bérenger Saunière a commandé un nouvel autel. En fait il compte bien remplacer le précédent très vétuste qui repose sur un ou deux piliers (les déclarations ne concordent pas sur ce point précis). Il reste un témoignage matériel de ce piller puisque on peut le voir exposé à l'extérieur de l'église, placé là par Bérenger Saunière lors du prêche d'une mission en 1891.

A partir de cet instant commence à poindre la mythologie, le fantasque de l'énigme de Rennes-le-Château. En effet au moment de remplacer le pilier le prêtre aurait fait une découverte pour le moins étrange. Mais laissons la parole à ceux possédant des versions de l'événement bien différentes, ôtant là toute crédibilité.

« Messieurs les Anglais tirez les premiers » (21):

En 1891, encouragé par son ami Boudet, Saunière emprunte un peu d'argent à ses paroissiens et entreprend une très modeste restauration. Au cours de ses travaux il doit déplacer la pierre d'autel qui repose sur deux colonnes d'époque wisigothe ; l'une d'elles est creuse et le prêtre y découvre, à l'intérieur des tubes de bois scellés, quatre parchemins. Trois actes comportent des généalogies, l'un daté de 1243 qui porte le sceau de Blanche de Castille, le second de l'an 1608 de Francois-Pierre d'Hautpoul, le troisième de Henri d'Hautpoul du 24 avril 1695. Le quatrième acte recto verso provient du chanoine Jean-Paul de Nègre de Fondargent et daterait de 1753.

Il est à noter que l'on peut retrouver des termes similaires dans les ouvrages de Jean-Luc Chaumeil, Jean Robin et René Descadeillas. Gérard de Sède quant à lui donne des détails supplémentaires, avec en prime une énorme contradiction (22) :

En 1891, Saunière a trouvé dans l'église des parchemins dissimulés soit dans un pilier de l'autel soit dans une tombe.

Dans un autre ouvrage (23) :

Or voici que ces bouleversements de l'année 1886 donnèrent lieu à une singulière découverte : celle d'anciens parchemins dissimulés dans un pilier creux. Ce fait est bien établi car il repose sur les récits des derniers témoins oculaires ayant participé aux travaux de démolition dans l'église.

Mais Gérard de Sède nous gratifie d'une pléthore de détails. Il donne la liste nominative des témoins de la « découverte » et nous allons voir combien elle est d'importance. On y trouve:

- Marie Dénarnaud

- l'entrepreneur Elie Bot

- les maçons Pibouleau et Nazaire Babou

- deux enfants de choeur, Rousset et Antoine Verdier.

Gérard de Sède n'hésite pas à rajouter que les deux derniers cités étaient encore vivants lors du début de son enquête.

Il convient d'analyser rigoureusement l'objet de cette incroyable découverte. Nous signalons au lecteur que l'énigme de Rennes repose en partie sur cette trouvaille et il convient de ne pas en négliger les conséquences. Nous sommes avant tout confrontés à un très sérieux problème de dates. En effet sur ce point la grande majorité des auteurs semble se contredire. Certains annoncent 1886 (ou 1887), d'autres 1891. Gérard de Sède, afin de ne pas se tromper, rapporte les deux dates dans deux ouvrages différents. Il est évident que la date de réfection du maître-autel se situe entre la fin de l'année 1886 ou le début du deuxième semestre 1887 au plus tard. N'oublions pas que Bérenger Saunière avait commandé le nouvel autel en début d'année 1887 pour en prendre livraison en juillet. On peut raisonnablement penser que la date des travaux, c'est-à-dire du démontage de l'autel a dû se situer entre janvier et juillet 1887. Ceux qui annoncent 1891 commettent une méprise avec la troisième découverte du prêtre qui interviendra bien à cette époque.

Avant de mieux s'intéresser à la nature de la trouvaille, nous allons ouvrir une petite parenthèse qui risque de faire chanceler quelque peu l'énigme de Rennes. En effet, si l'on en croit le texte de « l'Enigme Sacrée » qui ne parle pas de témoins, Bérenger Saunière aurait fait sa découverte seul. Jean-Luc Chaumeil et Jean Robin annoncent dans leur ouvrage le nombre de deux personnes réellement présentes, en l'occurrence, deux maçons.

Gérard de Sède nous assure que pas moins de six personnes étaient présentes, dont les deux enfants de choeur Rousseau et Antoine Verdier. L'auteur nous affirme même avoir recueilli le témoignage de ce dernier au début de son enquête. Gérard de Sède a fait paraître « L'Or de Rennes » en 1967, il nous indique la date à laquelle il a commencé ses investigations (24) :

Et c'est dès août 1962 que, mon confrère et ami Pierre Pons, de la Dépêche du Midi, m'ayant informé des grandes lignes de l'affaire, J'ai commencé mon enquête dans la région de Rennes, au vu et au su de tous.

Si l'on en croit toujours Gérard de Sède, il aurait rencontré Antoine Verdier à cette époque. Ce témoin oculaire privilégié lui aurait rapporté scrupuleusement les détails de la découverte de Bérenger Saunière. Fait important, nous avons retrouvé dans le petit cimetière de Rennes la tombe d'Antoine Verdier. Notre surprise fut grande et la constatation bien amère. Notre homme était né en 1887 ! Donc, lorsque Bérenger Saunière entreprit la réfection du maître autel Antoine Verdier n'avait pas encore vu le jour! Enfin, pour prouver qu'il s'agit là du même homme, il faut se reporter à un article de la Dépêche du Midi du 18 janvier 1966. A l'occasion d'une interview notre fameux témoin annonce son âge : 79 ans! Or 1966 - 79 = 1887, sa date de naissance est bien confirmée. L'homme n'était pas né lors des événements, ce qui ne l'empêcha pas d'affirmer (25) :

Nos travaux étaient déjà avancés et nous procédions au dégagement du maître-autel lorsque le curé nous demanda d'arrêter les travaux.

Lors de cet entretien, Antoine Verdier savait pertinemment qu'il n'avait rien vu. Sa présence sur les lieux est une pure fiction. Le pauvre homme vraisemblablement enivré par son stérile et éphémère succès a laissé parler son imagination aussi fertile que les champs environnant la plaine du Razès. Mais, Gérard de Sède, qui porte curieusement crédit à ce témoignage, n'hésite pas à le transcrire une fois de plus dans une de ses publications (26) :

Avec Antoine Verdier il déplace une dalle.

Il serait souhaitable que les témoignages apportés soient plus fiables. A l'heure actuelle, et même en 1962, il n'y avait aucun témoin oculaire de l'affaire, donc nous n'avons aucune preuve formelle de cette découverte.

Cette dernière nous parait être un épisode de pure fiction. La légende rapporte qu'après cette découverte le prêtre s'empressa d'en faire part à son évêque puis partit en secret vers Paris pendant près de quinze jours afin d'en faire analyser la teneur. Nous sommes en mesure d'affirmer que durant de nombreuses années Bérenger Saunière ne s'éloigna pas de son petit village de Rennes-le-Château. Il notait tout dans ses carnets. Tout au plus se déplaça-t-il vers Carcassonne et dans son doyenné. jamais le prêtre n'entreprit un tel voyage sur une aussi longue période dont il ne subsiste aucune trace.

Enfin pour ruiner les derniers espoirs de ceux qui croient encore à la véracité de l'énigme des parchemins, nous les invitons à examiner le piller du maître-autel. Il est plein et non creux! Il ne pouvait donc pas contenir les fameux petits rouleaux de bois qui ont fait couler beaucoup trop d'encre. Il apparaît, faute de preuves que Bérenger Saunière n'a pas trouvé de parchemins en 1887. Mais il existe une version de l'affaire qui nous semble plus intéressante. Il s'agit de deux témoignages rapportés par la doyenne du village et par un descendant du carillonneur (27) :

Ce Jour là, les ouvriers avaient démoli l'autel et étaient partis en laissant tout un amas de déblais provenant de leurs travaux. Machinalement, tout en marmottant sa prière, le carillonneur dégagea un vieux morceau de bois, semblable à un bout de chevron, qui émergeait du tas de déblais. Lorsqu'il le tira à lui, le morceau de bois s'ouvrit en deux. En fait il s'agissait d'une sorte de boîte toute vermoulue d'où s'échappèrent de petits ossements et un bout de papier.

Autre témoignage (28): :

Un soir, alors qu'il descendait l'escalier du clocher, mon grand-père aperçut un reflet brillant provenant du chapiteau d'un vieux balustre que les maçons avaient mis dans un recoin car il devait les gêner dans leurs travaux. Intrigué il s'en approcha et découvrit que le reflet provenait d'une fiole coincée au fond d'une profonde entaille du chapiteau. Le vieux balustre avait dû être déplacé sans trop de ménagement et le morceau de bois qui devait normalement s'imbriquer dans l'entaille s'en était détaché en partie, laissant apparaître la fiole. Mon grand-père la dégagea et constata qu'il y avait à l'intérieur un bout de parchemin roulé.

Voici deux déclarations très importantes car elles nous donnent une version très différente de l'affaire. Il faut savoir que cette dernière est très antérieure à l'épisode des parchemins trouvés dans le pilier creux , invention journalistique destinée à attirer les médias sur l'affaire de Rennes. Nous avons vu de nos propres yeux ce balustre qui est en possession de Claire Corbu et Antoine Captier ; il porte effectivement une entaille suceptible d'y loger une petite fiole. Personne ne sait ce que pouvait contenir cette fiole mais nous émettrons par la suite une hypothèse précise sur cet épisode. Nous sommes enclins à porter crédit à ces deux témoignages qui sont plus concrets et semblent se recouper parfaitement. La fiole est la clé du mystère et, à l'heure actuelle, son contenu est resté secret ; seul Bérenger Saunière et peut-être Marie Dénarnaud en connaissaient la teneur. Une chose est certaine, cette découverte n'a nullement enrichi le prêtre qui voit son précédent pécule fondre comme neige au soleil.

En effet, à cette époque il commence à emprunter de l'argent à certains de ces paroissiens. Les travaux coûtent cher et il doit acheter les denrées alimentaires à crédit. Les travaux continuent et dans la foulée il fait une seconde découverte qu'il nous est très difficile de dater. Si l'on fait abstraction de la légende des parchemins trouvés dans le pilier creux, on sait cependant qu'il s'attaque au pavement de la nef afin de mieux sceller son nouvel autel, Aidé de plusieurs maçons il exhume une curieuse dalle (sur ce point tous les témoignages et récits concordent). Cette dalle recouvrait apparemment une tombe et elle est encore visible dans le petit musée de Rennes. On l'appelle la « dalle des Chevaliers ». Là aussi la légende relate que le prêtre découvre à l'intérieur du tombeau une « Ola » ou « Ouille » remplie d'or. A en croire les dires, Bérenger Saunière a trouvé là un véritable trésor. Il renvoie donc aussitôt les maçons en leur expliquant qu'il s'agit simplement de médailles de Lourdes. Là aussi nous n'avons aucune preuve concernant ces faits et s'il faut s'en tenir aux simples relevés de compte de cette période, on s'aperçoit que le prêtre est loin d'avoir trouvé un trésor. Nous l'avons dit précédemment il commence à acheter à crédit. Il semble que « l'ouille » contenait de simples reliques religieuses et objets de culte laissés là par un de ses prédécesseurs, l'abbé Bigou. Peut-être y avait-il quelques pièces de monnaie mais elles ne pouvaient en aucun cas constituer un trésor.

Pourtant Gérard de Sède croit fermement à la légende du trésor (29)

Un trésor, nous savons déjà que le curé de Rennes-le- Château en trouva bien un, et même deux, en 1891, dans son église. Le premier, découvert dans la tombe que recouvrait la dalle dite du Chevalier, consistait en monnaies anciennes rassemblées dans un pot de grès, le second, dont nous ignorons l'emplacement exact dans le sanctuaire, était formé de bijoux archaïques et d'au moins un objet cultuel, un calice. Tout ceci également est bien établi, tant par les témoins de la découverte que par les bénéficiaires des largesses de Bérenger. En effet, celui-ci offrit une collection de monnaies à son confrère l'abbé Courtauly, un collier et un bracelet wisigothiques à la nièce de sa servante Marie et un calice du XIIe Siècle à son confrère l'abbé Grassaud. Nous avons vu les monnaies et les bijoux de nos propres yeux.

Là aussi les propos de Gérard de Sède portent matière à discussion. Il faut en effet signaler au lecteur la date de naissance de l'abbé Courtauly: 1890 ! En se référant à la date à laquelle l'abbé Saunière a trouvé son « dépôt précieux », 1887, on s'aperçoit que l'abbé en question n'était pas encore né (lui non plus!). Il fut mobilisé en 1917 et entra seulement après la guerre au Séminaire. Enfin quelques années plus tard il fut ordonné prêtre. Bérenger Saunière était déjà mort depuis quelque temps. Alors si la collection de monnaies de l'abbé Courtauly provient vraiment de Bérenger Saunière, ce dernier ne la lui a pas offerte en qualité de confrère. Nous émettons des doutes sur la véracité de ce témoignage, d'autant plus que dans une autre publication Gérard de Sède se contredit curieusement ... (30)

Nous ignorons tout de ces pièces : leur âge, leur nombre, leur valeur. Elles peuvent avoir été enfouies n'importe quand entre le VIIIe siècle, époque où l'église fut bâtie et le XIXe siècle, époque où elle furent trouvées... Très rare et très bien conservée, une seule pièce peut atteindre aujourd'hui Jusqu'à 600.000 francs. On ne connaÎt, par exemple, qu'un seul exemplaire du denier de Charlemagne frappé à Rennes-le- Château (31).

Quelle bien étrange contradiction, Gérard de Sède ignore tout de ces pièces ; leur valeur, leur époque, leur nombre mais il nous précise que Bérenger Saunière les a offertes à l'abbé Courtauly et qu'il les a vues de ses propres yeux ! Si ces propos sont vrais, pourquoi n'est-il pas capable de les dater et de les chiffrer ? Nous connaissons bien la personnalité de l'abbé Saunière, en cette période difficile de 1887-1891 ; il n'était pas homme, compte tenu de ses relatives difficultés financières, à faire un don en nature, surtout à une personne qui n'était même pas née. Ce témoignage nous montre combien il est aisé de faire chanceler l'énigme de Rennes.

En conclusion, nous ne ferons que réitérer nos propos. Il n'y a aucune preuve formelle permettant d'attester la mise à jour de parchemins dans un pilier creux. Il s'agit là d'une version romanesque de l'épisode de la fiole découverte par le carillonneur. Tout ce qui tourne autour de cette légende doit être pris avec une infime précaution. Un fait reste certain : le prêtre exhume une curieuse dalle qui recouvrait l'entrée d'une tombe. A l'intérieur se trouvait un petit dépôt composé d'objets cultuels abandonnés par un de ses prédécesseurs en fuite après la Révolution. Mais le prêtre va pour ainsi dire « passer à côté » de se qui sera sa troisième et véritable découverte. Nous saurons comment et pourquoi dans le prochain chapitre. Comme Bérenger Saunière, nous disposons de tous les éléments qui vont nous mener sûrement a la recherche de la mystérieuse crypte.



NOTES

1 . Michael Baigent, Richard Leigh, Henri Lincoln, L'Enigme Sacrée, p. 46.

2. Louis Fedie, Le Conte du Razès et le Diocèse d'Alet.

3. Jean Fourie, Histoire de Rennes-le- Château antérieure à 1789, p. 99 et 100.

4. Rapport à l'heure actuelle aux Archives de l'Aude Serie 0.

5. René Descadeillas, Mythologie du trésor de Rennes, p. 17.

6. Archives départementales de l'Aude (17J N21-309 D2), pour plus de détail voir dans les Editions Belisane, Les Cahiers de Rennes-le- Château, Tome 5, p. 5 et 6.

7. 18 Germinal, An 10 pour être précis.

8. Gérard de Sède, Rennes-le- Château, le dossier... p. 19.

9. Gérard de Sède, Le Trésor Maudit de Rennes-le-Château.

10. l'intégralité est publié dans : Editions Belisane, Les Cahiers de Rennes-le- Château, Tome 5, p. 20 à 31.

11. Jacques Rivière, Le Fabuleux Trésor de Rennes-le- Château, p. 91.

12. René Descadeillas, Mythologie du trésor de Rennes, p. 22.

13. Gérard de Sède, Rennes-le-Château, le dossier... p. 20 et 2 1.

14. Notons qu'il l'est déjà depuis bien longtemps.

15. Gérard de Sède, Rennes-le -Château, le dossier... p. 223.

16. Gérard de Sède, Rennes-le-Château, le dossier… p. 21.

17. Nous publions le document qui nous a permis d'élaborer ce calcul à la fin du chapître.

18. Michael Baigent, Richard Leigh, Henri Lincoln, L'Enigme Sacrée, p. 40.

19. René Descadeillas, Mythologie du trésor de Rennes, p. 18.

20. Jean-Luc Chaumeil, Le trésor des Templiers, p. 102.

21. Michael Baient, Richard Leigh, Henri Lincoln, L'Enigme Sacrée, p. 41.

22. Gérard de Sède, Le Vrai Dossier de l'Enigme de Rennes, p. 12.

23. Gérard de Sède, Rennes-le-Château, le dossier... p. 23.

24. Gérard de Sède, Le Vrai Dossier de L'Enigme de Rennes, p. 9.

25. Voir l'article de la Dépêche du Midi du 18 janvier 1966.

26. Gérard de Sède, L'or de Rennes.... p. 31.

27. Claire Corbu et Antoine Captier, L'héritage de l'abbé Saunière, p. 74.

28. Claire Corbu et Antoine Captier, L'héritage de l'abbé Saunière, p. 75.

29. Gérard de Sède, Rennes-le-Château, le dossier... p. 170.

30. Gérard de Sède, Le Vrai Dossier de l'Enigme de Rennes, p. 15.

31. On atribue décidemment beaucoup de choses à Rennes-le-Château, Gérard de Sède nous apprend que sur ce site on battait aussi de la monnaie. Quelles sont ses sources ?


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