Il faudrait développer plus que n'en peut supporter un forum, mais j'espère avoir montré comment le prénom royal goth Théodoric est passé chez les Francs, en particulier mérovingiens. Thierry Ier et Thierry II sont particulièrement intéressants puisque rois respectivement de Metz et de Bourgogne. Or on va retrouver le prénom Thierry dans plusieurs familles importantes de la région, en particulier chez les comtes de Bar et chez les comtes d'Autun. Ceci suggère une parenté par les femmes, puisqu'ils ne règnent pas, qu'ils sont exclus des partages. C'est évidemment la plus difficile à établir, pour plusieurs raisons.
1. Les chroniqueurs ne donnent pas le nom de toutes les filles d'un roi ou d'un leude.
2. Comme les hommes, les filles ont en général deux noms, le nom officiel et le "diminutif" ou plutôt le prénom d'usage intime, de tendresse ou d'amitié. Par exemple Audoenus ou Audoin, évêque de Rouen, nom qui a donné Ouen par mauvaise prononciation d'où la ville de Saint-Ouen, était appelé Dado ou Dodo. C'est dans les textes. Quand il s'agit d'un évêque, d'un roi, etc., on s'y retrouve à peu près. Quand il s'agit d'une fille, on ne sait jamais s'il y en a une ou deux !
3. Les règles de transmission des prénoms féminins sont beaucoup plus complexes que celles des garçons et, pour tout dire, on ne les connaît pas si bien que ça.
Par contre, penser qu'un nom d'ancêtre comme Natronai David donnerait une kyrielle de Thierry aux générations suivantes, c'est se moquer ouvertement de toutes les règles de transmission masculine du nom, qu'il s'agisse des traditions juives ou germaniques. Il est impensable qu'une "Chrodelinde d'Austrasie", princesse chrétienne, soit donnée en mariage à un prince juif ou arabe. Il est encore plus impensable dans cette époque de transition entre mérovingiens et carolingiens de nommer une princesse par le nom du royaume de son père. On dirait "Chrodelinde fille de X" et surtout pas "de Y", c'est un anachronisme criant, hurlant même.
On trouve effectivement une Chrodelinde ou Rolande dans la généalogie la plus sérieuse des comtes d'Autun mais, loin d'être une princesse austrasienne, ce serait la fille du comte de Laon Caribert Ier ou Norbert et l'épouse du comte d'Autun Bernaire, Bernard ou Bernier, donc l'arrière-grand-mère de Guilhem d'Aquitaine dit aussi saint Guilhem de Gellone.
http://www.genealogie-dupuis.org/pedigr ... 84I&tree=2
Mis à part la sotte idée de présenter les personnages avec des noms de terre, ce qui n'aura de sens qu'après l'an mil, c'est assez sérieux. Mais encore révisable.