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MessagePosté: Sam Oct 24, 2009 11:49 am 
Citation:
C'est pour ça que la démarche de Magdalene à partir des tableaux m'intéresse. Cela s'apparente plus à un déchiffrement d'un rêve collectif qu'à un travail d'historien mais le rêve est à certains égards plus révélateur que la raison. L'essentiel est de ne pas confondre les registres.

Si cela reste dans le cadre "onirique" je n'ai rien contre .Le mythe de MM est par trop récent comparé à celui de la Déesse Mère, ou à la Shékina,ou à d'autres divintés,et du reste MM reste à sa place en tant que témoin et non d'actrice . On ne peut la comparée à ces "divinités". L'imagination des artistes laisse rêveur certes, et cela reste dans ce cadre : le rêve.
Maintenant faire une analyse "psycho-cultuel" moi je ne m'y aventurait pas de cette façon.
Les peintres imprègnent leur tableaux de leur propre psychologie, ou leur imagination et du coup , la donne ou le résultat sera forcément faussée .


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MessagePosté: Sam Oct 24, 2009 1:33 pm 
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Yragaelle a écrit:
Qui a raison ? Les anciens qui ont considéré que tous ces noms désignaient la même femme ou les modernes qui tendent à les différencier ?

Comme il n'existe à son endroit pas d'autres documents que les Evangiles (canoniques ou apocryphes), impossible de recouper les sources et donc de la cerner par un travail d'historien.

Par contre son image dans la mémoire collective, ce que j'appellerais la Marie Madeleine du mythe (= vue par la pensée mythique, l'autre outil de l'être humain pour appréhender et dire le réel) n'a pas cessé d'évoluer et de s'enrichir, jusqu'à recouvrir toutes les facettes de la féminité. Il faut noter quand même que ce n'est qu'au XXe siècle (et au XXIe) qu'on ajoute à la prostituée chaste une figure de maternité.

C'est pour ça que la démarche de Magdalene à partir des tableaux m'intéresse. Cela s'apparente plus à un déchiffrement d'un rêve collectif qu'à un travail d'historien mais le rêve est à certains égards plus révélateur que la raison. L'essentiel est de ne pas confondre les registres.

D'autant plus que le rêve C'EST la réalité!
Le tout est de savoir qui ou quoi rêve...

Bref, il y aura toujours une différence entre ceux qui ont "des oreilles pour entendre"... et les autres.

*******

Yragaelle a écrit:
Il faut noter quand même que ce n'est qu'au XXe siècle (et au XXIe) qu'on ajoute à la prostituée chaste une figure de maternité.

Ce n'est pas exact:

http://museen.aachen.de/content/mus/slm ... index.html

http://www.wga.hu/art/g/goes/portinar/right.jpg

http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/g ... rtina.html

*******


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MessagePosté: Sam Oct 24, 2009 1:47 pm 
Citation:
D'autant plus que le rêve C'EST la réalité!
Le tout est de savoir qui ou quoi rêve...

Ca explique beaucoup de chooooses..........oh ! lala !!!:roll: :roll: :roll:


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MessagePosté: Sam Oct 24, 2009 3:27 pm 
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Une référence à Oupis, ci-dessous. On y parle aussi des "prêtresses hermaphrodites".

Mon sentiment est que Marie-Madeleine était réellement l'une d'elles et qu'elle fut crucifiée.
Le tout est de savoir par qui!

http://fr.wikisource.org/wiki/Hymne_%C3 ... 3%A9sienne

"O Secrète! tu sais les formules utiles
Qu'en des siècles sans nom cachèrent les Dactyles
Sous la base de tes autels
Lumière, obscurité, lettres éphésiennes,
Où rayonnait jadis pour les races anciennes
Le sens des mots sacramentels!
"

*******

"Denys le voyageur dit aussi que, du temps des Amazones,
le sanctuaire de la Déesse était le tronc d'un orme.
"

http://books.google.fr/books?id=acoWAAAAQAAJ&pg=PT67

*******


"Sous la base de tes autels"...

Image

*******


Le coeur de Marie-Madeleine...

Image

*******


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MessagePosté: Sam Oct 24, 2009 10:00 pm 
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Inscription: Sam Juin 07, 2008 6:13 pm
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Quand je parle de pensée mythique ou de mode onirique, il ne faut surtout pas comprendre que ce serait pure fantaisie, pure élucubration. Je le répète, c'est un mode d'approche et d'expression du réel irréductible à la pensée rationnelle mais tout aussi puissant.

Sans rêve, sans mythe, il n'y aurait pas d'action car la raison seule ne saurait éveiller le désir profond.

Songez aux derniers vers de la Divine Comédie :
Citation:
A l'alta fantasia qui mancò possa :
ma gìa volgeva il mio disio e 'l velle,
sì come rota ch'igualmente è mossa,
l'amor che move il sole e l'altre stelle


Ce n'est pas la gravitation qui entraîne le désir et le vouloir dans la roue des destinées mais l'amour.

Si ce ne sont pas des barbouilleurs et des rimailleurs, peintres et poètes expriment autre chose que leur psychologie individuelle, que leur ego. Je ne sais plus qui a écrit cette phrase sublime : "Quand un poète dit 'je', c'est du cosmos qu'il parle."

Le mythe, le rêve sont révélation du sens.

_________________
Ceux qui n'en savent rien en savent toujours autant que ceux qui n'en savent pas plus qu'eux.
(Pierre Dac)


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MessagePosté: Sam Oct 24, 2009 10:50 pm 
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Inscription: Dim Avr 15, 2007 1:56 pm
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Et moi je ressens ça comme du mépris (même si ce n'est pas voulu par toi,
Yragaelle) car moi j'amène de l'Histoire! Jusqu'à nouvel ordre, les écrits
que nous avons reçu des premiers temps du Christianisme sont "réels"
et non virtuels et il a bien fallu qu'il existe des gens pour vivre ces
cultes, pour y croire et pour vouloir les partager par écrit! Pour désirer
changer le monde, aussi.

Il a bien fallu aussi qu'il y ait des gardiens de la Mémoire, parfois envers
et contre tout et tous.

D'un côté je dois supporter les ricanements de la folle et de l'autre, je
m'entends dire que ce que je donne ici - et qui est unique au monde -
c'est du mythe et du rêve ou, pour le dire plus savamment, de l'archétype
et des projections! Vous m'en trouverez beaucoup des autels qui sont
couronnés d'une tour, pour ne prendre qu'un seul exemple...

Allez, bonne continuation.

Magdalene

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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 12:47 pm 
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Si c'est ceci que Bérenger Saunière a trouvé sous l'église, il pouvait être riche:

"Ephèse était si bien considérée comme la patrie des arts occultes, qu'on donnait le nom de « lettres éphésiennes » (γράμματα Ἐφέσια) aux livres de magie répandus de là sur presque tout le monde romain. Les pratiques enseignées dans ces écrits vont subir aujourd'hui une éclatante défaite et ces livres vont être fort diminués. Portant, dessinés sur parchemin, les caractères mystiques qu'on lisait sur la couronne, sur la ceinture ou sur les pieds de la Diane éphésienne, enrichis de formules et de sentences variées, ils représentaient une valeur considérable pour l'époque. Mais il n'y a pas de vrai réveil sans sacrifice. Les chrétiens d'Ephèse, secoués de leur sommeil, honteux de leurs « inepties » résolus fermement à entrer dans une vie nouvelle, font collection de leurs livres menteurs - cause de leur fortune et de leur péché - et, ne voulant pas passer à d'autres le poison, ils se refusent à les vendre; ils les brûlent. Ils en auraient pourtant retiré une belle somme: cinquante mille pièces d'argent, des drachmes sans doute, par conséquent un minimum de 120 000 euros. L'estimation en a été faite, et notre historien, ami de la précision, prend soin de la rapporter. Cette richesse est réduite en cendres; tous ces livres sont consumés. Il y faut peut-être comprendre tant les « rouleaux » proprement dits que les simples feuilles ou les amulettes."

http://epelorient.free.fr/barde/barde_a ... tes_5.html

Magdalene

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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 1:16 pm 
Magdalene a écrit:
Vous m'en trouverez beaucoup des autels qui sont
couronnés d'une tour, pour ne prendre qu'un seul exemple...

Il suffit de regarder ce que raconte "l'histoire des autels".
Des Tours ,il y en a des floppé et de toute sorte.

http://chateau.rochefort.free.fr/violle ... /Autel.php
http://www.catholica.presse.fr/2009/06/ ... evatois/3/
http://www.international.icomos.org/vic ... photos.pdf

Où l'on voit que l'on scelle des parchemins dans la "pierre angulaire" de l'église.
ceci est un exemple
http://www.steinbach68.org/eglise.htm
RLC n'est donc pas unique.

Comment on amménage l'espace liturgique d'une église.
Nous avons vu "le Rituel du Diocèse de Belley" mais ce "cahier des charges" n'est pas unique.
http://enigme-retable.ens-lsh.fr/enquet ... /russo.htm
http://www.sceren.fr/RevueTDC/898-73167.htm

L'autel de RLC est fort simple comparé à d'autres qui donnent plus de symboles.
http://www.infobretagne.com/images/nantes_20.jpg
http://fr.topic-topos.com/image/bd/mait ... umelec.jpg
http://www.bersillies.com/images/autel.jpg
http://www.lourmel-algeriefrancaise.com ... eglise.jpg
http://bone.piednoir.net/titre_rubrique ... _autel.jpg
Le même "fabricant" d'autel que pour celui de RLC !!!
http://a21.idata.over-blog.com/600x381/ ... rge006.jpg


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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 1:29 pm 
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"... mais délivre-nous des trolls, amen"

*******

"Plutarque nous apprend que ceux qui se mêlaient de ce métier ordonnaient comme un remède excellent de lire les "lettres éphésiennes" (...) Lucien plaisante de ce pouvoir d'exorciser dans son Philophende: "Tout le monde, dit-il, connait ce Syrien de la Palestine, qui, pour de l'argent, délivre les lunatiques et les possédés; car tandis qu'ils sont couchés par terre, qu'ils roulent les yeux, et qu'ils écument, il interroge le démon, qui lui répond en grec, ou en une autre langue, sans que le patient remue les lèvres, jusqu'à ce que le démon soit contraint de sortir par la force de ses conjurations et de ses menaces, et j'en ai vu sortir un qui était tout noir et tout enfumé"

http://books.google.fr/books?id=eFcGAAAAQAAJ&pg=PA89

*******

Mc 1:23 - Et aussitôt il y avait dans leur synagogue un homme possédé d'un esprit impur, qui cria
Mc 1:24 - en disant: "Que nous veux-tu, Jésus le Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es: le Saint de Dieu."
Mc 1:25 - Et Jésus le menaça en disant: "Tais-toi et sors de lui."
Mc 1:26 - Et le secouant violemment, l'esprit impur cria d'une voix forte et sortit de lui.


*******


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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 3:50 pm 
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Magdalene a écrit:
Et moi je ressens ça comme du mépris (même si ce n'est pas voulu par toi,
Yragaelle) car moi j'amène de l'Histoire! Jusqu'à nouvel ordre, les écrits
que nous avons reçu des premiers temps du Christianisme sont "réels"
et non virtuels et il a bien fallu qu'il existe des gens pour vivre ces
cultes, pour y croire et pour vouloir les partager par écrit! Pour désirer
changer le monde, aussi.

Il a bien fallu aussi qu'il y ait des gardiens de la Mémoire, parfois envers
et contre tout et tous.

D'un côté je dois supporter les ricanements de la folle et de l'autre, je
m'entends dire que ce que je donne ici - et qui est unique au monde -
c'est du mythe et du rêve ou, pour le dire plus savamment, de l'archétype
et des projections! Vous m'en trouverez beaucoup des autels qui sont
couronnés d'une tour, pour ne prendre qu'un seul exemple...

Allez, bonne continuation.

Magdalene

*******


Je suis désolée si tu prends ce que je dis pour du mépris. Jasmina confond encore le mode mythique de la pensée avec l'irréel, pas moi.

C'est une question de méthode. L'histoire en tant que discipline universitaire utilise la méthode scientifique et se base sur des documents écrits, explicites et que l'on peut recouper avec d'autres documents ou avec des découvertes archéologiques.
Les Evangiles ne se prêtent pas à cette méthode historique parce qu'on ne peut pas les recouper avec des sources contemporaines indépendantes. Cela ne veut pas dire qu'ils soient virtuels !

Ce que tu explores, Magdalene, c'est l'expression de l'inconscient collectif pour en dégager le contenu d'une mémoire. Or cette expression se fait toujours sur un mode que j'appelle mythique, en sachant que le mythe n'est pas un simple imaginaire, qu'il exprime toujours d'un même mouvement le réel et son sens. Ta démarche est valable mais plus périlleuse que la méthode historique banale et le risque est double :
1. si on laisse l'enthousiasme prendre le pas sur la vigilance, on peut se persuader de la vérité d'une hypothèse branlante
2. la mémoire collective, comme toute mémoire, engrange à la fois le réel et des interprétations qui s'en éloignent plus ou moins.
Le point 1 est surmontable en étant très vigilant vis à vis de soi-même. Le point 2, par contre, ne dépend pas de celui qui déchiffre. C'est là où la confrontation avec les résultats de la méthode historique, quand elle est possible est extrêmement utile.

Jasmina, ne ricane pas, tu te pièges au 1 à chaque fois que tu assimiles Untel à Unautre sur de simples ressemblances de noms sans contextualiser.

_________________
Ceux qui n'en savent rien en savent toujours autant que ceux qui n'en savent pas plus qu'eux.
(Pierre Dac)


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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 4:14 pm 
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S'il n'y avait pas eu d'autel de Cybèle (et de représntation d'Attis) à Alet,
le culte dont parle Magdalene aurait pu sembler local.

Il suffit de lire les articles présentés par Patrick Mensior pour penser à aller
plus loin.

Le christianisme aurait-il eu du mal à s'imposer localement ?
du moins pour les populations rurales tenant à leurs divinités ?
On brûle encore des "sorcières" à Arques au XIIIème siècle.
Mgr Pavillon, au XVIIème siécle, s'étonne encore des pratiques locales pour
le moins déviantes.

_________________
il n'y aura d'eux aucun souvenir auprès de ceux qui les suivront


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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 4:54 pm 
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Bonjour Yragaelle (et François),

C'est bien que l'on s'explique, je ne voudrais pas partir sur un malentendu. J'avais bien compris que c'était l'historienne en toi qui parlait et j'aurais accepté ta remarque sans problème, si tu l'avais faite par MP. Ici, sur un topic où je reçois des quolibets de deux trolls (barbu étant l'autre) et alors que ma thèse est déjà fragile puisque reposant sur un faisceau de présomptions sans vraiment de "preuves" historiques, ce n'était vraiment pas amical de ta part et j'y ai surtout vu une projection de l'historienne agacée.

Or, ce faisceau de présomptions est devenu tellement important, avec des recoupements tellement permanents entre toutes ces pistes, qu'il devient matière historique!

Ok, je n'ai pas de diplôme d'historienne. Ce n'est pas pour autant que je vends du mythe ou du rêve. Ce sont des mots que tu n'aurais jamais dû écrire si tu avais approfondi tout ce que j'ai donné ici. Que seriez-vous devenus, vous les historiens, si vous n'aviez pas eu à votre portée des écrits anciens ? Qu'en savez-vous qu'ils sont fiables et "historiques" ? Dans 2000 ans, on lira peut-être un Christian Jacq comme on lit aujourd'hui un Flavius Josèphe.

Pour ton point 1, je reconnaîs volontiers que c'est ce qui m'a animée quand j'étudiais Hélène d'Adiabène (même si j'ai, la plupart du temps, collé à "l'Histoire"). Ici, je refuse qu'on parle de mon travail de cette façon car j'ai fait la preuve que je suis "vigilante" et que je ne me persuade pas de "la vérité d'une hypothèse branlante". Cela dit, à chacun de se faire son opinion là-dessus, au vu de mes messages...

Yragaelle a écrit:
L'histoire en tant que discipline universitaire utilise la méthode scientifique et se base sur des documents écrits, explicites et que l'on peut recouper avec d'autres documents ou avec des découvertes archéologiques.

Je vois mal comment on peut faire concilier les termes "méthode scientifique" avec l'Histoire. Il suffit de penser à l'épopée abracadabrantesque des Manuscrits de Qumrân, à la miraculeuse pierre tombale de Pilate et à la non moins miraculeuse pierre de Césarée Maritime où il serait écrit "Nazareth", à l'effervescence des archéologues (sic) au sujet de Talpiot, au sarcophage de Jacques qui s'est révélé être un faux, aux historiens numismates qui lisent mal un nom ou une année sur des monnaies, etc etc.

cordialement,
Magdalene

*******

Encore cette petite info intéressante:

Le propre père de la grande Cléopâtre, Ptolémée XII, finit ses jours au temple d'Artémis d'Ephèse:

http://www.musagora.education.fr/mervei ... lemee.html

Il est bon aussi de rappeler qu'Arsinoé IV, la soeur de Cléopâtre, fut exilée à Ephèse et que sa tombe s'appelait "L'Octogone".

Certains ont vu en Marie-Madeleine une égyptienne et d'autres ont parlé d'elle comme venant d'une famille royale. Ici, Yragaelle, je mets bien sûr le conditionnel: et si Marie-Madeleine était une descendante d'Arsinoé et donc une lagide (on aurait retrouvé la dépouille d'Arsinoé mais elle avait un âge où elle avait déjà eu le temps de devenir mère) ?

On pourrait même s'amuser avec le Christ au lièvre, alors (humour) :wink:

*******

En tous les cas, sous la plume de Cyrille de Jérusalem, Marie-Madeleine fut "couronnée".
Reste à savoir en tant que reine de quoi... reine des abeilles ou reine d'un pays ?

Sur la croix, la femme barbue porte une couronne.

*******


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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 6:04 pm 
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gunetis a écrit:
S'il n'y avait pas eu d'autel de Cybèle (et de représentation d'Attis) à Alet,
le culte dont parle Magdalene aurait pu sembler local.

On peut effectivement penser aussi au culte de Cybèle. Mais ce qui me fait pencher pour Artémis d'Ephèse, précisément, c'est le fait que Marie-Madeleine est une personnalité importante pour les gnostiques, d'une part (Apollos et Jean à Ephèse, Héraclite d'Ephèse auparavant qui confie son oeuvre à l'Artémision) et que Cyrille de Jérusalem parle de "Simon, eunuque et secrétaire" qui reçoit les possessions du père de Madeleine en même temps que la petite fille pour l'élever devant Dieu, d'autre part.

Autant ces mots peuvent correspondre à 100% au Mégabyse eunuque d'Ephèse et au fait que l'Artémision était un temple-banque (la première banque du monde, d'ailleurs), autant ils peuvent décrire un grand-prêtre qui avait la charge de la virginité et de l'éducation des vierges, autant ils sont totalement inconciliables avec le culte de Cybèle!

Enfin, Marie-Madeleine serait morte à Ephèse. Donc si l'église de RLC est, comme je le crois, construite sur un ancien temple dédié à une déesse-mère, ce ne peut être qu'Artémis d'Ephèse (même si la tour et les deux lions que je vois sur l'autel peuvent être aussi des attributs de Cybèle, mais pas le calice du tabernacle qui reproduit Artémis).

Ou alors Bérenger Saunière a confondu les deux cultes, ce qui est possible vu leurs origines...

Magdalene

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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 7:22 pm 
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Il faut effectivement qu'on crève cet abcès. Le malentendu vient de ce que j'ai employé le mot "mythe" et que chez beaucoup de gens il est devenu un équivalent d'irréel, d'imaginaire pur. Or cette vision réductrice n'est pas la mienne. Je vais tenter d'expliquer dans les limites d'un message de forum ce qui est au cœur de toute ma recherche personnelle, ce n'est pas gagné d'avance...

Ce qu'on appelle mythe vient du grec muthos qui signifie d'abord simplement parole, discours, et même parole vraie. C'est Platon qui va l'opposer sémantiquement au logos, discours rationnel, et l'assimiler à une fable sans fondement. Ce faisant, il a perdu une belle occasion de se taire.

Pourquoi ? Parce qu'au delà de la conscience qu'on peut en avoir, le mythe structure l'histoire. Dans un article, j'en avais donné deux exemples, Napoléon et Philippe le Bel, montré qu'on pouvait faire l'exégèse des épisodes bien réels de leur vie et de leurs actes à la manière dont on déchiffre un récit mythique. Je vais vous redonner ici l'exemple Napoléon, parce que c'est le plus court, ainsi que le début et la conclusion de cet article. Enfin, les passages essentiels, je ne voudrais pas alourdir trop. Egalement, je le couperai en messages lisibles.

Citation:
[...] Or il existe au moins un autre mode, plus difficile à repérer car le mythe structure alors directement les évènements et s’insinue au cœur même de la banalité. Ce mode ressemble à quelque dramaturgie collective dont les protagonistes, des décideurs aux plus humbles exécutants, semblent le plus souvent inconscients de jouer un rôle pré-écrit par un mythe oublié ou apparemment affaibli mais qui retrouve une actualité au travers de la politique, de la guerre ou de l’aventure. Ce mode dramaturgique ne permet pas le recul culturel qu’autorisent les phénomènes d’apparition [...]Le mythe qui structure les situations et l’action ne se laisse pas reconnaître comme tel par ses acteurs. Peut-être même seraient-ils scandalisés si on leur faisait toucher du doigt la dimension mythique de leurs décisions ou de leur vision du monde, aussi prendrons-nous des exemples dans un passé assez lointain pour que d’une part l’incarnation du mythe soit plus aisément patente, d’autre part les passions soient éteintes ou du moins apaisées. Car l’un des signes de la pénétration profonde et structurante du mythe dans le réel est qu’il suscite de très fortes passions, comme une lame de fond venue du grand large engendre sur le rivage des houles déferlantes.

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MessagePosté: Dim Oct 25, 2009 7:28 pm 
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Suite de l'article. Analyse de Napoléon.

Citation:
Napoléon est-il un mythe solaire ?

On connaît le célèbre pamphlet. L’auteur, prêtre, érudit et largement humoriste, avait voulu stigmatiser ainsi les critiques agnostiques qui arguaient de la présence de douze apôtres autour du Christ des Evangiles pour soutenir que l’homme Jésus n’avait jamais existé, que tout le christianisme n’était que la réadaptation d’un mythe babylonien du Soleil parcourant les douze mois de l’année ou les douze constellations zodiacales. Et notre bon abbé de démontrer, avec le même argumentaire, que Napoléon, empereur entouré de douze maréchaux (1), vainqueur de douze victoires (2) et prenant pour emblème l’abeille éminemment solaire, n’avait lui non plus jamais existé. La Sorbonne rit un peu jaune, couleur solaire qui s’imposait, et l’on rabattit des prétentions des comparatistes, sans approfondir. Or il eût fallu approfondir.
Si l’on oublie qu’elle fut historique, l’épopée napoléonienne raconte bien un mythe solaire mais, à l’inverse du culte de Mithra, d’un soleil qui ne serait pas invaincu, qui monte, culmine et finalement s’éteint dans l’hiver éternel que ne suit aucun véritable printemps. Le caractère mythique de l’aventure fut d’ailleurs en partie conscient. Un des articles du traité de Campoformio qui scelle la défaite de l’Autriche après la campagne d’Italie dit explicitement : « La République Française est comme le soleil ; aveugle qui ne la voit pas (3). » Tout commence par la guerre d’Italie suivie de la campagne d’Egypte, au prix d’un paradoxe qui ouvre dans les loges maçonniques ce que Gilbert Durand nomme « la deuxième période d’égyptomanie (4) », la première datant de la renaissance italienne. C’est un lever du soleil à l’orient mais, disions-nous, un orient paradoxal. Dans le contexte judéo-chrétien dominant alors en Europe, l’Egypte sonne comme la terre d’exil d’où Moïse devra sortir pour trouver la présence divine et la terre promise. Ainsi l’exil final s’inscrit-il symboliquement dès l’origine de l’épopée. Mieux aurait valu Jérusalem. Avec des références indo-européennes c’est-à-dire gréco-romaines au XVIIIe siècle, l’Egypte ne signifie rien ni en bien ni en mal ; si c’est une référence au début des conquêtes d’Alexandre, ce que suggère une expédition militaire accompagnée de nombreux savants, ce dernier va poursuivre vers l’est jusqu’à l’Indus, s’appropriant la Perse zoroastrienne. Il eût fallu pousser jusqu’à Persépolis. La seule référence positive à l’Egypte qui pouvait nourrir et déclencher un vécu mythique collectif se trouve dans Platon lorsque les prêtres de Saïs initient le jeune Solon à la mémoire d’un passé oublié par Athènes, mais elle ouvre le récit du destin de l’Atlantide, autre présage funeste (5) ! Enfin, n’oublions pas que cette campagne fut écourtée dans l’espace par une épidémie de peste à Jaffa et dans le temps par la désagrégation du Directoire. Dès lors, le mythe solaire napoléonien, mythe vécu et non pas déchiffré, va suivre le schème du Sphinx œdipien en trois phases, montée, culmination, déclin ; le ragnarök ou la phase eschatologique qui s’ensuit ne débouche pas sur une régénération du monde malgré la tentative des Cent-jours et le soleil s’engloutit dans l’océan sans retour.

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