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Bonsoir,
J'ai lu en 6 heures chrono "Le Trésor du Diable de Rennes-le-Château" de Luc Farin-Gélis et, comme promis, je vous en livre ci-après mon appréciation.
Luc Farin-Gélis et ses collaborateurs César Fulligni et Luigi Lefrancs, qui auraient tout aussi bien pu s'appeler Gilles Faucrin et Francis Legueil (merci, le jeu des anagrammes, on connaît), inaugurent un genre littéraire nouveau, la critique terroriste.
Ayant racheté à bon compte les recettes employées sur les forums par un certain nombre d'internautes masqués tels que Ludmila, Capland et consorts, s'avançant lui-même sous le couvert confortable d'un pseudonyme, Luc Farin-Gélis "n'hésite pas à..." et même "se croit obligé de..." (ses incises favorites, répétées ad nauseam) fustiger ses adversaires en leur opposant leurs propres paroles ou écrits, se complaisant ainsi dans un long argumentaire ad hominem quand ce n'est pas ad personam.
Au plan légal, le procédé est pour le moins dangereux, mais on verra plus loin qu'il y a d'autres motifs qui pourraient bien conduire à une inculpation de l'auteur et de ses acolytes "César" et "Luigi".
Cataloguons d'abord les principales têtes de Turc de Luc Farin-Gélis:
- Gérard de Sède, Pierre Plantard & Philippe de Chérisey "les Pieds Nickelés..."
- Franck Daffos "nouvel auteur entêté... fait coller la réalité à ses fantasmes..."
- Jean-Patrick Pourtall "prend ses rêves pour des réalités..."
- Paul Saussez "fait partie du genre de personnes qui forgent leur propre vérité..."
- Paul Rouelle "émule mystique des Pieds Nickelés..."
- Christian Doumergue "chercheur maladroit..."
- Noël Corbu "opportuniste..."
- Elie Tisseyre "pseudo scientifique..."
- Fabrice & Daniel Kircher "enquêteurs du dimanche..."
Sans oublier les cibles d'opportunité que sont Laurent Buchholtzer (alias Octonovo), Jean-Luc Chaumeil, Jean Markale, Patrick Mensior, l'abbé Bruno de Monts de Savasse et Michel Vallet (alias Pierre Jarnac), ni bien évidemment nos confrères anglo-saxons Baigent, Leigh & Lincoln, ni même Richard Andrews & Paul Schellenberger, auteurs quelque peu moins connus de "La Montagne Sacrée".
D'autres internautes (entre autres "Christian") ayant déjà désossé l'opus incertum de Luc Farin-Gélis dans ces colonnes, j'en viens aux sujets me concernant.
Faisant référence à mon CD-Rom "Au Tombeau des Seigneurs" en page 66, et après l'avoir tout de même qualifié de "remarquable" (sous quel rapport ?), l'auteur fulmine que je "...n'hésite pas à inverser le chemin de croix alors que nous avons vu qu'il avait toujours été à l'endroit."
En effet, dans mes reconstitutions de l'église en images de synthèse pour l'année 1740, j'ai bien représenté un chemin de croix dans un sens "horlogique" ou inversé par rapport à la disposition traditionnelle (qui n'est pas un règle fixe): c'est bien observé, car je n'ai représenté aucun chemin de croix dans mes reconstitutions pour les années 1891 à 1897 !
Nonobstant, ce chemin de croix a-t-il "... toujours été à l'endroit..." comme le martèle l'auteur en enfonçant le clou page 67: "...il n'existe absolument aucun document qui pourrait prouver la disposition "à l'envers" du chemin de croix en 1740" ?
J'oppose, a contrario et pour l'avoir vérifié, qu'il n'existe non plus aucun document qui prouverait la disposition "à l'endroit" du chemin de croix en 1740 !
Pour l'anecdote, je m'étonne que j'aie pu répondre à "Luigi" sur le chemin de croix en 2005, car lors du colloque ARTBS de Stenay je n'ai pas à nouveau assommé l'auditoire avec mon CD-Rom "Au Tombeau des Seigneurs", mais bien avec un complément de recherche intitulé "Les sondages oubliés".
En page 67, Luc Farin-Gélis fait remarquer à juste titre que j'ai placé "...la tête en bas les dates de 1891 et 1892 qui sont gravées sur les piliers du porche de l'église..." en prétendant que je me suis inspiré d'un "plan" édité en 1985 par Alain Féral.
Cadeau de Sonia Moreu, j'ai reçu en 2001 le remarquable ouvrage d'Alain Féral "Rennes-le-Château, Clef du Royaume des Morts" (4 cahiers compilés et réédités chez Bélisane en 1997) où l'on trouve deux représentations du porche de l'église, au recto et au verso du feuillet 51 (dossier N° 2).
Aucune de ces deux représentations n'illustrent les dates de 1891 et 1892 à l'envers !
En outre, dans ses textes explicatifs, Alain Féral souligne encore les dates de 1891 et 1892 sans les inverser (feuillet 22 du cahier N° 1 et feuillet 52 du cahier N° 2).
Et donc, pourquoi diantre ai-je inversé ces dates ? Allez le savoir ! Les plus perspicaces trouveront encore d'autres œufs de Pâques dans mon CD-Rom !
A nouveau, tout ceci est bien observé, mais pour ma part, le chemin de croix ou les dates sur le porche sont des détails sans pertinence par rapport à mes recherches et aux hypothèses que j'ai développées.
Les œillères dont Luc Farin-Gélis s'est affublé l'ont fait passer complètement à côté de l'objectif que j'ai poursuivi à travers mon CD-Rom, qui était justement de laisser de côté les décors de l'église et les messages que d'aucuns veulent bien y trouver, afin de décortiquer l'architecture du lieu et mettre à nu les structures originelles masquées sous les travaux de l'abbé Saunière.
Et donc qu'il se rassure, je n'ai pas passé une année (de 2004 à 2005) pour me "préparer" à répondre à son comparse (dont je ne pouvais évidemment pas prévoir la réapparition à Stenay et dont je ne me souviens d'ailleurs plus) sur la question, au demeurant très peu "embarrassante" pour moi, du chemin de croix.
Je dois encore démentir l'assertion de Luc Farin-Gélis selon laquelle j'aurais prétendu que l'église avait été reconstruite en 1740.
S'il avait parcouru mon CD-Rom avec la même attention fouineuse que pour le chemin de croix, il ne serait pas passé à côté du texte suivant (écran N° 11):
"De fait, d’importants travaux ont été entrepris dans l’église en 1740. C’est de cette époque que datent les menuiseries (appui de communion et marches) qui ont été remplacées en 1828, ainsi que la chaire, enlevée par Saunière avant 1889. Toujours en 1740, le clocher avait été rehaussé, ainsi que l’atteste une plaque sur sa face sud."
Manifestement, Luc Farin-Gélis a préféré entériner le rapport de son agent "Luigi", qui a dû éteindre son sonotone au moment de ce passage lors de ma conférence de Gisors en 2004.
J'en arrive aux pages 338 et 339, où Luc Farin-Gélis tombe dans le même panneau que ceux qu'il fustige.
Relevant une entrée du Registre Paroissial, où il est question d'une Dame Anne Dalsol (sic) qui a été inhumée "... au tombeau des Seigneurs qui est auprès du balustre...", notre auteur y voit "...à n'en pas douter, celui qui contint la fiole au parchemin découverte par l'un des ouvriers de l'abbé Saunière."
J'avais moi-même commis une erreur du même acabit en identifiant ce "balustre" à celui qui dépasse de la face nord du clocher, et en supputant qu'il avait été démonté pour obturer l'accès au Tombeau des Seigneurs; j'ai toutefois eu le scrupule de l'avouer dans les colonnes de ce forum et ailleurs.
En effet, dès sa première édition en 1694, le Dictionnaire de l'Académie nous apprend qu'un "balustre" "...se prend aussi pour un assemblage de plusieurs balustres servant de closture dans une Eglise... Balustre d'autel...", c'est-à-dire la balustrade de communion qui sépare habituellement la nef du sanctuaire.
Au global, bien que l'auteur prétende en page 13 "...éclairer sur ce chemin d'obscurantisme tracé par une multitude de pseudo-chercheurs parasites...", ceux qui ont suivi de près l'affaire de Rennes-le-Château n'apprendront rien de neuf dans son bouquin, et les novices, hélas, n'y trouveront que rancoeur, polémique, fiel et confusion !
Ce qui est particulièrement regrettable, alors que d'après l'accroche en 4ème de couverture, il ambitionne une démarche "...réaliste... se basant sur les faits..." destinée à "...tous ceux qui préfèrent la réalité à la fiction", c'est que l'auteur n'offre absolument rien au bout de son tromblon après avoir épuisé sa mitraille sur les "...affabulateurs de tout poil..." (page 344).
On se demande même si le professeur Luc Farin-Gélis a fait siennes les recommandations sentencieuses qu'il adresse en page 345 à son auditoire et qu'il conclut par une mise en garde pompeuse: "Une seule mauvaise appréciation et vous partez sur une fausse piste".
Notre donneur de leçons doit en savoir quelque chose, puisque, se prenant tout-à-coup "...au jeu du mystère..." (page 332) et se basant, sans doute, sur des éléments "...récupérés dans la littérature loufoque de ses pédécesseurs, son imagination faisant le reste" (page 345), il n'a pas hésité à commanditer le viol, par "César" interposé, d'une propriété communale, à savoir le cimetière et l'église de Rennes-les-Bains, avec les circonstance aggravantes que les faits se sont déroulés la nuit et par effraction (pages 177 à 181).
Tout ceci dans le seul but de retourner deux tableaux, en photographier les inscriptions et, ô jubilation, de confondre Franck Daffos !
Attention public, car les 3 Pieds Nickelés ne sont pas ceux qu'on a bien voulu nous faire croire !
En effet, notre trio ne va pas en rester là, car il se livre à un nouveau viol de nuit et par effraction d'une propriété communale, cette fois-ci le domaine de l'abbé Saunière à Rennes-le-Château: on démonte le plancher du reposoir à la perceuse-dévisseuse et on fouille la citerne (pages 256 et 257).
Résultat: une découverte archéologique majeure sous la forme de 3 cadavres de chats en état de décomposition avancée !
Bref, butin sans intérêt pour deux expéditions qui, et c'est bien plus grave, ont tourné aux délits qualifiés !
Messieurs les maires, qu'attendez-vous pour poursuivre ces foutriquets ?
_________________ Qui trop embrase mal éteint.
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