poulidor a écrit:
...- Indice 1 : le disciple aimé (DA) fait partie des proches de Jésus. Durant la Cène, le DA est présent. Or Jean cite les noms de Pierre, Judas, Thomas et Philippe qui participent au repas. Cela encourage bien l'idée que le DA fait partie de ce groupe des disciples proches...
Oui, mais nous pouvons envisager un narrateur externe ne se citant pas,
justement du fait de sa position sociale. Le propriétaire du lieu où se
déroule la Céne ?
L'indice du "petalon" est à garder mais celui l'ayant porté aurait-il dicté à un scribe ?
La reprise par une communauté johannique est fort probable. Je pense
que Tresmontant a dû développer ce point.
Par exemplepoulidor a écrit:
...- Indice 2 : Quand Jésus est emmené chez le prêtre sacrificateur (après son arrestation), Jean écrit que le DA est connu du souverrain sacrificateur (18, 15). On le aisse entrer sans mal dans la cour et dans la maison (alors que Pierre est refoulé). Il est frappant que le DA soit connu de celui qui va faire tuer Jésus, et que personne ne mette la main sur lui. Conclusion : le DA possède un statut qui le protège (une origine sociale élevée, un métier prestigieux...)...
D'où, toujours, ce personnage ayant porté le "petalon" et forcément
connu de ceux qui ont capturé Jésus.
poulidor a écrit:
...- Indice 3 : Lors de la crucifixion, le DA est présent avec les femmes qui pleurent Jésus (il n'est pas inquiété par les hommes d'arme). Jésus dit : "femme, voilà ton fils, puis il dit au disicple, voilà ta mère" (19, 25-27). Le Da est donc un homme (exit MM)...
Pour cette narration, oui. En gardant en mémoire que les premiers
témoins des résurrections (Lazare, Jésus) sont des femmes. A noter que
le DA, pourtant arrivé le premier, n'entre pas dans le tombeau, suivant en
cela ce que devait faire un prêtre.
poulidor a écrit:
...- Indice 4 : Après la mort de Jésus, certains disciples se retrouvent sur un bateau : "Simon Pierre, Thomas appelé Didyme, Nathanaël (...), les fils de zébédée et deux autres disciples" et plus loin : "Alors le disicple que Jésus aimait dit à Pierre..." (21, 7). Le DA est présent sur le bateau, et fait donc partie de la liste fourni juste avant par Jean.
Ce n'est pas Pierre puisqu'il est dissocié à chaque fois de lui.
Ce n'est pas Natha. puisque le DA est l'un des douze, or Natha n'en fait pas partie (même chez Jean qui est le seul à le citer).
Ce n'est pas Jean et Jacques (les zébédée) parce que sont d'humbles pêcheurs (et des provinciaux en plus), donc insignifiants pour le souverrain sacrificateur.
Il ne reste que Thomas didyme !...
Ou le narrateur.
Nathanaël est aussi parfois cité comme le cinquiéme appelé et a reçu
(exceptionnel) un compliment appuyé de la part de Jésus. S'agit-il de
Barthélemy (Bartolomé) curieusement proche de Judas-Thomas et allant
en Adiabène ?
poulidor a écrit:
...Mais Thomas n'est pas un nom, mais un surnom
attribué à un disciple appelé de son vrai nom par d'autres traditions :
Judas Thomas Didyme (judas le jumeau)...
Oui : Jumeau = Tomâ = Didyme.
Judas = Thaddeus(?) = Thaddée = Theudas (?) Lebbaeus (?)
Un des "fréres" de Jésus était nommé Jude.
http://codexbezae.perso.sfr.fr/comm/adelfoi.html#e"...Selon Jules l'Africain dont la lettre à Aristide était citée par Eusèbe,
ceux de la famille de Jésus étaient appelés “DESPOSYNOI”. (4)
Or ce terme signifie précisément: consacré à ADONAÏ. Ce n'est rien
d'autre que la traduction de l'inscription gravée sur l'éphod que portait le
grand-prêtre..." nous revoici avec le "petalon". L'abbé Boudet parle du
tétragramme.
poulidor a écrit:
... Parmi eux, certains sont arrivés à la pleine
conscience et d'autres non. Ce sont ces derniers qui ont triomphé et qui
ont contribué à bâtir le christianisme d'aujourd'hui (particulièrement St
Paul). Les autres, comme Judas Thomas et MM ont été exclus...
C'est l'oeuvre des générations suivantes qui ont dû harmoniser tout ce qui
se disait dans leurs réseaux particulièrement actifs...puis prendre le
pouvoir.
poulidor a écrit:
...Attention : si certains des écrits de Nag H sont du milieu du IIème siècle, certains ont de grandes chances d'être antérieur, voire plus anciens que les Evangiles canoniques et St Paul. Je sais que le débat reste chaud, mais l'Evangile selon Thomas donne beaucoup de sentences qui peuvent être plus anciennes que tous les canoniques...
Oui ces traductions en copte gardent aussi certains textes grecs...dont
"la République" (extraits) de Platon.
Effectivement l'Evangile de Thomas est très proche des paroles de
Sagesse...dont certaines se retrouvent dans le NT mais appartenaient à
la littérature intertestamentaire.
poulidor a écrit:
...En fait, j'en fais la raison pour laquelle l'Eglise
préfère attirer l'attention sur les écrits de la mer morte (qui ne concerne
que très peu le christianisme) plutôt que Nag H, qui eux, interrogent
grandement les dogmes et l'enseignement chrétien...
Ils montrent aussi que, malgré quelques variantes, les textes sacrés
hébraïques sont déjà homogénes...avant notre ère...
poulidor a écrit:
...Vous l'aurez compris, je défends l'Evangile selon
Thomas comme Evangile, portant la flamme vivante de l'enseignement
de Jésus. On y retrouve tout ce que les sages (les éveillés) de toutes les époques ont affirmé et affirment encore (à l'inverse des canoniques qui ont peu à peu perdu, au gré des remaniements, leur puissance de transformation).
Même si les traductions de l'hébreu/araméen au grec puis au copte ont dû
lui faire perdre le sens exact des Paroles, il est aussi pour moi une source
qu'il ne faut pas négliger.