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Sur Dom Polycarpe, un livre qui fait le tour de ce que l'on sait du personnage (posté sur un autre topic)
L’ouvrage de Patrick Berlier, La Société Angélique (Arqa Novembre 2004), porte le long sous-titre : ou comment Dom Polycarpe de la Rivière, un érudit membre de la ténébreuse Société Angélique, a pu aborder les énigmes du Pilat, de la Provence.... et de Rennes-le-Château. Un livre à lire parallèlement à celui de Thierry Rollat (cf supra) qu’il prolonge et approfondit. Le coeur de l’étude est en effet le Mont Pilat, que l’auteur connaît bien pour lui avoir consacré de nombreux guides. Un Pilat qui nous mène tout naturellement à la mystérieuse chartreuse de Sainte-Croix en Jarez et à l’un de ses non moins mystérieux prieurs, Dom Polycarpe de la Rivière.
Bel exploit que de tenter de rédiger une biographie de ce personnage entouré de légendes (1585 ? – 1639 ?). Fréquentant la cour de la Reine Margot avant de rentrer dans les ordres, il fut un des plus brillants esprits de son époque. On lui doit de nombreux ouvrages, dont l’église condamna certains en raison de leur caractère sulfureux . Difficile cependant de se faire une opinion sur le fond de ces ouvrages, de nombreux ayant disparu ou n’ayant été consulté que par le seul.... André de Durban ! Dom Polycarpe disparaîtra de façon étrange, sur la route du Mont-Dore où il allait soigner de vieilles douleurs....
Notre prieur faisait partie d’une société d’érudits de l’époque, la Société Angélique. Sa genèse nous est retracée, au travers de groupes comme l’Agla, l’Académie ou la Société du Brouillard. On y cultive la langue des oiseaux, chère à Grasset d’Orcet. Cette société était-elle en relation avec un autre groupe discret, l’AA, à caractère beaucoup plus clérical ?
Puis l’auteur nous fait plonger, avec beaucoup de talent, dans les légendes du Mont Pilat, essayant de traquer le feu derrière la fumée des mythes. La présence de Ponce-Pilate dans la région, où il serait venu terminer ses jours, ne lui semble pas invraisemblable. Suit une enquête passionnante sur Marie-Madeleine, en partant de la fresque consacrée à la sainte dans une petite chapelle de la forêt de Pélussin. Le lien est évidemment opéré avec Rennes-le-Château et les hypothétiques passages de Bérenger Saunière dans la région lyonnaise. Je cite :
Dans son église rénovée, Bérenger Saunière placera sous l’autel un bas-relief qu’il peindra lui-même dit-on, représentant également Madeleine en prières dans une grotte, au pied d’une croix de branchages encore verts, strictement identique — bien qu’inversée — à celle du tableau du Pilat. La scène est classique et fort répandue, au demeurant, et il serait périlleux d’en tirer des conclusions ! Mais dans le paysage visible au loin par l’ouverture de la grotte, on remarque une porte monumentale, à côté d’une colonne solitaire. Tous les chercheurs s’accordent pour penser qu’il s’agit là d’un subtil message laissé par l’abbé Saunière, même si ce paysage est aussi celui du Saint-Pilon, le sommet dominant la Sainte-Baume : une porte et une colonne, vestiges d’une chapelle disparue. Il faut faire appel aux langues anciennes pour avancer une explication, comme l’a fait André de Durban: « porte » en langue celtique se dit pyla, et « colonne » en latin se dit pila. Ajoutons que cette porte est surmontée de trois dents...
Je ne serais pas complet sans citer également Théopolis et le rocher du Dromon (près de Sisteron), qui auraient été un lieu de prédilection du prieur de la Chartreuse. Sous la conduite de Roger Correard nous est ainsi proposé toute une batterie d’indices laissant penser qu’il existe un lien entre les trois lieux magiques que sont le Pilat, Rennes-le-Château et Saint-Geniez.
Au total un livre de qualité et obéissant à une démarche fort honnête.
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