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Quelques notes sur les relations entre Boudet et Saunière

Il est toujours utile de se demander
quand et comment ont été intégrés les différents éléments de La
Belle Histoire. Dans un autre article, certains se sont
interrogés sur la tombe et de dame de Hautpoul et ses mystérieuses
inscriptions, à la lumière d’une découverte « plantardienne » dans
l’église de Vals en Ariège (cf
www.renneslechateau.com,
rubrique recherches). Examinons aujourd’hui ce qu’il en est de Henri
Boudet, prêtre de Rennes-les-Bains, et de son lien supposé avec
Bérenger Saunière.
C’est bien sûr à Gérard de Sède,
porte-parole de la « fine équipe » (Plantard et de Chérisey), de
tirer l’abbé Boudet de son oubli. Dans L’Or de Rennes (1967),
il introduit notre personnage de la sorte :
Mais là où Antoine Bigou n'avait
fait, somme toute, qu'exercer, de façon certes insolite, l'art de la
cryptographie, un homme, après lui, concevra et mettra à exécution
une entreprise vraiment fantastique : après avoir grimé un atlas en
traité de linguistique, il truquera tout le paysage qui entoure
Rennes-les-Bains.
En apparence, cet homme était pourtant très ordinaire. Henri Boudet
était né en 1837 à Quillan d'une famille misérable. Son intelligence
était exceptionnelle, aussi fut-il très tôt remarqué par un riche
ecclésiastique, l'abbé de Cayron, qui finança toutes ses études. Il
entra jeune dans les ordres et c'est en 1872 qu'il devint curé de
Rennes-les-Bains. Pauvre mais généreux, il laissa aux fidèles le
souvenir d'un saint, aux autres celui d'un bienfaiteur de la petite
ville. Il connaissait la région pierre par pierre et les revues
savantes du Midi ouvrirent volontiers leurs colonnes à ses travaux
d'érudition.
Suit une longue analyse de la Vraie
Langue Celtique, de la topographie de Rennes-les-Bains et de son
« paysage truqué ». Mais le lien avec Rennes-le-Château n’est pas
clairement établi. Tout au plus est-il évoqué un alignement qui part
de la tombe de la famille Boudet, passe sur le toit de l’église de
Rennes-les-Bains, croise le menhir décapité du Cap de l’Homme pour
aboutir à l’église de Rennes-le-Château. C’est bien maigre !
En fait, c’est en fouillant dans Les
Dossiers Secrets de la fine équipe que l’on verra apparaître le
lien. Dans Les Descendants Mérovingiens ou l’Enigme du Razès
Wisigoth (Madeleine Blancasall, 1965), on peut lire :
Sa Grandeur glisse négligemment dans
la conversation un mot sur la vie exemplaire et l’extrême générosité
de l’abbé Boudet, puis dit quelques mots sur une tradition de
« parchemin » dans l’église Sainte Madeleine. Enfin, en partant,
Monseigneur (Billard) prête à l’abbé Saunière le livre du curé de
Rennes-les-Bains, La Vraie Langue Celtique. Le tour est joué et
l’information est passée à Gérard de Sède qui citera l’ouvrage
« bidon » de Blancasall dans sa bibliographie.
On conviendra que le lien entre nos deux
curés ne repose sur rien de bien concret. Cela n’empêchera pas la
littérature castelrennaise de faire de notre érudit linguiste le
cerveau de l’affaire : Jean Michel Thibault s’en donnera à cœur joie
dans son roman l’Or du Diable (Olivier Orban 1986), après que
Jean-Pierre Deloux et Jacques Brétigny, dans Rennes-le-Château,
capitale secrète de l’Histoire de France (Editions Atlas, 1980),
aient structuré la version officielle du Mythe : Boudet était au
courant de l’existence d’un grand secret en partie caché dans
l’église de Saunière. Il a financé les fouilles de son collègue
avec, comme prime, la réfection de son église…. etc….. Les variantes
de cette doctrine officielle se multiplieront à l’infini, les unes
faisant de Boudet le gardien des deux caches du trésor, l’une près
de Rennes-les-Bains, l’autre à Notre-Dame de Marceille, certaines
autres allant même jusqu’à faire du pasteur balnorennais un agent du
Prieuré de Sion……
Il est intéressant de noter que le
premier livre à faire état de notre Belle Histoire, Trésors du
monde de Robert Charroux (Fayard 1962), ne fait aucune allusion
à Boudet. Il est vrai que sa principale source d’inspiration était
Noël Corbu. A cet égard, et si comme beaucoup d’autres vous demandez
à sa fille Claire si elle a entendu Marie Denarnaud évoquer le
prêtre de Rennes-les-Bains, elle vous répondra simplement :
« jamais ».
Laurent Octonovo a entrepris récemment
de gros travaux sur la comptabilité et la correspondance de Bérenger
Saunière (cf DVD 2004 de l’Atelier Empreinte, Nouvelles Lumières
sur la Comptabilité de l’Abbé Saunière). Je cite ses conclusions
sur le sujet :
LES SURPRISES. C’est ainsi que
Laurent qualifie les révélations contenues dans le carnet de
correspondance.
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A partir de 1896 du moins, les
relations entre Boudet et Saunière sont distantes, voire
inexistantes. Peu de relations financières (comme beaucoup,
Boudet a fait quelques dons à Saunière), mais un simple échange
de vœux. Saunière n’assistera pas aux obsèques de Boudet. Il
n’avait du reste pas été prévenu de la mort de ce dernier.
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Ceci dit, Saunière a des relations
étroites et amicales avec un autre curé de Rennes-les-Bains, Justin
Sarda, aumônier de l’établissement thermal. Un ami qui est également
un généreux « pourvoyeur de fonds.
Difficile de conclure ces quelques
notes sinon que la thèse des liens étroits entre nos deux curés
reste encore à ce jour sérieusement à documenter !
Jeansac de Borlay © Avril 2007
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