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DOMINIQUE DUBOIS
Rennes-le-Château, l'Occultisme et les sociétés secrètes

 

Dominique Dubois va sortir fin décembre 2005 un ouvrage sur les liens supposés ou réels de l’affaire castelrennaise avec le contexte ésotérique de l’époque. Il a bien voulu répondre aux questions de www.renneslechateau.com sur son travail.

WM : Après avoir signé un ouvrage sur Jules Bois, vous allez publier un nouvel ouvrage sur Rennes-le-Château, l’Occultisme et les Sociétés Secrètes. D’où vous vient cette passion pour les sociétés discrètes de la fin du XIXème siècle ?

L’attrait prononcé du mysticisme et de l’occultisme y aidant, je me suis trouvé au début des années 1980 à la Loge Unie des Théosophes (L.U.T.). En étudiant de plus près la vie de la fondatrice de la Société Théosophique (1875), Héléna Pétrovna Blavatsky (1831-1891), je m’étais très vite rendu compte avec un vieil et fidèle ami, Jean-Christophe Faure (la librairie du Grand Chêne), que cette grande dame de l’occultisme du XIXe siècle avait des accointances avec d’autres cercles initiatiques (réservés à un petit nombre) et des personnalités qui ont, depuis, marqué les annales de l’occultisme.

Tout naturellement, de nombreuses questions se sont ensuite greffées et ont trouvé tout au long de ma longue et passionante recherche des réponses dans des cénacles, tels que le Memphis-Misraim, L’OTO, la Golden Dawn.

WM : Le point commun à ces deux ouvrages est certainement cette fascination que vous semblez éprouver pour l’affaire Saunière. Quelle en est la raison ?

On a fait complaisamment entendre que Bérenger Saunière était un occultiste ; je fus donc amené à m’intéresser à l’affaire pour vérifier, par le biais de mes connaissances actuelles et acquises durant deux décennies auprès de l’occultisme et de son histoire, la crédibilité ou la fausseté de ce postulat. De plus ma famille vivant depuis longtemps dans le département de l’Aude (La Force, près du monastère de Prouille), il aurait été difficile d’ignorer tout le tapage littéraire qui se faisait à Rennes-le-Château. Par ailleurs, je me souviens lors d’une visite à Rennes à la fin des années 1980 d’un petit personnage insolite et fort sympathique et répondant du nom de Henri Buthion (1924-2002). Il parlait de beaucoup de choses extraordinaires. Perché sur la tour Magdala et contemplant le magnifique paysage qui s’offrait à moi, je me rappelle encore de la soudaine réflexion que je me suis fait ou qui s’est imposée dans mon esprit ce jour là : « Nous verrons cela plus tard. ».

WM : Pour vous, l’affaire Saunière a t-elle un lien avec l’Occultisme ?

Qu’est-ce que l’affaire Saunière ? Telle est à mon sens la véritable question. Pour ma part je préfère à ce jour le qualificatif de l’affaire  « Boudet ». Quant au lien supposé de l’affaire avec l’occultisme je vous renvoie à mon présent ouvrage.

WM : Les lecteurs ont déjà pu avoir un aperçu de votre démonstration dans Pégase dans lequel vous avez publié quelques bonnes feuilles. Vous avez la dent dure au sujet de la thèse « Saunière Martiniste ». Pour vous, les théories dites lyonnaises sont de l’ordre du Mythe ?

Pour la thèse « Saunière Martiniste », posez tout simplement la question aux Martinistes et à certains historiens attitrés. Sur cette thématique particulière, je pense principalement à Serge Caillet et Robert Amadou, sinon adressez-vous aux collaborateurs de la revue L’Initiation dirigée par Yves-Fred Boisset. Par ailleurs, pour reprendre ce que j’ai écrit dans Pégase : « Il serait tout indiqué d’inviter tous ces « Profanes » à compulser avec toute l’attention qui se doit les quelques ouvrages sérieux qui existent sur l’historicité de l’occultisme et ses diverses sociétés secrètes, en se référant à des spécialistes qui n’ont plus, depuis de nombreuses années, à faire leur preuve dans ce domaine. Outre Amadou et Caillet, citons Gérard Galtier, Giudicelli de Cressac Bachelerie, Massimo Introvigne… Puis de lire attentivement les revues de l’époque, en partant de L’Initiation et du Voile d’Isis de Papus, alias Gérard Encausse (1856-1916), des Annales Initiatiques de Jean Bricaud, de L’Etoile de René Caillet (1831-1896) et d’Albert Jounet (1863-1923), de L’Aurore Nouveau de Lady Caïthness duchesse de Pomar (1832-1895), afin de vérifier dans un premier temps si le substantif de Bérenger Saunière figure dans les dites revues, puis de saisir et comprendre le sens de cette littérature particulière qui n’a absolument rien à voir par rapport à ce que l’on sait aujourd’hui de la personnalité de l’abbé Saunière. Cela étant dit, les strates inconscientes sont si tenaces que quelqu’un pourrait s’épuiser en investigations astrales pour annoncer tambour battant qu’il a vu finalement Bérenger Saunière sous le masque et le manteau entrain de conférer à ses sélectifs paroissiens, dans une pièce secrète de son église, les préliminaires du Martinisme.

En revanche rien ne s’oppose, semble-t-il (à vérifier tout de même !), à la venue de Bérenger Saunière à Lyon (en tout cas certainement pas pour se faire initier au Martinisme, à L’Eglise Gnostique ou à L’Ordre de L’Etoile !).

WM : Vous dénoncez le Mythe, et pourtant, dans votre précédent ouvrage sur Jules Bois, vous avez été suspecté de lui avoir ouvert la porte. Pourquoi ce dernier chapitre, qui n’est pas de votre signature, sur les rencontres secrètes de Boudet, Doisnel, Bois etc…. à la Commanderie du Vaour ?

Une manière spontanée, amicale et désintéressée, de tendre la perche à Jean-Christophe Faure qui se passionne depuis un long moment sur cette histoire et qui demande, bien entendu, vérifications et preuves à l’appui. Il y aurait des auteurs, dit-on, qui plancheraient sérieusement sur ce sujet. Attendons de voir avant de porter un jugement définitif !

WM : Puisque le sujet est à la mode, que pensez-vous de l’effervescence actuelle autour du « Prieuré de Sion » ? Ceux qui se revendiquent aujourd’hui de cette organisation sont-ils sérieux ?

Si effervescence il y a, elle ne me concerne pas et ne me gêne par conséquent nullement. Toutefois les articles à pétard (le Nouvel Observateur) de Marie-France Etchegoin à l’encontre de Pierre Plantard et du Prieuré de Sion, et intitulé Enquête sur les sources de Da Vinci Code, ont peut être ravivé ce regain d’intérêt. En verve de scoop la journaliste, comme nous le savons, profita ardemment de l’aubaine et se fit un point d’honneur de fusiller à bout portant l’épique épisode « plantardiste ».

Par ailleurs, on peut tout de même s’interroger et se demander qu’est-ce qui peut motiver un certain lectorat à s’intéresser au Prieuré de Sion, j’entends bien entendu celui de Plantard qui fut fondé et officialisé en 1956 et qui, à mon humble avis, ne représente de nos jours aucun intérêt.

Quant à la deuxième question, et qui engage uniquement le spiritualisme convaincu que je suis, je répondrais et rétorquerais sans équivoque : « Quant on fait partie d’une véritable tradition initiatique et qui possède un réel secret on ne le crie pas sous les toits ! ! ! ».

WM : Pour en revenir à l’affaire Saunière, et si ramification il y a avec des sociétés discrètes, ne pensez-vous pas que la recherche devrait s’orienter dans la direction des congrégations/confréries et autres groupes de nature religieuse ?

J’en suis à ce jour pleinement convaincu. A titre personnel, je pense que l’abbé Henri Boudet mériterait une biographie beaucoup plus poussée, dans la mesure du possible bien évidemment. Par ailleurs, une étude circonstanciée sur Paray-le-Monial ou le mouvement du Hiéron du Val d’Or (j’en donne dans mon ouvrage quelques éléments) serait aussi œuvre utile. Dans la foulée, je pense également, entre autres, à l’érudit chanoine de Castelnaudary, Henri-Laffon-Maydieu (1845-1913), l’un des plus anciens membres de l’Union apostolique des prêtres du Sacré-Cœur.

WM : D’autres projets en cours ?

Oui ! Outre mon travail amorcé sur le fantastique et l’ésotérisme, aidé et participé au projet d’un ami qui lui tient à cœur depuis des années et qui devrait voir le jour courant 2006 : une revue française spécialisée (c’est une première dans notre hexagone) sur l’Ordre Hermétique de la Golden Dawn. Il le mérite amplement ! Puis dans la lancée continuer et finir, par des voies totalement inédites, ma thèse sur les frères Saunière, l’abbé Gélis et Boudet, pour quelqu’un (je lui en ait fait la promesse) qui a depuis trois décennies le virus de l’affaire Saunière.

WM : Merci Dominique Dubois et bon courage !


Copyright Dominique Dubois - Novembre 2005

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