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Rennes le Chateau

 

Interview Philippe Duquesnois (Mars 2006)

WM : Bonjour Philippe Duquesnois, et merci d'avoir bien voulu répondre aux questions de www.renneslechateau.com. Nous avons beaucoup aimé votre livre, L'Ambition Barbare, qui est assurément une sympathique bouffée d'oxygène dans la littérature castelrennaise. Avant de parler de votre thèse, une question préalable : comment êtes vous tombé sur l'affaire de Rennes-le-Château ?

Bonjour de Juan Griego (Saint Jean l'Évangéliste) à Margarita, et merci de m'accueillir sur ce site.

J'ai connu Rennes-le Château, il y a bien longtemps en lisant, sans doute comme tant d'autres Gérard de Sède, Charroux, Sendy... j'ai vaguement le souvenir d'avoir lu un article sur le Curé aux Milliards dans Sélection du Reader's Digest... mais le livre qui m'a fait accrocher est sans hésitation, "L'Enigme Sacrée", puis "La lignée" des auteurs anglais dont il serait insultant de rappeler le nom. Ensuite, je me suis intéressé à toutes les affaires connexes : les Évangiles apocryphes, les Mérovingiens et bien sûr le Curé Saunière. Je me suis rendu, c'était vers le début des années quatre-vingt dix, à Rennes, puis à Gisors, Stenay... mais j'étais totalement un regardeur, jamais je ne me suis engagé sur une quelconque piste... et souvent j'étais de l'avis de celui qui avait publié le dernier livre...

J'ai acheté il y a quelques années un hôtel aux Caraïbes, et j'y ai monté une agence de voyages pour faire découvrir l'île que je venais de rejoindre, Margarita.

C'est une petite île, on y a vite fait le tour... et la concurence était rude ! Il fallait innover, j'ai donc cherché un thème et naturellement c'est la Découverte de l'Amérique qui est vite apparu comme étant le seul possible pour réunir assez d'éléments qui puissent faire un programme !

Et là, je demande à tous de me croire, avant d'effectuer la moindre recherche, j'avais décidé de raconter l'histoire de Margarita en reliant celle-ci au Mystère des Templiers. Les amis qui ont lu le livre avant qu'il ne soit édité m'avaient même déconseillé de raconter cette histoire dans le livre, estimant que cela allait enlever de la crédibilité au reste ! J'ai laissé cet épisode, parce que ce n'est que la vérité. Le Mystère des Templiers que j'avais, un peu par jeu pris comme fil rouge, ne m'a plus quitté, et j'oserais dire qu'il me poursuit encore.

Et de fil rouge en aiguille creuse, des Templiers je suis passé à Rennes, aux Mérovingiens, aux Habsbourg et au Prieuré de Sion...

WM : Vous vous présentez comme un patron de bistrot international. La question qui brûle les lèvres : avez vous rencontré dans votre clientèle cosmopolite des gens intéressés par le sujet ? Si oui, vous ont-ils fait progresser dans votre recherche ?

Je voudrais préciser que Margarita n'est pas ce que l'on appelle une destination culturelle... si le Venezuela est recorman du monde en Miss Univers, en prix Nobel de Physique on est moins bien placé, on y vient pour l'ambiance tut-tut, le soleil, les plages et les chicas en string... cela heurte mon côté vieille France, mais c'est la dure loi de la vie, les clients c'est un peu comme sa famille, on les choisit pas ! Et je crois que l'on doit retrouver les mêmes pourcentages de gens intéressés qu'ailleurs...

Alors, la clientèle internationale est intéressée lorsqu'on lui raconte l'histoire de la Découverte, reliée aux mystères listés plus haut, et que l'on fasse le rapprochement par le "da Vinci Code" ! Cela ils connaissent !

Mais expliquer que Brown a tiré son bouquin de multiples traditions existant en Europe, les clients sont surtout Américains et Canadiens, dire que Saunière n'est pas un nom de hasard, que les tableaux de Léonard sont depuis longtemps sujet à remise en question, sont pour eux des éléments neufs.

Par contre quand j'arrive à les emmener en "excursion ésotérique" plus de problèmes pour eux... ils sont très bon public... et une croix pattée sur une ancienne cloche de la plus vieille église d'Amérique du Sud les mets en transe !

Ils me demandent alors si je connais les heures de réception de l'antenne locale du Prieuré de Sion ! S'ils vendent des tee-shirts, des CD, s'ils pourront faire des photos...

Mais il faut bien reconnaître que l'apport de la clientèle est peu convainquant.

Mais trente ans de comptoir cela prépare à toutes les situations.

Je voudrais ici faire un aparté, le Venezuela, et Margarita plus encore, est un pays chrétien. Pas un pays de culture judéo-chrétienne comme l'on dit des pays européens, ici on vit à l'heure de la religion, charnellement ! et la statuaire, les noms d'églises, les pélerinages, les cultes particuliers à tel ou telle saint(e)s ne sont pas des vains mots.

Ma comptable a failli me crever un oeil parce que j'ai dit, à voix basse pourtant, que la Morenita (Vierge Noire) qui trônait dans son bureau était sans doute originaire d'Estramadure (ce qui est confirmé par l'Eglise)...

Dieu est présent dans la vie de tous les jours.

A Santa Ana, où je passe lors de mes "tours", il y a hormis une chapelle avec deux enfants-dieux, comme à RLC, deux fresques dans la ville. L'une représente Santa Barbara avec donc des attributs qui ne sont pas les siens, j'en reparlerai plus bas, et l'autre, presque en face, représente deux Vierges, dont l'une est une Vierge Noire, sans doute celle de Guadalupe, avec la mention : Candelaria ! Qui est, le nom d'une Vierge Noire d'origine Templière trouvée en 1400, et encore fêtée, aux Canaries ! Aux Canaries où une île s'appelle Lanzarotte... du nom du Chevalier Lancelot, un Anjou de noble extraction, incontournable de la queste du Graal... je peux donc, à partir d'un petit village raconter cette vaste saga historico-légendaire... devant deux fresques naïves.

  

 

Mais ces fresques sont entretenues, fleuries, priées tous les jours, elles font partie de la vie des gens d'aujourd'hui.

Cette ambiance religieuse donne plus de crédit aux explications que je donne aux visiteurs. Ils admettent plus facilement comme évident et fondamental, la manière dont les découvreurs de l'Amérique ont appelé les villes qu'ils créaient.

Et par là, les significations religieuses renvoyant à la vieille Europe du Moyen-Age.

WM : Selon vous, ce n'est pas Christophe Colomb qui a découvert l'Amérique, mais les Templiers. Ceux-ci ont pillé les richesses de la région qui ont été gérées (distillées) au fil de l'histoire par le Prieuré de Sion. Est-ce à dire que vous croyez vraiment à l'existence de cette soit-disant société secrète ?

Dans mon livre j'appelle un groupe d'hommes de la fin du quinzième siècle, les membres du Prieuré de Sion...

Je donne brutalement quelques éléments indiscutables :

En 1472 Christophe Colomb travaille pour le Roi René.

Le père d'Amérigo Vespucci commande à Botticelli, "La fresque de Saint Augustin"

Celui qui dessine la "carte de Vespucci", Martin Waldseemüller, qui donnera le nom de l'Amérique, travaille pour le petit-fils du Roi René. Cette carte est de l'avis de force historiens "en avance" sur les connaissances de l'époque, et ces historiens ne sont nullement des occultistes.

Gregor Reisch, entre autre confesseur de Maximilien de Habsbourg, écrit en 1504 "Margarita Philosophica" illustré de 16 allégories dont certaines géographiques à faire pâlir, pour le coup les occultistes, il travaille aussi au Gymnase Vosgien, sous l'autorité du petit-fils du Roi René. Albert Dürer a sans doute participé aux gravures, le maître de Dürer, Schongauer on en est certain.

Juan de la Cossa, dont la carte de 1500 pose aussi des problèmes aux géographes, il décrit des terres pas encore découvertes, est le fils (ou le neveu) de Jean Cossa, Sénéchal du roi René, ce Jean Cossa est enterré à Tarascon, à côté de sainte Marthe, soeur de Marie Madeleine, et compagne de Sainte Margarita... au moins sur certains tableaux, à Saint Etienne de Tinée, Marguerite est même appellée Marthe !

Ce Juan de la Cossa était le propriétaire de la Santa Maria (en fait la Galicienne, il l'a débaptisée pour le voyage de 1492) qui emmena Colomb en Amérique, c'est lui aussi qui transportera Amérigo Vespucci en 1499 (à bord de la Magdalena), et c'est lui qui mènera Pizarre, qui découvrit l'Or des Incas, Balboa, qui découvrit l'Océan Pacifique, Bastida, qui initia la recherche de l'Eldorado, et par là les mines d'argent de Potossi et Cortes, qui découvrit l'Or des Aztèques devait embarquer avec eux, mais il était malade... il les rejoignit par le bateau suivant !

C'est lui aussi, lors du voyage avec Vespucci qui découvre Margarita et ses bancs d'huîtres perlières !

Comme il est "prouvé" que les cartes de Cossa et de Waldseemüller ont bénéficié de renseignements "privilégiés", comme on sait que Vespucci n'a pas fait les voyages dont il se vante dans son livre, mais que malgré cela il les dédicace au Roi de Jerusalem, René de Lorraine, petit-fils du roi René, et à Maximilien de Habsbourg...

Le livre de Vespucci étant écrit en latin, c'est un nommé Bartoloméo Gioccondo qui le traduit en italien... on le prétend époux de la Joconde !

Il n'est donc pas exagéré de dire que ceux qui découvrirent l'Amérique et les endroits où il y avait de l'or en Amérique du Sud avaient des liens avec des gens inscrits sur une liste insérée dans un opuscule connu sous le nom de "Documents secrets du Prieuré de Sion"...

Que l'on se représente la différence de temps qu'il a fallut pour trouver les richesses de l'Amérique du Nord, et celles de l'Am'Sud... moins de 25 ans après la découverte officielle du continent (1498 - Paria), il n'y a plus rien à trouver ! Tout est dans les caisses des Habsbourg !

Mon livre ne fait que le constater... mais je ne prétend pas que Colomb, Vespucci ou quiconque protégeait qui que ce soit et surtout pas une lignée divine !

Mais je suis obligé de dire que la liste des GMPS est pertinente, au moins dans l'énumération pour la période en question.

Pour le reste de ce que l'on affirme sur le Prieuré et ses activités plus tardives, je n'ai aucune idée vraiment arrêtée, quoique le messianisme impérial, à son apogée avec Charles V, est explicitement basé sur l'existence de lignées... mais en aucun cas à notre époque.

Mais on pourrait se demander pourquoi ces GM présumés s'activent autour des acteurs de la Découverte ?

C'est le thème de mon livre, et la raison de son titre. L'Ambition des Barbares, qui ont envahi et détruit l'empire romain d'Occident, et dont les descendants sont encore à la tête des principales familles régnantes. Je rappelle qu'en 1789 Seyes prétendra que les causes de la révolution française :"sont la revanche des exploités celtes, sur les possédants germains" et entrainera le fameux débat (dont la France a le secret) connu sous le nom de "Latinistes et Germanistes", ces Barbares, donc poursuivent leur rêve, qui est la domination mondiale. Et l'or de l'Amérique doit servir leur ambition.

En 1492 Isabelle la Catholique chasse les Maures d'Europe ! Dans le même temps, un navigateur affirme qu'il a "découvert" de nouvelles terres à l'ouest, le pape (Borgia, un Espagnol) concède aux Espagnols et aux Portugais la jouissance des "Nouvelles Terres", on peut s'étonner de ce partage de terres pas encore découvertes...

Mais la concession papale est au nom du souverain de Castille !

Isabelle est selon beaucoup une usurpatrice, mais sa victoire sur les Maures lui donne pour le moment du crédit. Et après ?

Ce n'est rien de dire que l'héritage est convoité : Maximilien de Habsbourg marie deux de ses enfants, à deux enfants d'Isabelle, Manuel du Portugal épouse à la suite deux filles d'Isabelle, puis la petite fille de la Catholique !

La guerre diplomatique, et secrète qu'a dû être cette époque...

Toujours est-il que les richesses concédées par le Pape aux Espagnols à Tortedillas... tombent en 1519 dans la poche de l'Empereur du Saint Empire, Charles de Habsbourg !

Pour faire un lien "davincicodesque", quand le trésor des aztèques arriva à Cadix, Charles V était présent, avec Albert Dürer, nombre d'Or, tableau Jugement Dernier avec sceau de Salomon...

Alors pour moi, qui voulait relier le secret des Templiers à Margarita, c'est pain béni, et après avoir fait ces constatations sur les découvreurs et le "Prieuré de l'époque", j'ai bien sûr cherché dans les secteurs touchant au PS, et bien évidemment Rennes le Château et ses affaires liées... et je n'y ai trouvé que des confirmations.

Sans pour autant trouver de mention de "Prieuré de Sion".

WM : Si l'on vous suit toujours, est ce à dire que le " trésor " de l'abbé Saunière serait d'origine américaine ?

Un trésor appartient à celui qui le dépense, il est donc bien à Saunière, quant à son origine...

Je n'en ai aucune idée, pour la bonne raison que mon livre essaye surtout de démonter l'opération de désinformation montée à l'occasion de la découverte de l'Amérique... je n'ai donc pas enquêté sur la période pré-colombienne et la manière dont les Templiers auraient ramené l'or des Amériques en Europe, et Juan de la Cossa, dont je viens de parler est apparu assez tardivement dans mon investigation... je le prenais au départ pour un simple cartographe, et je l'avoue humblement peu déterminant dans cette affaire.

Au fur et à mesure que mon opinion évoluait, je regrettais ce parti-pris.

Parce que Juan de la Cossa, qui est catalan, m'a amené un lien direct avec Rennes le Château, malheureusement à l'heure où le livre était en fabrication.

Bon, le lien c'est pas un acte de mariage entre Colomb et la grand-mère de Saunière, c'est plus subtil, plus lâche... mais, faut un début à tout.

Le rapport, jusque là avec le village de Saunière était "culturel". Dans mes recherches je "tombais" souvent sur les mêmes peintres, sur la même statuaire religieuse, sur les mêmes noms mais jamais sur un lien direct.. hormis les GM du Prieuré !

Mais Cossa en 1494 fait partie du deuxième voyage de Colomb, il les a tous faits d'ailleurs sauf le dernier, et l'aumonier général de l'escadre, le RP Boil est le prieur des Ermites de Montserrat. Avant cela, Boil a négocié avec le roi de France le retour du Roussillon et de la Cerdagne dans le giron catalan, ce n'est donc pas un comparse.

Cela m'interpelle, comme l'on dit, puisqu'il y a un pataquès sur les Vierges Noires à Margarita, j'essaie de voir par là, et je trouve d'abord qu'un des compagnons de Boil, catalan aussi, affirme avoir découvert Margarita au cours de ce voyage de 94, ce qui est impossible l'île a été découverte (officiellement) en 98, mais c'est déjà un élément, et ce prosélyte de la Virgen Negra de Montserrat, rentré en Catalogne finit ses jours à Saint Michel de Cuza, au pied du Canigou... alors bien sûr, c'est un fil ténu pour affirmer que RLC a servi de cache au trésor de l'Amérique, mais c'est un fil, qui rajouté à d'autres décrits dans mon livre, approche la Catalogne du mystère de la Découverte.

Notons simplement que le prieur des ermites de la Vierge Noire de Montserrat, qui a négocié le retour du Roussillon dans le giron catalan, est allé en Amérique avec un initié proche du PS (appelons-le comme cela) et qu'il a terminé sa vie près de Rennes le Château...

Les Templiers ont fréquentés les rives de l'Amérique avant 1310, c'est une évidence. De Mahieu avant d'écrire "Les Templiers en Amérique" avait produit une thèse universitaire, "L'imposture de Christophe Colomb - La géographie secrète de l'Amérique."(Ed. Copernic) ses arguments sont, on ne peut pas dire irréfutables bien sûr, mais ils sont sérieux. Ambelain le confirme, Charpentier aussi, Markale le laisse entendre, Druon même le soupçonne... et Simon Wisenthal, dans son livre "La mission secrète de Colomb" ne l'exclut pas...

Les gens qui ont participé activement à la Découverte et qui ont découvert des richesses inimaginables avaient TOUS, oui TOUS des relations avec les gens inscrits à la rubrique Grand Maître, dans les "Documents secrets du Prieuré de Sion", il suffit de lire les livres qu'ils écrivirent, les cartes qu'ils tracèrent... personne ne les conteste !

Ces richesses promises par le Pape à la Castille se sont retrouvées dans les poches d'un Habsbourg, aucune discussion possible !

Mais si ces trésors ont transité en Europe avant 1492, et pour les perles de Margarita et l'argent de Potossi il semble que ce soit le cas, alors à mon avis la Catalogne et le Roussillon sont des endroits par où les butins transitèrent, ou furent stockés, c'est évidemment une nouvelle piste pour l'origine du trésor de Saunière. Et Dan Brown, et il est loin d'être le seul, ne prétend-t-il pas que les Archives du Temple ont quitté la France en 1314 du port de la Rochelle... n'y aurait-il eu meilleure cache qu'en Amérique ? A Margarita ?

Et tous ces gens proches du Prieuré n'avaient-ils comme mission de ramener ces Archives en Europe, en Catalogne...

Mais cela n'est pas prouvé, mais a-t-on seulement cherché à le savoir ?

WM : Qu'est ce qui, concrètement, vous a amené à penser que les Templiers étaient passés dans cette région des Caraïbes (l'Île de Margarita) ?

Margarita pose un souci aux vrais (merci pour nous) historiens. Colomb la découvre le 15 août 1498, la nomme mais ne s'y arrête pas. Jusque là pas trop de problèmes, il ne pouvait aborder partout.

Mais rentré au pays il dit l'avoir appelé Margarita à cause des perles qu'on y trouve... Comment le savez-vous puisque vous ne vous êtes pas arrêté ! objecte-t-on subrepticement.

Et là Christophe se prend les pieds dans la drisse de foc, il répond :

- Inspirado per Dios ! Certes, il était dévot mais malgré cela personne ne le crut.

Le professeur Manzano (années 70) en a fait une thèse de 600 pages, sa conclusion est ferme, Colomb a menti, il connaissait Margarita !

Ce voyage de 98 est celui de la dernière chance pour Colomb, lors de ceux de 92 et 94 il n'a découvert que des îles, dont on prétendait qu'elles étaient connues par les anciens... Antilles vient de deux mots portugais qui veulent dire : Vieilles îles (ante-isla), Colomb avait d'ailleurs fait signer une déclaration à ses compagnons (connue sous le nom de Perez Luma) qui affirmait que Cuba est une Terre, un continent ! Seul Juan de la Cossa émettra des réserves... bref, il est tellement sûr de lui qu'il déclare avant son départ de 98 qu'il va découvrir : le Paradis Terrestre ! Pas moins, on possède encore la carte que Christophe fit avec l'entrée du Jardin d'Eden...

Il embarque, arrivé au Cap Vert, il sépare son escadre en deux, envoie une partie à Hispaniolia, et ne "gardant que les hommes dans lesquels il a confiance" (Las Casas) il prend une route beaucoup plus basse et arrive en Amérique du Sud, à Paria, et alors que cette fois-ci il a trouvé la Terre Ferme (il arrive en face de l'Orénoque, fleuve monstrueux qui ne peut en aucune manière trouver son débit sur une île), il est donc sur un continent et il baptise l'endroit : Ile de Gracia !

On peut difficilement faire plus tortueux !

Il interroge les indiens pour connaître l'origine des perles qu'ils possèdent, les locaux le renseignent... il se dirige "en sortant de la Bouche du Dragon", ce sont les mots de Colomb, vers l'île aux perles... et là ne s'y arrête donc pas. Il trouve le temps de nommer des îlots proches de Margarita, Los Guardias... gardiens de quoi ? Il continue vers Hispaniolia, envoie une lettre secrète aux Rois Catholiques, on possède encore la lettre, cette lettre est détournée et tombe aux mains de l'Obispo da Fonseca qui a des "amitiés occultes" dit Las Casas, et qui charge Alonso de Ojeda de partir en expédition avec Juan de la Cossa et Amérigo Vespucci, sur un bateau appellé... la Magdalena, et dont les voiles sont également frappées de la croix pattée !

Moins d'un an après Amérigo baptise l'Amérique, et lui, s'arrête à Margarita !

Ce sont les premiers éléments de la Découverte qui me font penser qu'il y a un schmilblick.

Et à Margarita, la colonisation ?

Contrairement à tous les sagouins (ce n'étaient pas des poêtes, je veux dire) qui eurent des autorisations pour exploiter les nouvelles terres, Margarita est confiée tardivement à un Grand d'Espagne, Manrique. Il meurt juste après, c'est donc sa fille Isabelle, qui donne la direction des opérations de peuplement à un nommé Villadiego, originaire de Padramos, qui en arrivant à Margarita change de nom, ce changement est inscrit aux Archives Royales, il préfère s'appeler Villardiga, du nom d'une commanderie Templière d'Estramadure !

Il ne trouve rien de mieux que d'appeler le village qu'il crée Saint Jean Baptiste, avec sur le blason la croix de Santiago, l'Ordre qui a "remplacé" les Templiers en Espagne, et la date du 24 juin, fête du Baptiste ! Si ça sent pas le Templier !

C'était le premier pas, le second m'emmènerait dans les arcanes de la statuaire catholique, j'en suis pas encore sorti !

A Margarita on honore la Purissima, Nuestra Senora d'El Valle, il existe un pélerinage le 8 septembre (évidemment, toutes les vierges un peu sulfureuses ont leur commémoration ce jour-là...), c'est le plus vieux du continent sudaméricain.

Selon une tradition, cette Vierge aurait été trouvée dans une grotte par un indien guaiquirie. Les historiens d'ici sont chrétiens, mais réalistes et ils se trouvent face à un problème : on trouve des dévotions pour la Virgen del Valle dès la colonisation (1508), mais on en est absolument certain : aucune statue de Vierge n'est entrée dans l'île à cette date, hormis une statue de ND del Pilar (frappée de la croix pattée !), offerte par la Reine à ses sujets de Margarita... il faut bien admettre que cette statue soit venue là, miraculeusement, c'est un choix, ou que quelqu'un l'ait mise là avant que les colons n'arrivent... c'est ce que j'ai envisagé.

Après les balbutiements de la découverte, ce sont les premiers éléments qui m'ont conforté dans ma conviction d'une occupation européenne précolombienne à Margarita.

Le reste de mes investigations a confirmé cette impression, les plus déterminants étant les interrogations nombreuses sur la "couleur des Guaïquiries", Colomb et Vespucci diront : Les Indiens les plus blancs que nous ayons vus... Humbolt : Les Guaïquiries... fiers d'être moins métissés que ceux de la bande Nord... on possède des tas de témoignages sur le "look" des habitants de Margarita. Jusqu'à Cousteau, qui a fait des recherches sur l'Atlantide qui dit " des indiens blancs qui attendaient des guerriers venant de la mer et vêtus de lumière".

Un historien local (Gomez) se demande même pourquoi la Caciqua (Reine) qui était présente lors de l'arrivée des premiers colons à Margarita s'appelait... Isabelle !

J'avais été aussi frappé par de nombreuses relations de Las Casas lorsqu'il parle de cette découverte, à l'Arcadie et à l'Alphée... surprenantes sous la plume d'un Inquisiteur ! Le père de Bartoloméo Las Casas, qui est l'Historien de la Découverte, était un juif converti, comme Torquemada, et faisait partie du deuxième voyage de Colomb, avec Juan de la Cossa.

Un autre fait historique, plus tardif devait également me ramener vers l'Arcadie : Franscisco de Miranda qui est le Précurseur de la révolution sudaméricaine avait fait un projet politique pour les territoires libérés du joug espagnol : Un seul pays du Mississipi à la Terre de Feu, une seule constitution, avec deux Incas pour diriger, une langue, le castillan (sauf au Brésil), une religion, le catholicisme, un drapeau (bleu, jaune, rouge encore dans beaucoup de pavillons sudaméricains). Un seul nom : la Grande Colombie ! Mais pour ce Franc-Maçon de Miranda, Margarita ne devait pas faire partie de cette entité ! Les Frères considéraient-ils que l'île était particulière...

Margarita fera partie du nouveau pays, Miranda sera emprisonné par les Espagnols, et l'île prendra comme nom officiel (c'est encore son nom administratif) Nueva Esparta, Nouvelle Sparte, comme chacun sait, à proximité immédiate de l'Arcadie !

Bref de multiples ouvertures vers nos "dadas", et ayant lu le livre, vous pouvez le confirmer, je ne fais souvent que relever ces incohérences, ces possibles liens laissant la porte ouverte à d'autres pour un approfondissement... je n'ai rien gardé de mes découvertes ! Tout est dans le livre, ou sur mon site web, je ne souhaite pas découvrir la vérité, je souhaite qu'elle éclate ! Et je dis sincèrement, bonne chance à tous !

WM : Vous semblez accorder beaucoup d'importance aux révélations de Guy Tarade (in Arcane 10) selon lesquelles Bérenger Saunière serait passé à Lucéram, dans les Alpes Maritimes. Pourquoi ?

Pourquoi Lucéram ? C'est à cause du moteur de recherche de votre site et à Guy Tarade, que vous aviez référencé.

J'enquêtais sur le nom de Margarita. Je l'ai dit plus haut, les perles ce n'était pas satisfaisant, les justifications de Colomb, puis de ses fils, puis de Las Casas étaient trop lourdes pour être vraies. Las Casas, qui parle de la conquête des Indes consacre un chapitre de son livre à l'histoire de l'huître à travers les âges... Colomb a découvert des milliers d'îles, jamais il n'y a de propos sur les noms qu'il donne !

Ici, on affirme que le nom de Margarita est dû à Margarita de Habsbourg, fille de Maximilien. Margarita avait été mariée à Don Juan, héritier d'Espagne, mais son mari était mort avant les noces. Cela allait dans le sens de ma théorie... mais, plutôt que de m'engouffrer dans cette brèche, j'ai douté.

Pourquoi ne pas croire à cette version ? Simplement parce qu'aucune source historique ne la donne, et je pense que si Colomb avait donné le nom de Margarita en l'honneur de la fille de l'Empereur, il l'aurait dit ! Surtout qu'à l'époque où sont relatés les voyages de Colomb (ses fils, Las Casas, Gomara...) c'est le neveu de Margarita qui règne en Espagne.

Je me suis donc tourné vers la Sainte, et je n'ai pas été déçu, puisque comme attribut elle a le Dragon, et la Perle... dans la description de Colomb, c'est à la "sortie de la boca (bouche) del Dragon qu'il trouve Margarita (perle en latin)" entre autre. J'ai donc cherché où il y avait des sanctuaires de cette Sainte, et j'ai été orienté vers... Lucéram. L'église possède un trésor (le plus beau de France) et dans les divers éléments de ce trésor une "Marguerite issant du Dragon". Je baguenaudais sur le web à la recherche d'infos, mais ce que je trouvais ne m'affolais pas :

Lucéram avait appartenu à Charles d'Anjou, ouais, mais pas convaincu...

Lucéram était proche de Biot, qui fut un grand port templier, ouais...

Bref, j'envisageais la voie sans issue dans laquelle nous, les forçats de la recherche non-subventionnée, nous engageons souvent.

Et puis lors d'un surf sur votre site, quand je trouve pas chez Google, je viens me réconforter chez vous, je tente un "Lucéram" de la dernière chance, dans la rubrique "recherche", et là je suis renvoyé dans les cordes, je "tombe" sur le livre arcanne X, qui affirme que Saunière pour peindre la Madeleine de Rennes se serait inspiré de celle de l'église de Lucéram !

Je sais que ce voyage de Saunière est remis en cause, mais ce qui n'est pas remis en cause c'est qu'un auteur l'affirme, et c'est sans doute aussi important. Pourquoi Guy Tarade aurait affirmé cela s'il n'avait des éléments pour le dire ? Pourquoi justement Lucéram, même le Larousse ignore où se trouve ce village, c'est dire ! Si Tarade le dit, c'est qu'il a des raisons de le dire, et peut-être n'arrivera-t-on jamais à prouver que Saunière s'est rendu à Lucéram, mais les éléments qui permettent à Guy Tarade de penser qu'il est venu me suffisent !

Et je me suis passionné pour ces villages du haut-pays niçois Sospel, Cimiez, La Brigue et bien évidemment Lucéram et les peintures des frères Bréa...

Les peintures murales !

Et Saint Etienne de Tinée, à un jet de Pierre Philosophale, où l'on confond Margarita et Marthe !

Depuis, pas un jour que je n'essaie de décoder le retable de Lucéram, parce qu'entre autre chose, le retable de Lucéram peint par Louis Bréa représente, sur une douzaine de saints peints, les saints patrons des 6 premiers villages de Margarita !

Sainte Marguerite, Saint Jean Baptiste, Saint Jean l'Evangéliste, Saint Antoine, Sainte Anne, Pedro Martyr et Sainte Barbara...

Je n'avais jamais entendu parler de Pedro Martyr... c'est le premier nom donné à la ville de Porlamar de Margarita, en 1524 !

Et je le trouve aussi à Lucéram !

Et c'est un ancien Cathare !

Si c'est pas de l'argument béton !

Sainte Barbara n'est pas le nom d'un village mais la Sainte à la Tour est très, très présente à Margarita, et avec Barbara, c'est le Da Vinci Code en temps réel !

WM : Vous semblez également très intéressé par la statutaire de la chapelle du village abandonné de Périllos, près d'Opoul ? Pourquoi ?

C'est le da Vinci Code, qui m'a amené à Périllos, je jure que je ne sais même pas où c'est ! L'histoire que je raconte dans le livre est absolument véridique, je le jure aussi. Bref, il y a une foule de saints à Margarita, mais les deux qui ont le plus la côte sont La Virgen del Valle et Santa Barbara... j'étais passé cent fois à côté de statues, on en vend partout, de cette sainte sans y prêter attention. Jusqu'au jour où mon fils me dit que Santa Barbara avait les symboles du da Vinci Code. J'achetai donc une statuette, la ramenai chez moi pour expertise. Les sites spécialisés étaient formels, les attributs de cette sainte sont la Tour à trois fenêtres, et la palme puisqu'elle est martyr, certains sites disaient que parfois on pouvait la voir représentée avec une hostie, ou un calice. Le fait même de le signaler signifiait que l'attribut légitime de Barbara était la Tour.

Or la nôtre des Barbara, en plus de la Tour, elle possède TOUJOURS une épée et une coupe ! Les deux symboles qui permettent à Langdon et à la petite Saunière de trouver le "Graal" à Roslyn, les symboles masculins et féminins qui mis l'un sur l'autre représentent le Sceau de Salomon !

J'ai écumé tout les sites web de la chrétienté, jamais je n'ai trouvé une Barbara avec les attributs qu'elle a à Margarita. Même en Amérique du Sud !

Botticelli qui mets des Sceaux de Salomon dans sa peinture, Dürer aussi, Dan Brown qui le remarque... et à Margarita, Santa Barbara qui arbore fièrement l'étoile de David.

D'autant que, on représente Barbara avec une tour parce que son père païen l'ayant enfermée, elle fait percer une troisième fenêtre en l'honneur de la Trinité, et que son père furieux la tue, etc.

Mais la Tour a toujours les trois fenêtres, c'est même son seul intérêt, ici la Tour a parfois deux fenêtres !

Pour ceux qui connaissent la statuaire catholique, ces anomalies ne peuvent pas être des détails.

Barbara est un des éléments importants de ces énigmes...

Alors, quand je dis que je ne l'ai jamais trouvé sans ses attributs, je devrais dire sauf sur votre site, dans une des enquêtes de l'ODS à Périllos.

Mais franchement je ne connais pas trop Périllos et ses mystères, alors je n'ose m'aventurer, sauf pour dire que les enquêteurs affirmaient que la Vierge de Périllos et qui était assurément Barbara, était une Vierge Noire retrouvée dans un champ par un paysan (affirmation certes contestée, par ailleurs...), mais cette histoire de Vierge Noire retrouvée me fait furieusement penser à une autre Vierge Noire retrouvée, et qui elle a un rapport direct avec la découverte de l'Amérique, c'est celle de ND de Guadalupe ! D'Estramadure, évidemment !

Colomb baptise l'île qu'il découvre le 4 novembre 1493, Guadeloupe, en l'honneur de la Virgen Negra de Guadalupe en Estramadure... en 1531, au Mexique un paysan "voit" une Vierge qui lui demande de construire, comme d'habitude, une église... visite à l'évêque, refus, réapparition, re-refus jusqu'à ce que l'évêque demande une preuve... la Vierge s'imprimera sur la chemise du paysan. Ce qui convainc l'évêque et donne le coup d'envoi de la dévotion pour cette sainte. On n'a toujours pas expliqué scientifiquement comment l'Image s'était imprimée sur la chemise, que l'on possède encore...

On a cru jusqu'au début du XX° siècle que l'île de la Guadeloupe était nommée ainsi en l'honneur de ND de Guadalupe du Mexique, alors que c'est l'inverse la Vierge du Mexique est nommée en souvenir de la Vierge Noire d'Estramadure. Il a fallu attendre Jean XXIII pour que la décision de l'Eglise soit officielle...

C'est sans doute Cortes, originaire d'Estramadure qui est intervenu pour faire nommer ainsi la Brunette du Mexique...

Maintenant une coïncidence, mais j'ai dit tout à l'heure que Cortes avait été emmené en Amérique par Juan de la Cossa, descendant de Jean Cossa, Sénéchal du roi René et d'origine napolitaine... un autre Cossa, originaire également de Naples, et contemporain de Jean est resté célèbre, il s'agit de l'anti-pape Jean XXIII, Balthasar Cossa... étonnant non ?

WM : D'autres projets en cours ?

Avant de rendre l'antenne, je voudrais dire, que ce bouquin a été, et est encore une expérience exceptionnelle. Je le dis dans le livre, mais des aventures dans ma vie, j'en ai connues, et des pas banales. J'ai exercé le dur métier de safariste, j'ai vu des lions becqueter des buffles, des éléphants forniquer, j'ai monté des expés en brousse pour rechercher Pangouarga, la Grande Montagne Noire des Gourmantchés, j'ai connu la révolution sankariste, mon associé a été assassiné à la kalachnikov puis brûlé, j'ai bossé avec Bocuse, pour Raymond Barre, contre Michel Noir... tout cela n'est rien à côté du bonheur provoqué par la recherche et par l'écriture d'un livre !

Tenir son premier livre, c'est 100 000 fois faire l'amour !

Avant de débuter l'Ambition Barbare (il y a 18 mois) je ne savais pas me servir d'un ordinateur et Internet m'était totalement inconnu... j'ai tapé 1 000 000 de caractères depuis, et fait des sites web, et je suis patron de bistrot de formation !

C'est dire si c'est à la portée de tout le monde. Même toi qui lit ce propos ! Surtout toi !

Moi, toi, nous avons pour entreprendre des recherches 10 000 fois plus de moyens et d'informations que des tronchus comme Druon ou de Sède, c'est dire si le champ est large ! Tout est à revoir ! Et nous avons le monde à portée de clic !

En plus cette "affaire" de RLC est tellement passionnante, si large, si enthousiasmante que naviguer dans le virtuel à la recherche d'infos pour conforter tes soupçons est une des choses les plus excitantes qui soit !

Lâchons la grappe à Bérenger, son trésor il l'a trouvé et bouffé, mais cet argent il venait bien d'ailleurs... c'est l'ailleurs qui donnera la solution, alors : Fouillons l'ailleurs !

Et l'ailleurs nous rémènera forcément à Rennes !

A vos claviers !

Alors des projets...

D'abord faire traduire mon livre en espagnol, au moins la partie "américaine", puis et cela on est en train de le faire, réaliser une carte de Margarita Mystérieuse, il y a une bonne douzaine de sites qui peuvent être visités dans le cadre d'un circuit touristique, cette carte sera accompagné d'un guide, condensé du livre.

Ensuite, j'essaie de trouver un éditeur pour une nouvelle édition. La première le fut grâce à mon ami éditeur Micha Ramsaier, qui m'a fait confiance, mais cet éditeur a un gros défaut, il habite à Margarita également et sa spécialité (des guides touristiques russes !) ne permet pas une diffusion facile, il faudrait donc que je trouve un éditeur "classique" en métropole qui puisse utiliser ses réseaux de distribution. J'ai des amis qui m'aident actuellement, mais je me rends compte qu'à long terme ce n'est pas vivable.

On ne peut bien vendre un livre en vivant à 10 000 km de son marché potentiel.

Et je suis en train d'écrire un deuxième livre... sur le même thème, mais totalement différent dans la forme ! Le synopsis est fait, une bonne partie de l'écriture aussi, et le titre est quasiment arrêté, j'ai peur de le donner... "Les Symboles Premiers du Prieuré de Sion" !

Du rire, de l'action, de l'aventure, du mystère, des énigmes et du sexe !

Un livre normal.

Salut et encore merci pour votre invitation.

Et un lol sonore à tous les habitués de votre site.

Mâtin, quel site !

WM : Merci Philippe Duquesnois et bon vent.

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