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Sondages
et Fouilles à Rennes-le-Château.
Communiqué Officiel
de Monsieur Paul
J. Saussez,
mandaté par le Professeur Eisenman
LES
FOUILLES ARCHEOLOGIQUES AURONT LIEU
AU PRINTEMPS 2002
Le
Consortium, intervenant scientifique et technique
"Consortium
Rennes-le-Château" est le nom que s'est donnée l'association
inter-universitaire qui assure la partie scientifique et technique du
projet de fouilles archéologiques prévu sur la commune de Rennes-le-Château
(Aude), qui avait été annoncé lors d'une conférence de presse organisée
sur place le 14 juin dernier, et à laquelle
les média ont réservé un retentissant écho.
Le
Consortium associe trois personnalités académiques: le Dr Robert
Eisenman, professeur de religions et d'archéologie du Moyen-Orient et
directeur de l'Institut pour l'Etude des Origines Judéo-Chrétiennes à
la California State University Long Beach (USA), le Dr Harry Jol,
professeur de géographie à l'University of Wisconsin Eau Claire (USA) et
le Dr Andrea Barattolo, professeur d'histoire de l'art et d'archéologie
à la faculté de philosophie et lettres de l'Universita degli Studi
Macerata, près d’Ancône (Italie).
Le
Dr Robert Eisenman, qui assure la direction du Consortium, est un des plus
éminents spécialistes mondiaux en matière
d'exégèse des Manuscrits de la Mer Morte. Il a joué un rôle
majeur de 1986 à 1991 dans la diffusion de ces manuscrits, dont l'étude
et la publication avaient
longtemps été la chasse gardée des pères dominicains de l'Ecole
Biblique de Jérusalem.
Le
Dr Robert Eisenman est l'auteur de nombreux ouvrages de référence sur le
sujet, entre autres "Les
Manuscrits de la Mer Morte Révélés" publié en 1995. Son
dernier livre "James, the
Brother of Jesus", qui remet en cause la personne de St Pierre
comme successeur du Christ à la tête de l’église de Rome, a été
acclamé par la critique anglo-saxonne lors de sa publication en 1998,
mais n'a malheureusement pas encore été traduit en français.
La
fondation Merrill
La
fondation Merrill est une institution strictement privée. Ce sont des mécènes
au sens traditionnel du terme, avec qui le Dr Eisenman collabore depuis de
nombreuses années. La fondation est basée à Palm Beach en Floride. Elle
n'intervient pas au plan technique, et se contente de financer les opérations
archéologiques. Il n'y a donc pas plus de sens à dire que la fondation
Merrill procédera à telle ou telle fouille, qu'à dire que le Crédit
Lyonnais gagnera la coupe de France de football, parce qu'elle sponsorise
l'Olympic de Marseille !
Sondages,
tombeaux et coffre
A
partir de différents témoignages, d'une part, et de documents
historiques, d'autre part, le Consortium a procédé dans le courant du
mois d'avril dernier, à l'invitation et avec l'autorisation du maire de
Rennes-le-Château, Monsieur Jean-François Lhuilier, à une campagne de
sondages non destructifs dans l'église Ste Marie-Madeleine et dans la
tour Magdala, érigée par l'abbé Bérenger Saunière il y a une centaine
d'années.
Ces
sondages ont été effectués au moyen du système GPR (Ground Penetrating
Radar) qui propage dans le sol des ondes électromagnétiques à haute fréquence.
Le temps de réfraction de ces ondes permet de détecter les incohérences
dans les matériaux rencontrés. Ce fut le cas dans l'église ainsi que
sous la tour Magdala.
En
revanche, ce système n'est pas en mesure de déterminer la nature des
incohérences rencontrées ni leur composition. Avancer que l'on aurait
ainsi découvert "des tombeaux", voire "une crypte",
sous l'église ou encore "un coffre" sous la tour Magdala sont
des interprétations circonstancielles et prématurées au plan
strictement scientifique. Ce n'est en tous cas pas le langage des rapports
que nous avons remis, qui ne parlent, pour désigner ces incohérences,
que "de réfractions hyperboloïdes
indiquant des caractéristiques potentiellement différentes par rapport
aux matériaux environnants"!
Ceci
dit, il est logique de supputer qu'une église médiévale abrite des sépultures,
et le fameux registre paroissial du fonds Corbu-Captier nous révèle
qu'en 1705, une certaine "...Dame
Anne Delsol... a été inhumée...dans l'église de ce lieu, au tombeau
des seigneurs qui est auprès du Balustre...".
Toutefois,
la plus grande prudence s'impose, car d'innombrables fouilles ont déjà
été effectuées dans cette église, d'abord par l'abbé Saunière lui-même,
puis par des "chercheurs" de tout acabit entre 1956 et 1967.
N'aurait-on pas tout simplement détecté
les traces de ces perturbations antérieures ?
Pour
ce qui concerne la tour Magdala, nous disposons du témoignage de Monsieur
Jean-Louis Génibrel, citoyen américain d'origine française, résidant
à Long Beach, Californie, ce qui explique en partie comment il est entré
en relation avec le professeur Eisenman. Il relate, dans une déclaration
faite devant notaire, que son arrière-grand-oncle avait aidé l'abbé
Saunière à enfouir "...au
moins une boîte et d'autres objets..." sous la fondation de la
tour. Il n'est donc pas question de "coffre", tout au plus d'un
"coffret".
Par
ailleurs, cet indice n'est pas nouveau. Si Noël Corbu et après lui Henri
Buthion ont creusé le sous-sol de la tour, c'est qu'ils disposaient eux
aussi d’informations, et pourquoi pas les mêmes ? En tout état de
cause, ils n'ont rien trouvé.
Du
point de vue strictement scientifique, et en l'absence de tout autre
indice concordant, l'anomalie qui a été détectée pourrait très bien
n'être qu'un débris de construction.
Quant
au contenu supposé de la "boîte", ce qu’en a relaté la
presse jusqu'à présent relève de la spéculation pure et simple.
Dernière
précision: le système GPR mis en œuvre à Rennes-le-Château n'a pas
servi à détecter des pièces secrètes dans la pyramide de Guizeh en
Egypte, comme on a pu le lire dans certains journaux. L'équipe revenait
en fait d'une campagne à Qumran, en Palestine, où ont été découverts
de 1947 à 1954 les fameux manuscrits de la Mer Morte.
Robadoba,
le Vatican, Hérode et Marie-Madeleine
Ceci
nous amène naturellement à faire une mise au point concernant la société
italienne Robadoba, qui était présente lors de la conférence de presse
du mois de juin dernier.
Cette
société intervenait pour son propre compte en tant qu'agence de
relations publiques. Nous tenons à souligner que ni Robadoba, ni
d'ailleurs le Consortium, n'ont aucun lien quelconque avec le Vatican, qui
est totalement étranger à cette affaire. Toutes les déclarations en
sens contraire qui ont été recueillies, ainsi que celles concernant "la
destruction de documents" et
"la présence à Rennes-le-Château de Hérode Antipas en compagnie
de Marie-Madeleine" n'ont aucun fondement sérieux. Elles ont été
brodées à partir de boutades lâchées imprudemment lors d'un repas
organisé au restaurant "Les Deux Musées" à Espéraza.
L'écho
démesuré donné à ces propos de table nous force néanmoins, en tant
qu'intervenants scientifiques à qui la parole n'avait pas encore été
donnée, à rétablir les faits dans leur réalité, outre les promptes
mises au point faites par Monsieur le maire dans L'Indépendant et sur le
site www.rennes-le-château.org.
Méandres
administratifs
Comme
les sondages avaient conforté les indices à l'origine du projet, il
fallait songer aux fouilles. On attendrait la fin des vacances pour les
uns, de la saison touristique pour les autres, et l'agenda de chacun
s'ouvrit sur une page vide au mois de septembre, que l'on annonça comme
la date prévue pour les opérations.
C'était
oublier les exigences de l'administration compétente en matière
de fouilles archéologiques !
Dans
l'euphorie du moment, et malgré les contacts préliminaires qui avaient
été pris par la mairie avec le service régional de l'archéologie de la
DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) à la Préfecture du
Languedoc-Rousillon, on avait quelque peu compté sans les méandres, et
surtout les délais, qu'allait requérir une demande d'autorisation d'opération
archéologique (c’est la terminologie officielle) en bonne et due forme
!
L'administration
avait fait savoir entre-temps qu'elle n'avait été saisie d'aucune
demande, et pour cause !
Ce
n'est qu'à la fin du mois d'août que le Consortium donnait mandat à
Monsieur Paul Saussez, architecte diplômé de l'ISA St Luc de Bruxelles,
pour effectuer les démarches administratives et techniques en vue d'établir
le dossier et de l'introduire auprès des autorités compétentes.
La
première partie de sa mission s'est déroulée sur place entre le 28 août
et le 3 septembre 2001.
Il
ressort des entretiens qui ont eu lieu avec la DRAC que la Commission
Inter-Régionale d'Archéologie (CIRA) n'instruira les demandes de
fouilles dites "programmées" qu'au courant du mois de février
2002. En conséquence, les travaux de fouilles ne se dérouleront, au plus
tôt, qu'au printemps prochain.
Le délai
sera mis à profit en seconde partie de mission, pour compléter le
dossier, qui requiert une grande précision et de nombreuses pièces
annexes en raison notamment de la protection dont jouit l'église au titre
de bâtiment classé à l'inventaire des monuments historiques depuis
1994.
L'ensemble
de ces informations a été porté à la connaissance de la municipalité
de Rennes-le-Château.
Précis
de législation archéologique
Il nous
paraît utile de préciser ici que l'autorisation de procéder à des
fouilles archéologiques n'emporte pas celle d'exploiter ce qui aurait été
découvert. A l'achèvement des travaux, tout ce qui aura été démonté
(dallages, etc.) sera remis dans son état d'origine et le chantier sera
recouvert. Il est donc exclu, dans le cadre du présent projet, de retirer
des fouilles de manière permanente quelque objet que ce soit, par exemple
pour l'exposer dans un musée, et encore moins d'organiser le site pour en
permettre la visite par le public.
L'exploitation
des découvertes archéologiques est régie par une législation et
soumise à des autorisations distinctes, que l'autorité municipale devra
requérir avant de pouvoir valoriser le site à des fins culturelles et
touristiques, si telle est sa volonté politique.
Rappelons
enfin que la législation en vigueur prévoit que la propriété des découvertes
mobilières est acquise au propriétaire du fonds, à savoir, tant pour l'église
que pour la tour Magdala, la municipalité de Rennes-le-Château. Toute spéculation
sur de prétendues revendications de la part du Consortium ou de la
fondation Merrill à cet égard témoigne, pour le moins, d'une totale méconnaissance
de la loi.
Conclusions
Pour ce
qui concerne le Consortium, le projet de fouilles archéologiques à
Rennes-le-Château s'inscrit dans une démarche purement scientifique et
académique, absente de toute préoccupation trésoraire ou ésotérique.
Il n'entre absolument pas dans nos intentions de satisfaire d'aucuns qui
voudraient que l'on mette à jour, qui le trésor de l'abbé Saunière,
qui le secret de l'Eglise, qui encore le tombeau du Christ, comme nous
l'avons trop souvent entendu. Ceux-là seront déçus.
En
revanche, nous sommes convaincus de pouvoir collaborer, par un travail
raisonné sur l'histoire et sur l'archéologie du lieu, à mettre en
valeur le patrimoine culturel et architectural d'un village et d'une région,
afin d'élargir leur intérêt, fut-il touristique, au-delà des acquis
qu'ils pouvaient partager jusqu'à présent.
Le
projet bénéficie, il faut le souligner, de circonstances
exceptionnelles:
•
si l'on excepte notamment les contributions de René Descadeillas, "Rennes et ses derniers seigneurs" et "Mythologie du trésor de Rennes" et celle de Brigitte
Lescure "Recherches archéologiques
à Rennes-le-Château du VIII° au XVI° siècles", c'est la
première fois que des institutions universitaires portent un intérêt
quelconque à Rennes-le-Château;
•
le projet est placé sous la direction scientifique d'une
personnalité académique de tout premier plan et de renommée
internationale, le professeur Robert Eisenman;
•
c'est la première fois en 36 ans que des fouilles seront
entreprises légalement sur le territoire de la commune, la municipalité
ayant décidé de lever l'interdiction du 28/07/1965 pour ce projet;
•
la partie scientifique apporte également le financement intégral
du projet.
La mise
à jour, si elle devait se confirmer, d'une crypte sous l'église
restituerait d'une part ce monument dans son intégralité, et apporterait
d'autre part bien des précisions sur l'histoire encore incomplète de la
seigneurie de Rennes.
En soi,
ce serait déjà un résultat de première importance.
Et
quand bien même nous trouvions ce fameux coffret sous la tour Magdala,
nous aurions en plus contribué à relancer un passionnant débat aux
dimensions désormais planétaires, dont Rennes-le-Château est
l'accueillant théâtre !
Pour le
Consortium Rennes-le-Château,
Paul J.
SAUSSEZ
07-09-2001
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