|

Voyage
Souterrain à PÉRILLOS

En conclusion de
notre précédente étude " Le mystère de l’Evangile de Jésus ", nous
vous annoncions un dossier à paraître sur les grottes de périllos.
Les cavités de ce secteur étant nombreuses, riches et variées, nous
fractionneront ce travail en plusieurs volets. Le premier, que nous
vous présentons aujourd’hui, porte sur deux cavités dignes
d’intérêt, car certains éléments laissent supposer que le seigneur
de Périllos les connaissait et s’y était rendu, notamment par une
étrange légende qui a perduré.
Quelques
précisions sur la grotte de la Caune de Périllos
Nous ne reprendrons pas l’étude de la
grotte de la Caune, puisque cela a déjà été fait par M. Douzet,
toutefois nous apporterons quelques précisions supplémentaires.
Cette grotte est indiquée sur la carte
IGN au 1 / 25 000 de Durban-Corbières sous le nom de "Trou de la
caune grotte", mais elle porte également deux autres noms moins
connus qui sont "Caune des trois arbres" ou "grande grotte de
Périllos". Au niveau géologique nous trouvons des calcaires en gros
bancs rouges de l’Aptien moyen. C’est une grande salle de 60 m X 40
m et de 10 m de hauteur, dans laquelle on peut pénétrer par un plan
incliné s’ouvrant au nord-est ou par un puits ouvert au plafond de
la salle. A l’intérieur se
trouvent, outre des croix gavées sur la roche, de gros massifs
stalagmitiques fossiles.

Le seigneur de Périllos a
effectivement dû se rendre dans cette grotte, tant elle est proche
de Périllos et tant son accès est facile.
Mais nous avons retrouvé deux autres
cavités où ce dernier est susceptible d’être passé. Pour la première
nous émettons cependant des réserves, car il ne s’agit pas cette
fois-ci d’une grotte, mais d’un aven… Nous rappelons à titre
informatif qu’un aven est un gouffre ou puits appelé aussi « barrenc »
dans la toponymie locale.
Le
Barrenc Bouzigue
Cet aven se trouve à 750 m environ de la grotte de la Caune près du
Cortal "La Bouzigue". Il s’agit d’un puits vertical de 75 m de
profondeur bouché par des éboulis. Au niveau géologique il s’agit de
calcaire en gros bancs Barrémo Aptien. On remarque que cette cavité
est assez proche du vieux village de Périllos, à 750 m environ. On
peut donc supposer que le seigneur de Périllos en ait eu
connaissance à son époque. Un élément intéressant tend à confirmer
cette hypothèse. Nous avons découvert une fabuleuse légende
concernant cette cavité. Celle-ci recèlerait une inscription du
seigneur de Périllos dans son antre !!!

A notre demande, deux spéléologues
chevronnés sont descendus dernièrement vérifier le bien fondé de
cette légende. Ils ont examiné minutieusement les parois au fonds du
puits et n’ont trouvé aucune trace de cette inscription. Ce qui ne
veut pas forcément dire que cette légende ne soit pas fondée. Toutes
les légendes n’ont-elles pas une part de vérité ?
Si nous admettons que cette légende est
vraie, alors pourquoi n’avons-nous rien trouvé de tangible ? Nous
pouvons émettre au moins deux hypothèses :
- le fonds du barrenc étant bouché par
des éboulis, cette inscription pourrait se trouver cachée dessous.
- ou alors il y a pu avoir confusion sur
l’emplacement de cette inscription qui pourrait se trouver dans une
autre cavité peu éloignée de celle-ci… C’est ce que nous pensons
pour la simple et bonne raison qu’il était plus facile pour Ramon de
Perellos de laisser un message dans une grotte plutôt que dans un
gouffre de 75 m de profondeur sans le matériel dont nous disposons à
notre époque. En effet nous vous rappelons le danger que représente
une telle descente dans ce puits sans matériel et sans pratique
préalable de spéléologie verticale.
La grotte
aux symboles
Nous avons retrouvé une autre grotte,
non répertoriée sur la carte IGN qui, selon nous,
fut incontestablement connue par le seigneur de Périllos. Nous
tairons volontairement son nom et son emplacement afin de protéger
ce site exceptionnel encore intact. Nous préciserons juste qu’elle
se situe sur la commune de Périllos.
Cette grotte comporte trois salles
distinctes, l’accès d’une salle à l’autre se fait chaque fois par un
passage étroit, qui est symboliquement "Le Passage" à l’initiation !
Ces trois salles mesurent environ chacune 5 m X 5 m et leur hauteur
est d’environ 3 m. Plus nous avançons dans la pénombre, plus le
spectacle est magnifique et lourd de sens.
Dans la première salle se trouvent
simplement des éboulis et une énorme concrétion appelée "méduse".

Dans la deuxième salle sur les parois et
le plafond, des centaines de fossiles sont incrustés dans la roche.

Autrefois à cet endroit se trouvait la
mer ! On remarque d’ailleurs dans cette salle une sorte de plaque ou
pallier qui indique l’ancien niveau de la mer. C’est par ce pallier
que nous accédons à la troisième salle, qui est on ne peut plus
initiatique !
Dans cette dernière partie de la grotte
se trouvent de splendides concrétions couleur ocre, stalactites et
stalagmites d’une incroyable beauté ! Mais le plus intéressant se
trouve au fonds de cette salle : il s’agit de plusieurs
représentations ésotériques en argile disposées en des endroits
précis. Nous pouvons affirmer sans crainte que cette grotte fut un
lieu de croyance et une grotte initiatique en des temps plus ou
moins reculés. Comme pour toute initiation nous notons que ces
représentations ne se situent pas à l’entrée de la cavité, qui fait
référence au Naos des égyptiens,
mais au
fonds de celle-ci, dans la partie la plus profonde et la plus
obscure, qui fait référence au Naos des égytiens. Celles-ci sont admirablement
conservées du fait que cette grotte a été protégée du passage de
l’homme. Nous ne pouvons dater avec certitude ces symboles, c’est
pourquoi nous nous en abstiendrons. Selon nous le plus important est
le symbolisme de chacune de ces représentations et le fait qu’il y
ait cette fois-ci en ce lieu … une inscription !!!

La troisième salle
Etude de
quelques-uns de ces symboles

La
Salamandre
Selon
les Anciens, la salamandre était supposée capable de vivre dans le
feu sans y être consumée. Elle fut identifiée au feu, dont elle
était une manifestation vivante, et en était le gardien.
A
l’inverse, on lui attribuait aussi le pouvoir d’éteindre le feu, par
son exceptionnelle froideur.
Dans
l’iconographie médiévale, elle représente le Juste qui ne perd point
la paix de son âme et la confiance en Dieu au milieu des
tribulations. Ferait-elle alors allusion à Ramon de Perellos lors de
ses épreuves avec les démons du purgatoire?
Dans
les campagnes françaises, elle faisait l’objet de superstitions et
avait un rôle tout à fait néfaste. Ces croyances étaient toujours
vivaces au siècle dernier. La salamandre était aussi appelée
"mouron" ou "source-chaude", ou tout simplement "sourde",
puisqu’elle passait pour ne pas avoir d’ouïe. Elle était censée
pouvoir tuer par son seul regard, ou estropier à distance. Si elle
frappait sur le cœur d’un homme endormi, celui-ci ne se réveillait
pas. L’eau des sources auxquelles elle buvait était empoisonnée pour
longtemps.
Pour
les alchimistes elle est le symbole de la pierre fixée au rouge… ils
ont donné son nom à leur soufre incombustible.

Etoile à 7 branches
L’étoile est une source de lumière. Les
étoiles représentées sur la voûte d’un temple ou d’une église en
précisent la signification céleste. Leur caractère céleste en fait
aussi des symboles de l’esprit et en particulier du conflit entre
les forces spirituelles, ou de lumière et les forces matérielles, ou
des ténèbres. Là aussi faut-il voir une allusion au combat de Ramon
de Perellos contre les démons par l’invocation de Jésus Christ ?
Les étoiles percent l’obscurité, elles
sont aussi des phares projetés sur la nuit de l’inconscient.
L’étoile évoque aussi les mystères du sommeil et de la nuit.
Dans de nombreuses mythologies, on les
considère comme les âmes des morts admis au ciel.
L’étoile à sept branches participera du
symbolisme du nombre sept unissant le carré et le triangle. Elle
figure la lyre cosmique, la musique des sphères, l’harmonie du
monde, l’arc-en-ciel aux sept couleurs, les sept zones planétaires,
l’être humain dans sa totalité, etc.…

L’ancre ou croix de Marseille
Dès l’Antiquité l’ancre est considérée
comme un symbole des dieux de la mer. L’ancre assurait stabilité et
sécurité, et c’est ainsi qu’elle devint l’image de la confiance.
Elle était dessinée sur les tombes de l’époque pré-chrétienne pour
indiquer le métier du défunt et distinguer les tombeaux des
navigateurs. Aux débuts de l’ère chrétienne, elle devint en raison
de sa forme en croix un symbole secret de la délivrance (crux
dissimulata).

L’homme debout inscrit dans le
pentagramme
L’homme dans de nombreuses traditions
est décrit comme une synthèse du monde, un modèle réduit de
l’univers, un microcosme. Il est le centre du monde des symboles.
L’homme est ici inscrit dans un
pentagramme Le pentagramme est une figure géométrique qui peut
présenter deux formes, pentagonale (cinq angles), ou étoilée (dix
angles). Dans le cas présent l’homme est inscrit dans un pentagone.
La symbolique est multiple. Elle est fondée sur le nombre cinq, qui
exprime l’union des inégaux. Les cinq branches du pentagramme
accordent en une union féconde le 3, qui signifie le principe mâle,
et le 2, qui correspond au principe féminin. Il symbolise alors
l’androgynat. Il sert de signe de reconnaissance aux membres d’une
même société ; par exemple dans l’Antiquité, entre pythagoriciens :
il intègre au groupe. Il est une des clefs de la Haute-Science. Il
ouvre la voie du secret.
Le pentagramme signifie encore le
mariage, le bonheur, l’accomplissement. Les anciens le
considéraient comme un symbole de l’idée de parfait. Selon
Paracelse, le pentagramme est l’un des signes les plus puissants.
Le pentagramme pythagoricien –devenu en
Europe celui de l’Hermès gnostique- apparaît non plus seulement
comme un symbole de connaissance, mais comme un moyen de conjuration
et d’acquisition de la puissance. Des figures de pentagrammes
étaient utilisées par les magiciens pour exercer leur pouvoir : il y
avait des pentagrammes d’amour, de mauvais sort, etc…
Le pentagramme exprime une puissance,
faite de la synthèse de forces complémentaires.

La patte d’oie ou pé d’auque
La pé d’auque est une figure géométrique
ésotérique ressemblant à l’empreinte d’une patte d’oie que portaient
la confrérie des Compagnons Constructeurs ou cagots au Moyen-Age,
d’où leur nom de Pédauques : Pedauca. Les cagots vivaient à
l’extérieur des villes et villages, en communautés, et bien sûr se
mariaient entre eux. Ils étaient tailleurs de pierre, charpentiers,
guérisseurs, leurs femmes tisserandes. Ils portaient cousu à
l’épaule gauche cette fameuse patte d’oie, la pé d’auque, qui était
leur signe de reconnaissance.
L’empreinte de la patte d’oie dans la
terre représente la capacité opérative de l’esprit sur la matière.
Les deux étymologies latines du mot
"oie" sont anser et avis qui aurait donné auca
et oca en espagnol, auco en langue d’oc, et oie en français
moderne.

Symbole de Vénus
Cette représentation est le symbole de
la planète Vénus. Vénus, l’Aphrodite des Grecs, est également
appelée, en Occident, Phosphoros ou Lucifer (la "porteuse de
lumière") .Le cycle diurne de Vénus, apparaissant alternativement à
l’Est et à l’Ouest (étoile du matin et étoile du soir), en fait un
symbole essentiel de la mort et de la renaissance. Son surnom
d’"Anadyomène" signifie "celle qui sort de l’eau". L’origine du
culte rendu à cette déesse de l’Amour est antérieure à l’époque
grecque ; selon Platon, on distinguait une Vénus populaire
(Aphrodite Pandemia) et une Vénus céleste (Aphrodite Urania).Elle
était également la gardienne de la fécondité.
Déjà pour les Sumériens, Vénus était
celle qui montre la route aux étoiles. Déesse du soir, elle
favorisait l’amour et la volupté ; déesse du matin elle présidait
aux œuvres de guerre et de carnage. Elle était fille de la lune et
sœur du soleil. Se montrant à l’aube et au crépuscule, il était
naturel qu’elle apparaisse comme une sorte de lien entre les
divinités du jour et de la nuit. C’est la raison pour laquelle, tout
en ayant le soleil pour frère, elle avait pour sœur la déesse des
Enfers. Son mythe comporte une descente aux enfers, ce qui explique
le sens initiatique du symbolisme vénusien. L’association de Vénus
et du Soleil fait parfois de cet astre divinisé un messager du
soleil, un intercesseur entre ce dernier et les hommes. Dès les âges
primitifs, Vénus était l’étoile des douces confidences.
En astrologie, Vénus est une planète
incontestablement féminine qui a son domicile dans les signes de la
Balance et du Taureau. Ses caractéristiques sont la douceur, la
sensualité, la maternité. Elle est encline à la joie et à la
musique, elle aime l’harmonie et l’altruisme. Le Moyen-Age l’a
surnommée "le petit bénéfique".
Dans la littérature ancienne consacrée à
l’art préhistorique, on désignait aussi du nom de Vénus les
sculptures (statuettes et reliefs rupestres) du paléolithique, dans
la mesure où toutes les représentations connues de cette sorte
renvoient à des déesses-mères, ou, selon les interprétations, à des
mères ancestrales du clan dont les formes plantureuses n’étaient que
l’hypertrophie symbolique des organes de reproduction et
d’allaitement : elles exaltaient les notions d’abondance et de
fertilité.

Une étrange statuette
Il nous fut permis de découvrir dans un
recoin surélevé de la grotte une étrange petite statuette en argile
rouge d’environ 4 centimètres de haut. De facture grossière, le visage est seulement pourvu de petites cavités
représentant les yeux. Sur le corps des excroissances forment les
bras et les jambes. Il pourrait s’agir d’un objet votif ou de culte.
Elle ne porte aucun attribut particulier qui pourrait nous permettre
de lui donner un nom de divinité.

L’inscription
Voici donc la fameuse inscription
retrouvée au fonds de la cavité. Celle-ci est malheureusement trop
effacée pour pouvoir la déchiffrer. S’agirait-il de la légendaire
inscription laissée par Ramon de Perellos ? Si rien ne nous autorise
à l’affirmer formellement, aucun élément à l’heure actuelle ne nous
permet de prouver le contraire. Une étude plus minutieuse de cette
inscription lèvera peut-être un jour le voile sur ce mystère !
Prochainement nous aurons le plaisir de mettre en ligne la suite de
cette étude qui sera consacrée à d’autres cavités méconnues du
secteur de Périllos.
Un dossier sera également consacré à
l’étude du voyage de Ramon de Perellos en Irlande où nous verrons
que le récit de ce seigneur serait en fait une adaptation
personnalisée d’un texte datant de la fin du 12ème
siècle, écrit par un moine cistercien, Henri de Saltrey. Ce texte en
latin fut par la suite traduit en français, puis en catalan en
1320.Puis le seigneur de Perellos en aurait fait une adaptation et
l’aurait accompagné d’une mise en scène remarquable pour lui donner
une allure autobiographique. S’il parait indéniable qu’il a bien
accompli le voyage en Irlande et rentra dans la fameuse caverne,
a-t’il réellement visité le purgatoire et vu les tourments des
condamnés ?
La suite de nos recherches sera mise
régulièrement en ligne sur le site de renneslechateau.com
Nous tenons également à remercier tous
les messages de sympathie et d’encouragement dont nous avons eu
écho.
L’Ordre de Galaad
Sources :
- Dictionnaire des Symboles, Jean
Chevalier et Alain Gheerbrant
-
Encyclopédie des symboles, la Pochothèque
- Les
Etoiles de Compostelle, Henri Vincenot. |