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Festes Saint André

BOURIGEOLE

La commune de Bourigeole est située dans le canton de Limoux. Elle est traversé par une rivière appelée « le ruisseau de Bourigeole » qui se jette dans la corneilla au lieu dit « Villeraze » en Bordure du territoire communal de Bouriège.

Sous l’ancien régime cette entité n’existait pas. En effet, Tournebouix avec le hameau de Besse ( commune de Festes Saint André ) composait une paroisse. Bourigeole, par contre, dépendait de la paroisse de Bouriège. Certains voient d’ailleurs en Bourigeole le diminutif de Bouriège. Aujourd’hui, la commune comprend le village de Bourigeole, les hameaux de Tournebouix et le Cammas ainsi qu’une dizaine de métairies.

L’église champêtre de Bourigeole.

Cette église champêtre en ruine située prés du cimetière à 500 m du village de Bourigeole est dédiée à Sainte Eulalie. D’après R. Hyvert, on peut présumer sa datation de la fin XV ème avec des retouches au XVIII ème.

C’est un édifice à nef unique d’une dizaine de mètres sur 5 m de largeur. Quand on pénètre à l’intérieur, on remarque que le mur Nord ne possède pas de fenêtre. Par contre, chaque encadrement de fenêtre coté sud est très soigné avec une forme en arc brisé tréflée ainsi qu’un blason gravé non identifié.

Un manque au dessus du portail qui marque l’emplacement d’une pierre que l’on peut de nos jours observer au dessus du portail de la nouvelle église de Bourigeole.

Le Casteillas de Villezaze.

Au lieu-dit que l’on appelle communément le Pont de Bourigeole, le promeneur ne se doute pas que des vestiges d’un riche passé l’observe. Pourtant, avec un œil attentif, il pourrait distinguer, cachés par des chênes quelques pans de murs qui se redressent douloureusement pour guetter son parcours le long de la vallée de la Corneilla.

Il ne reste de ce petit château fort que les ruines d’un donjon carré de 11 m environ de côté et d’un mètre d’épaisseur. Plusieurs ouvertures servant de canonnières témoignent de son utilisation à des fins militaires. Ce casteillas ressemble en de nombreux points à ceux observés par Deltiens dans les Corbières (Mas de Cours, Portel, etc…) : L’emplacement : Il est construit sur un simple mamelon qui contrôle une vallée et à l’écart de toute habitation mais sur un site occupé par le passé.

L’histoire de ce fortin est difficile à restituer car quasiment aucun texte, à ma connaissance, mentionne clairement son existence. Par contre, sa construction pourrait remonter au XIV ème siècle (épaisseur des murs..) avec des modifications intervenues après le XVI ème (présence d’ouverture pour canons…). ON peut supposer que e château fut construit par le Sieur de Rivière (famille qui possédait encore au début XIV ème les seigneuries de La Serpent, Conilhac, une partie de Rennes le château, et bien d’autres biens), afin d’y abriter une garnison qui couvrait les châteaux de Roquetaillade, La Serpent. L’absence d’habitation et donc de population à proximité devait rendre plus facile les mouvements de troupe et empêcher toute protection aux envahisseurs en cas d’attaque.

Quant aux aménagements du XVI ème, ils s’expliquent par une période de troubles : A cette époque, les Corbières et le Fenouillède servent de frontière entre l’Espagne et la France. A l’envahissement du Nord de l’Italie qui appartenait au Roi d’Aragon, les espagnols répondent par des incursions sporadiques dans le Fenouillède et le Razès. Dans la première partie de ce siècle de nombreux villages sont pillés et brûlés (Axat, Rennes le château, Arques …). La rive droite de l’Aude reste sous contrôle aragonais, ce qui expliquerait le nom du quartier de Limoux : l’Aragou.

Lors des veillées au coin du feu, les anciens racontaient qu’une bataille avait eu lieu à cet endroit contre les espagnols. Elle fut si sanglante que les eaux de la Corneilla étaient rouges par le sang répandu par les combattants.

A ces guerres franco-espagnoles succèdent les guerres de religion. En 1563, Festes est saccagé par les protestants qui massacrent une partie de la population pour voler le bétail.

Le 23 août 1565, un arrêt du Parlement de Toulouse oblige Adrien de MONTFAUCON à indemniser aux Demoiselles de Niort et du Château des réparations de la place de Festes, qu’il reçoit en héritage de Guillaume-Bernard de MONTJARDIN son beau-père. IL s’agit peut-être là des modifications que le Casteillas a subi à cette époque là.

Les raisons de l’abandon de ce fortin sont tout aussi méconnues que celles de sa construction. Cependant, on peut suggérer plusieurs hypothèses : L’éloignement de la frontière entre l’Espagne et la France après le Traité de Pyrénées en 1660 a certainement incité les MONTFAUCON, propriétaires, à n’utiliser que le château de Festes, plus confortable. Cassini, le premier grand cartographe du XVIII ème, pourtant spécialiste de l’art militaire, ne juge déjà plus utile d’en faire mention. Le voilà tombé dans l’anonymat. Au fil des ans, il s’est tellement recroquevillé, humilié de ne juste porter que le nom de Casteillas …

..que le promeneur ne l’a même pas vu.

Tournebouix.

A un kilomètre du chef-lieu de la commune, se trouve le hameau de Tournebouix. Avec le hameau de Besse sur la commune de Festes Saint André, Tournebouix formait une paroisse. On peut remarquer sur une colline les ruines du château et de l’église actuellement en cours de restauration.

La présence de ce château est forte ancienne puisqu’on sait qu’il existait déjà en 1130 puisqu’il figure dans les hommages rendus à Cécile, veuve de Bernard Aton, comte de Carcassonne.

Les seigneurs de Tournebouix comptent parmi les défenseur de Montségur, en 1244 lors de la prise du pog par les français. Parmi les 3 frères de Tournebouix , Guillaume-Raymond de Tournebouix fait partie de la trope personnelle de Pierre-Roger de Mirepoix en qualité de sergent. Ce même Guillaume-Raymond, avec son frère Guillaume a participè au meurtre des Inquisiteurs à Avignonet. Quant à Raymond, dit Raymond Benet, il fut le seul de la famille à demander le « consolement », ce qui l’a condamné à être brûlé au bûcher au pied de Montsègur.

Le château appartient plus tard à Jean de Préssoire, marchand de drap originaire de Chalabre qui , d’après la tradition orale aurait fait fortune en allant vendre la production des tisserands de sa ville mais qui , au lieu d’aller à la foire de Beaucaire serait aller vendre sa cargaison en Orient. En revenant, il acheta la seigneurie de Tournebouix puis quelques années plus tard la baronnie de Puivert.

La dernière seigneuresse de Tournebouix est Claire de MONTFAUCON. Elle est décédée dans son château en 1789

Philippe Esperce

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