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FESTES ST ANDRE
La commune de Festes et
Saint André se compose de 2 villages bien distincts situés à 2
kilomètres l’un de l’autre. Festes, et Saint André. A la révolution,
la paroisse de Festes et son annexe Saint André est érigée en commune.
A ce moment là, son territoire est celui que nous connaissons
aujourd’hui à l’ exception de la section de Besse qui, étant alors
inclus dans la commune de Bourigeole , n’intègre cette commune qu’en
1793.
L’origine de Festes est
très ancienne puisque le lieu est mentionné pour la première fois en
870 dans une Charte de l’Empereur et premier Roi Carolingien Charles
le Chauve en faveur d’Oliva, Comte de Carcassonne et du Razes « In
comitatu Ratensi, in Festam… ». Ce texte fait de cette localité la
plus ancienne connue de ce côté de l’Aude.
FESTES
Festes, le chef-lieu de
la commune, se situe dans la zone d’appellation de la Blanquette de
Limoux.
A la sortie du village
en direction du hameau du Cazal, on peut admirer dominant le site,
l’ancien château seigneurial, bâtisse du XVI ème, qui appartenait à la
famille de MONTFAUCON et en contrebas, l’ancien moulin banal à eau et
l’église.
-L’église de Festes.
Une magnifique pierre
de taille placée au coin du mur du clocher, indique que l’église fut
bâtie en 1667, pendant l’épiscopat de Nicolas Pavillon, évêque d’Alet.
A l’intérieur de ce lieu de culte, on peut remarquer l’emplacement du
tombeau de la famille de MONTFAUCON. L’un des personnages inhumé est
François de MONTFAUCON, seigneur de Festes et de Tournebouix. A côté,
une autre dalle porte une inscription ou un monogramme plus antique.
L’Autel de l’église à clocher-fronton est placé dans une tour
demi-circulaire avec l’office séparé par une cloison. La décoration
est sommaire mais donne paradoxalement un certain caché.
A voir près du
cimetière les restes du mur de l’ancienne église à l’endroit où
l’ancien village est situé. Pendant les guerres de religion, en 1563,
les bandouliers protestants sont venus piller le village et ont
massacré une partie de la population avant d’avoir mis le feu aux
maisons. Il est probable que ce soit à cette époque là que la
communauté se soient déplacé.
- Le moulin à eau.
- Le château de Festes.
SAINT ANDRE
Saint André est blotti
au pied des premiers contreforts des Pyrénées où la rivière la
Corneilla prend sa source au lieu-dit les Mouroulats. Pour arriver au
col de Festes, une route sinueuse s’ouvre au milieu des bois et permet
d’ accéder à de magnifiques points de vue sur les Pyrénées ou sur les
monts du Haut Razes.
- L’église de Saint
André.
La mention la plus
ancienne de l’église date de 1347 dans un document de l’Ordre de Malte
: « Ecclessia Sancti Andrée de Bessa ». A l’époque de Nicolas
Pavillon, elle est inscrite comme annexe de celle de Festes.
En 1860, pouvait encore
observer à côté de la porte d’entrée un blason représentant des
oiseaux et des cerfs. Les villageois racontaient qu’ils s’agissait des
armoiries de Monseigneur Martin, évêque de Carcassonne et originaire
du hameau. A la mort de l’évêque Pierre d’Auxillon, les voix des
chanoines de la Cathédrale de Carcassonne se partagent entre Hugues de
Voisin et Martin de Saint André. S’ensuit alors un procès qui est
rendu en faveur de Martin que le Roi et le Pape soutiennent. Il meurt
en 1546 et est remplacé par Charles de Bourbon, évêque de Nevers.
L’église de Saint André
a été rénovée entre 1895 et 1900. Le toit est refait et rehaussé, la
porte d’entrée déplacée, le sol de l’église relevé , et un drain
autour du bâtiment pour le protéger de l’humidité.
- La légende des
encantadas.
Près de Saint André,
Marsès. En remontant le ruisseau de la Barguette, on remarque une
cascade d’environ 13 m de hauteur de chute dite la Picho d’En Marsès.
Une légende dans la pure tradition occitane orne cette cascade : la
légende des encantadas.
C’est la nuit de Noël,
la cloche de l’église de Saint André tinte pour appeler les villageois
à assister à la messe de minuit. Les encantadas, vêtues de leurs robes
éclatantes de blancheur, sortent de leur demeure souterraine située
sous la cascade de Marsès. Elles descendent lentement et
silencieusement jusqu’au Pas d’en Durou. Puis, jusqu’au petit matin,
dans un halo de vapeur ou de brouillard, elles lavent leur linge avec
des battoirs en or qui rythment leurs chants étranges et envoûtant.
Elles sont si belles et
envoûtantes que les grand-mères qui racontaient cette histoire lors
des veillées prés de l’âtre ne manquaient pas de mettre en garde les
jeunes hommes trop curieux attirés par les mélopées avec l’espoir
d’apercevoir la beauté de ces lavandières. S’il leur plaisait, il
suffisait que son regard croise celui d’une des fées pour qu’il soit
emporté à jamais dans une ronde jusqu’à leur repaire. S’il ne leur
plaisait pas, il était renvoyé mais ne vivait qu’avec la seule idée de
les revoir, oubliant tout autre chose. On disait : « es enfeoucat » ou
« es enfadat » : il est fada.
Philippe Esperce |