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A propos d'Henri Boudet

par Marie Christine Lignon

Lors de notre voyage d'études du mois de mai 2002, j'avais fait la connaissance du "décrypteur forcené, André Boudet-Goudonnet". Comme vous pouvez l'imaginer, cette rencontre avait provoqué chez moi une furieuse envie d'acquérir « La Vraie Langue Celtique ».

Le temps a passé, puis lors du Colloque, je suis partie en pleine conférence de M. Galaup pour aller me rafraîchir chez ma copine Sonia.

A mon retour, d'après ce que j'ai compris car j'avais pris mon temps, la discussion (animée) portait sur Boudet dont je venais de m'offrir le livre (reed. Belisane).

Reflexion ironique d'une personne  : "Tu n'y comprendras rien !". Voilà bien le genre de phrase qu'il ne faut pas prononcer devant moi, mais comme elle est sortie de la bouche d'un jeune  et sympathique garçon, je ne dévoilerai pas son nom.

En parcourant l'introduction, je lis : "...Il ne reste plus pour le comprendre, que de repartir à zéro avec lui, de reconstruire son livre comme il l'a fait, c'est-à-dire en retrouvant TOUS les ouvrages dont il s'est servi ou qui l'ont influencé...".

Commençons par Joseph de Maistre (1er avril 1753-26 février 1821) et ses «Soirées », c'est facile pour moi, puisque, grâce à ma famille, j'ai ses livres et ceux de son disciple Louis Veuillot. Il se trouve aussi, que récemment, j'ai acquis pour la modique somme de 3 euros, un ouvrage (1933) présentant ses meilleurs textes. De l'introduction d'Alexis Crosnier, j'ai extrait certains passages qui me semblent avoir quelque intérêt.

... "Parmi la noblesse savoisienne, la famille Maistre tenait un rang très honorable. Elle était sortie de notre Provence. "Le soufre de Provence", au dire de J. de M. lui-même, expliquerait en partie l'ardeur qui l'anima. La devise des ancêtres était belle : Fors l'honneur, nul soucy".
"...A l'âge de 16 ans, il part pour Turin où il allait faire son droit. Docteur à 19 ans, il revient s'inscrire au barreau de Chambéry...
"Des libres-penseurs suspectèrent, voilà quelque soixante ans, ses convictions et prétendirent que sa vie intérieure ne répondit point à son action religieuse : cet aristocrate jouait un rôle, et combattait simplement, en politique, pour l'alliance du trône et de l'autel. La réponse fut prompte. Parents et amis rappelèrent l'éducation de Joseph ; les leçons des Jésuites, ses maîtres ; son entrée, à la fin de son collège, dans deux confréries : la confrérie des "Messieurs", qui avait l'habitude des retraites fermées ; et celle des "Pénitents noirs", dont le règlement, entre autres articles, obligeait chaque pénitent à passer, tout à tour, la dernière nuit avec les condamnés à mort.
"Mais voilà que les registres des vieilles loges savoyardes, s'entr'ouvrant à la lumière, induisaient à conclure que, de 1774 à 1789, J. de M. avait été un franc-maçon fervent. La découverte était troublante. Fort heureusement, des documents de famille, les notes prises par Maistre sur ses lectures (et sur ses rapports avec le monde des loges, et son journal intime ont permis d'éclaircir ce mystère. "Oui, le J. de M. d'alors, qui se laissa prendre quelque temps à l'ivresse et à la langue du siècle, et batailla même contre l'Inquisition, "alla en loge". Il s'affilia, d'abord, à la loge Saint-Jean des Trois Mortiers, qui ressortissait au Grand-Orient d'Angleterre. Il la quittait, le 30 avril 1778, pour adhérer à la loge écossaise de la Sincérité qui s'ouvrait à Chambéry ; celle-là s'orientait vers Lyon. A côté d'elle, se constitua une loge des "Sept amis".
"... Comment concilier le catholique et le franc-maçon ? Vit-il dans la franc-maçonnerie une société de secours mutuel ? Non. Dans les "convents", à Lyon, il eut la révélation des "mystères de théurgie qu'avait élaborés
Martinez Pasqualis", et il connut les "élus cohen", qui, par les puissances de la région astrale, prétendaient percevoir physiquement le Christ Rédempteur. La maçonnerie, écrivait-il au grand-maître de toutes les loges écossaises unies, le duc de Brunswick , est "la science de l'homme par excellence", de son origine et de sa destinée. Mais, pour y arriver, qu'elle laisse résolument de côté les initiations égyptiennes et grecques, et qu'elle se mette à l'école de l'Evangile, à l'école du Christianisme.
"... Il fut même, en ce temps-là, l'un des "petits poulets" de Claude de Saint-Martin, le "philosophe inconnu", auteur de "l'Homme de désir". Mais il ne vit, et dans ses oeuvres et dans la conversation de cet homme, rien de contraire à l'orthodoxie ; ses rêveries sur la religion et sur Dieu lui semblaient de nature à satisfaire sonimagination ; son illuminisme l'intéressait, par ses convergences avec le Credo catholique ; Maistre y cherchait plus de lumière pour comprendre Dieu. C'est ce qui explique l'intérêt assez prolongé qu'il lui témoigna. "Il se détacha de la franc-maçonnerie vers 1789, quand le roi, Victor-Amédée III, lui demanda de ne plus prendre part à ses réunions secrètes..."

"De son collège à ses derniers jours, J. de M. fournit un labeur acharné. La bibliothèque du jeune homme, constituée avec les livres que lui avaient légués son oncle et un prêtre de ses amis, comprenait déjà des milliers de livres. Il les avait lus, avant d'en être le propriétaire. Avec le français et l'italien, il possédait cinq autres langues. Lecteur infatigable, il prenait des notes ou copiait des extraits. Il lut l'Ecriture ; les Pères ; les théologiens les plus célèbres ; les philosophes chrétiens ; les classiques anciens et modernes ; d'innombrables livres d'histoire et ouvrages de droit ; nous avons vu que son imagination un peu aventureuse prenait plaisir aux élucubrations des "illuminés". Et, au jour le jour, il composait...

"Durant presque cinquante années, il travailla quinze et seize heures par jour. "A Saint-Pétersbourg, il se fit faire un fauteuil tournant placé devant sa table de travail : quand son valet lui avait servi son repas dans son dos, il imprimait au fauteuil une demie-rotation et il mangeait ; en avalant la dernière bouchée, il tournait en sens inverse et se remettait au travail". Il ne dormait guère plus que trois heures par nuit.

"...Le meilleur de son esprit, et de son coeur, il l'a mis dans les « Soirées de Saint Pétersbourg » (1821, posthume) : livre très cher, élaboré avec soin pendant presque toute sa vie, et qu'en mourant il laissait
inachevé..Le préambule est dû à la plume de son frère Xavier, auteur de « Voyage autour de ma Chambre » .

Si a l'heure actuelle, la lecture des oeuvres complètes  de Joseph relèverait sans doute du masochisme celle du « Voyage autour de ma chambre », et de la correspondance de Xavier  est savoureuse. En voici  quelques
extraits.

Dans une lettre à sa fille Adèle (1797), il écrit : "J'ai été très content de l'extrait du Rédacteur que tu m'as envoyé. Quand on cite les journaux, il faut citer le jour et l'an, et même le numéro. Quand il s'agit de livre, on cite le tome, le chapitre et quelquefois la page.."
 

Voilà apparemment ce que ne fait pas Boudet dans son livre, ce qui ne facilite pas la tâche.

Autre lettre dont l'extrait va faire plaisir à certains (pas tous) que je ne nommerai pas non plus !

Lettre à sa fille Constance (1808) : "Voltaire a dit, à ce que tu me dis (car pour moi, je n'en sais rien : jamais je ne l'ai tout lu, et il y a trente ans que je n'en ai pas lu une ligne), que "les femmes sont capables de faire tout ce que font les hommes", etc. ; c'est un compliment à faire à quelque jolie femme, ou bien c'est une de ces mille et mille sottises qu'il a dites dans sa vie. La vérité est précisément le contraire. "Les femmes n'ont fait aucun chef-d'oeuvre dans aucun genre". Elles n'ont fait ni l'Illiade, ni l'Enéide, ni la Jérusalem délivrée, ni Phèdre, ni Athalie, ni Rodogune, ni le Misanthrope, ni Tartuffe, ni le Joueur, ni le Panthéon, ni l'église de Saint-Pierre, ni la Vénus de Médicis, ni l'Apollon du Belvédère, ni le Persée, ni le livre des principes, ni le Discours sur l'Histoire universelle, ni Télémaque. Elles n'ont inventé ni l'algèbre, ni le télescope, ni les lunettes achromatiques, ni la pompe à feu, ni le métier à bas, etc. ; mais elles font quelque chose de plus grand que tout cela ; c'est sur leurs genoux que se forment ce qu'il y a de plus excellent dans le monde : une honnête homme et une honnête femme." (ouf !).

Sur les autres livres cites par H. Boudet.

Histoire de France. H. Martin. Rien mais par contre un intéressant Martin :

Martin (Dom Jacques) bénédictin, né à Fanjeaux en 1684, m. à Paris en 1751, qui a laissé La Religion des Gaulois (1727); Eclaircissements sur les origines celtiques et gauloises (1744) ; Histoire des Gaules 1752-54) ;
Explications de plusieurs textes difficiles de l'écriture (1730 ; Explications de divers monuments singuliers, qui ont rapport à la religion des plus anciens peuples ; Traité sur l'astrologie judiciaire. (1739)...

Jules César, De bello gallico. J'irai vérifier un de ces jours

M. A. de Chevallet : à chercher

Journal de Melbourne : Boudet a dû lire un écho dans les revues françaises de l'époque, comme l'Echo de la Semaine ou le Magasin Pittoresque.

Dico anglais-français de Percy Sadler donné par M. William O'Farell, auteur d'une grammaire anglaise. J'ai une grammaire anglaise de 1872 par Siret et une livre de lectures anglaises de 1893.

Genèse : la première référence à la Genèse se trouve p.23.

Cornelius a Lapide (Corneille de la Pierre), savant jésuite, né en 12566 à Bockhot, près de Liège, m. en 1637, professa l'Ecriture sainte à Louvain puis à Rome. Il a laissé : Commentaria in Scriputam sacram, imprimés de 1618 à 1642 ; nouv. éd. avec notes de Crampon en 1858, 20 vol. (La Bible que je consulte est celle du chanoine Crampon.).

p.38  Boudet nous dit qu'il donne ordinairement la traduction de l'Ecriture Sainte d'après la Bible de Carrières.
Dans un de mes dictionnaires (1876) (vous pouvez aller vous coucher), je trouve :
Carrières (Louis de), théologien français né en 1662 à Cluvilé (Anjou), m. en 1717. Il appartenait à l'Oratoire. Il a donné un Commentaire littéral et une Traduction française de l'Ecriture (Paris 1701, 24 vol. plusieurs fois réimprimés). Le commentaire a été souvent ajouté à la traduction de Sacy (1750, 6 vol.)..
A Sacy (Le Maistre De) ou De Saci ), je trouve, frère d'Antoine Lemaistre, avocat qui quitte le monde à 29 ans pour se  retirer à Port-Royal   en 1637.
Lemaistre De Saci (Issac-Louis), est lui théologien (29 mars 1613, Paris, m. le 4 janvier 1684). Le nom de Saci, qu'il ajouta à son nom de famille est l'anagramme d'Isac pour Isaac. Il entre de bonne heure à Port-Royal...Persécuté, comme les autres jansénistes, il;est emprisonné à La Bastille. 1666-1668). Pendant sa captivité, il fait la traduction de l'Ancien Testament : La Sainte  Bible en latin et en français, avec des explications du sens littéral et du sens spirituel (1672 et suiv. 32 vol.).

Il est amusant de retrouver ici le nom Maistre, Port-Royal, les jansénistes, car J. de Maistre a beaucoup écrit sur Port-Royal.

Géographie par Maltebrun : Malte-Brun (Malte-Conrad Bruun, dit), géographe français d'origine danoise, né à Thisted (Jutland) le 12 août 1775, m. à Paris le 15 déc. 1826. Obligé de s'exiler, il vint en France où il témoigna pour Bonaparte un enthousiasme qui se changea en aversion. Géographie mathématique, physique et politique de toutes les parties du monde (1803-1807, 16 vol.).... Géographie universelle (1853, 6 vol. :; 1856-61, 8 vol. en 16 tomes ; 1856-62, 6 vol. ; 1857-59, 2 vol.).

Itinéraire de Paris à Jérusalem par le vicomte de Châteaubriand. 1811, 3 vol. La première éd. des Oeuvres complètes de C. date de 1826-1831 (31 vol.). (Coïncidence (?), Châteaubriand-Germaine de Staël-J. de Maistre).

Daubenton (Louis-Jean-Marie) naturaliste et anatomiste, médecin français (1716-1800)...Le premier, il appliqua la connaissance de l'anatomie comparée à la détermination des corps fossiles.

Cuvier (Georges-Léopold-Chrétien-Fred?-Dagobert, baron) ou son frère (Frédéric) ?

Salluste (Caius, Sallustius, Crispus), né à Amsternum en 86 av. J.-C., mort à Rome en 34. De bello jugurthino (Jugurtha).

Louis Figuier . Sur ce Figuier, je n'ai que ce que j'ai trouvé pour l'instant dans le catalogue 37 de la Sarl Librairie de la Cathédrale.

Histoire du Meveilleux,, tome I, Hachette, 1860, Les diables de Loudun, Les Convulsions jansénistes, les prophéties protestantes. Les Nouvelles Conquêtes de la Science, éd. Larousse, (1900), id. + La baguette divinatoire. On retrouve ici nos jansénistes.

Guide français-Basque par M. L. Fabre . Je ne trouve qu'un Fabre (don Louis), savant bibliographe, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né à Roujan, diocèse de Béziers, en 1710, m. en 1788 à  Orléans où il était
bibliothécaire. A laissé un catalogue raisonné des livres de la bibliothèque.

Dans « l'Aventure des mots français venus d'ailleurs » , on lit à la p.30 que la plus ancienne attestation en langue basque ne date que du Xè siècle après J.-C. et le premier livre seulement de 1545.

 Catel (Guillaume) : conseiller au parlement de Toulouse, né en 1560, m. en 1626. A laissé une Histoire des Comtes de Toulouse, 1623. Elle commence en 710 et finit en 1271. Des Mémoires du Languedoc, Toulouse 1633.

Abbé Monlezun  : rien

Pline : il doit s'agir de Pline l'ancien qui a écrit l'Histoire naturelle de l'année 71 à 77. Le douzième livre ouvre l'histoire des végétaux qui finit avec le trente deuxième. Première édition Venise 1439. de Brotier (Paris 171779, 6 vol.)... Bibliothèque Lemaire (1827-1828, 13 vol.) Il existe une traduction française de Littré dans la collection Nisard (1848).

Charles Lenthéric : Ingénieur français né à Montpellier en 1837. Elève de l'Ecole Polytechnique, ingénieur des Ponts et Chaussées, il a fait une étude approfondie du littoral méditerranéen français. Son livre est de 1875.

E. Lefranc : Rien.
Par contre nous avons un Pompignan (Jean-Jacques, Le Franc, marquis de) poète français né à Montauban en 1709, 10 août, m. le 1er nov 1784. Las des attaques, il se retire sur ses terres en Languedoc. Il a laissé de nombreux écrits. Discours philosophiques tirés des Livres Saints (1771) ; Mélanges de traductions de différents ouvrages grecs, latins et anglais (1779).

Langlois (Eustache-Hyacinthe). Antiquaire français, né le 3 août 1777 à Pont-de-l'Arche, m. le 29 sept. 1837. Dessinateur, élève du peintre David, il eut en même temps le goût pour l'archéologie. outre un Mémoire sur la calligraphie des manuscrits du moyen âge (1821), il a laissé un Essai historique, philosophique et pittoresque sur la Danse des morts (1851, 2 vol.) ; Une notice sur le tombeau des Enervés et sur l'abbaye de Jumièges ; un essai sur l'abbaye de Saint-Wandrille, 1827. Boudet nous parle d'un dico de Géo !

Eclairciseement sur les Sacrifices : (Posthume). Opuscule, l'un des plus courts de J. de M., qui est aussi un des plus hardis.

Emile Souvestre : littérateur français né le 15 avril 1806 à Morlaix, m. le 5 juil. 1854, d'une famille de marins bretons. Les derniers Bretons (1835-1837, 4. vol.) ; cf Charton dans le Magasin Pittoresque (1854). Magasin, en anglais Magazine ..."Au commencement de ce siècle, le Magasin Encyclopédique, dirigé longtemps par le savant Millin, fut un de nos périodiques les plus sérieux. Puis vint le Magasin Pittoresque, qui créa en France le périodique illustré.

Fr. Noël : (François-Joseph-Michel), humaniste français né en 1755 à Saint-Germain-en-Laye, m. le 29 janv. 1841. Elève puis Pr. au Lycée Louis-le-Grand. Il change de carrière quand éclate la Révolution. Collabore au journal la Chronique et remplit diverses missions diplomatiques. Dictionnaire de la Fable : Paris 1801, selon un dico,  1810 selon un autre dico., 1803 selon Boudet.  : 2 vol. comprenant toutes les mytholgies du monde ; Dictionarum latino-gallicum (1807) ; Nouveau dictionnaire français-latin (1808) ; il a de plus traduit quelques ouvrages anglais et édité divers auteurs...

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