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A propos d'Henri Boudet
par Marie Christine Lignon
Outre les auteurs cités en note dans "La
vriae langue celtique", nous trouvons, au cours de la lecture quelques
noms propres.
p. 2 : "C'est à
cette première branche de la famille gauloise, que, d'après Am.
Thierry, les anciens historiens appliquent plus particulièrement le
nom de Celtes."
Thierry
(Amédée-Simon-Dominique) : historien français, né à Blois le 2 août
1797, mort à Paris le 26 mars 1873. Il publie, en 1828, "L'Histoire
des Gaulois depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'entière
soumission de la Gaule à la domination romaine" (3 vol. ; 4è éd.
1857) à laquelle fait suite "Une Histoire de la Gaule sous
l'administration romaine" , 1841(3 vol.) qui est restée son meilleur
ouvrage. Elle lui valut la chaire d'histoire à la fac. de Besançon.
Après la Révolution de 1830, il fut préfet, puis sénateur en 1860.
Membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1841.
Son frère (Jacques-Nicolas-Augustin, 1795-1856 ) est un personnage
intéressant . Pendant 5 ans, il fouilla les bibliothèques, analysa les
manuscrits, compara les documents originaux pour écrire l'"Histoire de
la conquête de l'Angleterre par les Normands" (1825). Ce travail
l'épuisa et il faillit en perdre la vue. Il passa alors son temps à
voyager en Suisse et en Provence pour étudier les monuments et les
inscrptions en compagnie de Fauriel (1).
p. 6 : "On pourrait
se demander pourquoi..., et c'est bien là ce que prouve d'une manière
péremptoire M. l'abbé Bouisset, dans son mémoire sur les trois
collèges druidiques de Lacaune (Bains)".
Lacaune (2) : Ville
du Tarn qui culmine à 800 m. Plus haut, à 1 259 m. se silhouette le
pic de Montalet. De là on perçoit la statue de la Vierge qui depuis
1882, veille sur la ville. On raconte qu'elle aurait épargné à la cité
thermale les foudres du diable lorsque celui-ci, furieux d'avoir été
volé par un gredin de Lacaune, décida de se venger. L'eau du Mont
Roucous qui surgit des entrailles de la terre est réputée l'eau la
plus pure de France. Plus de 115 statues s'érigent sur 100 km, faisant
des Monts de Lacaune l'un des plus grands lieux européens de la statue
primitive. Ces stèles de tailles différentes auraient été dressées à
l'âge du cuivre, puis au fil des siècles, renversées, enfouies,
mutilées ou encore utilisées dans la construction d'une maison ou
d'une passerelle au-dessus d'un ruisseau ; Certaines ont même été
christiannisées et transformées en croix dans les carrefours. Une
chose est certaine, c'est qu'en dépit de tous les attributs gravés
(symboles sexués, armes, vêtements et pictogrammes), elles n'ont
pasencore dévoilé tous leurs secrets.
A l'Est de Lacaune, le plateau granitique du Sidobre (100 km2) offre
un paysage saisissant avec ses pierres tremblantes aux formes
étonnantes : Peyro Clabado, Roc de l'oie, Chapeau de curé...Fauteuil
du Diable !
Le Tarn c'est aussi la Montagne Noire. On la dit née d'un formidable
coup d'épée de la fée Nore, venue au secours de ses amis les gnomes,
Taur, Bug et Arach qui tentaient de dresser de leurs seules mains un
rempart de pierres pour se protéger des vents du Nord.
p. 7 : "Dans un
mémoire sur l'origine des langues celtique et française, Duclos, né à
Dinan en 1704, secrétaire perpétuel de l'Académie française, s'exprime
ainsi : "A défaut de monuments...".
Duclos (Charles
Pinot, et non Pineau), moraliste et historien français, né le 1er fév.
1704 à Dinan, mort. le 27 mars 1772. (2 colonnes dans le "dictionnaire
universel des litteratures", 1876). Le Recueil de l'Académie des
Inscriptions contient de Duclos des Mémoires : Sur les Druides, sur
l'Origine et les révolutions de la langue celtique et française, sur
les Epreuves par le duel et par les éléments, sur les Jeux scéniques
des Romains , etc... Les oeuvres complètes réunies en 1806 ont été
rééditées en 1821 et en 1855.
p. 9 "Sir William
Jones, fondateur de la Société asiatique de Calcutta, avait remarqué
tout d'abord une affinité entre le sanscrit, le grec et le latin."
Jones (sir
William), célèbre orientaliste anglais, né à Londres, en 1746, mort à
Calcutta, en 1794. Tout en étudiant le droit, il montra une
prédilection pour les langues de l'Orient et une facilité à versifier.
Ses premières publications le signalèrent au gouvernement qui lui
donna, en 1783, la charge de juge à la cour suprême de Calcutta. Il
créa la Société de Calcutta., étudia le sanscrit et s'efforça de
mettre un peu d'ordre dans le chaos de la législation indienne. Au
milieu de ces travaux une maladie de foie l'emporta. On a de lui, une
grammaire persanne , en anglais (1771) et en français ((1772) ; des
Poésies , composées surtout de traduction du grec, du turc, du
chinois, du persan, , etc..; une traduction du drame de Sakountala
(1789), une traduction des Lois de Manou (1794)... Ses Oeuvres
complètes furent publiées par sa veuve (Londres 1799, 6 vol.).
p. 10 : "La
grammaire comparée des langues européennes de François Bopp a expliqué
ensuite..."
Bopp (François)
philologue allemand né à Mayence 1791, mort en 1867. Initié à la
philosophie de l'Orient, il résolut de l'éclairer par celle des
anciennes langues de l'Inde, et grâce à une modique pension que lui
fit le roi de Bavière , il vint à Paris où il fut soutenu par
Silvestre de Sacy (3) . Il compléta ses études à Londres et à
Goettingue et fut alors nommé Pr. de sanscrit à l'Université de
Berlin. En tête des travaux de Bropp se place "La Grammaire comparée
des langues sanscrite , zende, grecque, latine, lithuanienne, slave
ancienne, gothique et allemande" (Berlin 1833-49). Ce travail a été
traduit en français avec notes et éclaircissements par M. Bréal
(1867-72, t. I-IV). M. Bopp a aussi popularisé en Allemagne les plus
importants épisodes des grandes épopées indiennes.
p. 24 : "Pourquoi
encore la ville de Rennes, portant, d'après Strabon..."
Strabon , géographe
grec, né vers 66 av. J.-C., en Cappadoce, mort vers 24 ap. J.-C.
Etudia la grammaire, la réthorique la philosophie. Il existe de sa
"Géographie" une célèbre traduction française, entreprise sur l'ordre
de Napoléon 1er (1805-19, 5 vol.). Plutarque et Salluste citent de
Strabon des Mémoires historiques , ouvrage perdu, dont la Géographie
formait le complément.
p. 29 : Les livres
de Moïse et les livres des Hébreux : la Bible.
"Ce qui démontre la nécessité absolue de cette traduction faite par
Esdras, c'est la difficulté éprouvée par l'historien Josèphe."
Esdras : auteur de
quelques livres de la Bible (4). Il était de race sacerdotale, et fut
gouverneur de la Judée. Nabuchodonosor le fit périr, après la prise de
Jérusalem; Nous avons 4 livres qui portent son nom : les deux premiers
sont seuls reconnus canoniques par l'Église. On croit qu'Esdras est
aussi l'auteur des deux derniers livres des Rois et des Paralipomènes
: Livre de Néhémie.
Josèphe : a été souvent traduit en français : 1676 , 1756 et 1846 par
l'abbé Glaire qui a écrit une "Introduction historique et critique aux
livres de l'Ancien et du Nouveau Testament " (1839).Chercher éd. de
César Salluste Pline Tacite..
p.61 "Plusieurs
voyageurs, entre autres Troïlo (?) et d'Arvieux".
Arvieux (Laurent
d'), voyageur français, (1635-1702). Parent du consul de Saïda, il
passa 12 annnées dans les Echelles du Levant (ports marchands de la
méditerranée orientale, Constantinople, Salonique, Alep...), y apprit
l'arabe, le turc, le persan, l'hébreu, le syriaque, et rassembla les
matériaux de 2 ouvrages : "Relation d'un voyage fait vers le grand
émir" (1717) et "Mémoires du chevalier d'Arvieux" (1735). "Ce rapport
semble confirmé par Maundrell (?) et par le père Nau". Nau (Michel),
missionnaire et écrivain jésuite, né et mort à Paris (1631-1683).
Après avoir passé 12 ans dans le professorat, il fut envoyé dans les
missions d'Orient, visita la Terre Sainte, la Mésopotamie, la Perse et
l'Arménie et acquit une profonde connaissance des diverses sectes
chrétiennes et aussi de la religion musulmane. "Véritables idées des
Eglises grecque et latine et de leur accord merveilleux" (en latin,
1680) et "L'état présent de la religion musulmane" (en français,
1684).
p.62 Tacite,
historien latin, né vers l'an 50 ap. J.-C., mort vers 130.
Auteur de "La Vie d'Agricola", écrite vers l'an 98, "le plus beau
modèle de biographie ou d'éloge historique que l'Antiquité nous ait
légué. Les Moeurs des Germains , les Histoires ..."
p. 84 "Hérodote
fait du labyrinthe... tandis que Pline..;"
Hérodote, historien
grec, surnommé le Père de l'Histoire (5), né en 484 av. J.-C., mort
vers 406. "Les Histoires" comprennent 9 livres, auxquels les anciens
donnèrent les noms des 9 muses.
p.86 "Salluste
donne sur les premies habitants de l'Afrique"
Salluste, célèbre
historien romain, né en 86 av. J.-C., mort en 34. .Après avoir servi
César dans la guerre civile, il le suivit en Afrique, et, après la
soumission de la Numidie, il y fut laissé comme proconsul. Parti
ruiné, il en revint très riche. "La Conjuration de Catilina" et "La
guerre de Jugurtha" .
p.93 "Amilcar avait
aussi avec lui, dit Cornelius Nepos".
Cornelius Nepos,
historien latin du 1er siècle av. J.-C. que l'on croit né à Vérone. On
ne sait rien de sa vie, si ce n'est qu'il fut l'ami de Cicéron et de
Catulle. Il est l''auteur d'un abrégé d'histoire universelle intitulé
"Chronica" . Deux autres de ses ouvrages sont cités par les anciens :
"Exemplorum libri" et "De Viris illustribus" , comprenant des
biographies de Grecs et de Romains.
p. 98 "ce qui le
prouve c'est le nom punique donné à Saint Augustin".
Saint Augustin,
Aurelius Augustinus , né en Numidie en 354, mort en 430. Son père
était païen et s'appelait Patrice. Monique, sa mère, était née
chrétiennne.
p. 100 "dit le
général Daumas"
Daumas
(Melchior-Joseph-Eugène), général et écrivain français né en 1803,
mort en 1871. Engagé volontaire, il part pour l'Algérie. Consul, en
1837, il se distingua dans ces fonctions difficiles. Il a beaucoup
écrit sur
l'Algérie : "Moeurs et coutumes de l'Algérie" (1857), "Les chevaux du
Sahara" (1858).
p. 106 "d'après
Saint Jérôme".
Saint Jérôme,
Hieronymus , Père de l'église latine, né vers 346, mort en 420. C'est
lui qui a traduit la Bible en latin, en suivant tantôt l'hébreu,
tantôt le grec.
Il existe un livre de Am. Thierry (cité p.2 par Boudet) : "Saint
Jérôme , la société, etc." (1867, 2 vol.).
p.109 "Ptolémée
désigne..."
Ptolémée, astronome
grec. A écrit entre autre : "Canon des règnes , table chronologique
des rois assyriens, mèdes, perses, grecs et romains depuis Nabonassar
jusqu'à Antonin le Pieux (Paris 1819).
Notes.
(1) Critique et historien français (1772-1844) qui lui, dès le temps
où il faisait partie de l'armée avait commencé à étudier la langue
bretonne et les antiquités celtiques. Après sa sortie du ministère, il
se fortifia dans la connaissance du grec et du latin, apprit les
principales langues vivantes, étudia l'arabe sous de Sacy, et l'un des
premiers en Europe s'appliqua au sanscrit.
(2) A propos de
Lacaune j'ai trouvé Le Livre Vert de Lacaune (1911) qui est à
l'origine un manuscrit composé de chartes du XIIIè et XIVè siècle. Le
texte est en langue romane , langue qui, au Vè siècle, se substitua
au latin vulgaire et qui n'est autre qu'un débris de celui-ci mêlé à
des éléments celtiques et germaniques. Cette langue parlée et écrite
durant le Moyen Age a pris dans le Midi la forme de differents
dialectes : provençal, limousin, gascon et languedocien. C'est à ce
dernier encore usité dans la partie orientale du département
qu'appartient ce texte.
(3) Sacy
(Antoine-Isaac, baron Silvestre de), oreintaliste français
(1758-1838). Ayant perdu à l'âge de 7 ans son père, qui était notaire
à Paris, il reçut, sous les yeux de sa mère, une éducation religieuse
et une forte instruction. Il apprit d'abord l'hébreu, puis le
syriaque, le samaritain, le chaldéen, l'arabe, le persan et le turc,
ainsi que l'italien, l'espagnol, l'anglais et l'allemand. Il poussa
très loin la connaissance de l'arabe et du persan. J'arrête là, car
on peut s'imagine ce qu'était la vie à l'époque, mais tout de même !
(4) Livre des Rois.
Premier : le troisième dans la Vulgate. Deuxième : quatrième dans la
Vulgate. Vulgate : version latine de la Bible, seule reconnue
canonique par le Concile de Trente. Elle est l'oeuvre de Saint Jérôme,
qui l'entreprit vers 384, sur l'invitation du pape Damase, et qui
passa pour l'avoir faite sur le texte original. Ici, je craque et je
laisse à d'autres le soin de chercher, car Boudet cite soit le Premier
lLvre des Rois soit le 1er Livre des Rois et le Troisième Livre des
Rois).
(5)Revue
Métapsychique (1927 n°1 p.26) : Le rôle des phénomènes métapsychiques
dans l'origine des croyances religieuses. par C. de Vesme. Extrait de
son "Histoire du Spiritualisme expérimental" . (1927).
"Prenons quelques exemples dans l'oeuvre du plus ancien des historiens
classiques, le "Père de l'Histoire", Hérodote, fort estimé d'ailleurs,
mais que l'on a accusé d'avoir enregistré parfois des racontars
absurdes, bien
qu'avec de prudentes réserves ; ne nous est-il pas arrivé de lire que
radotage vient d'hérodotage ? ! Hérodote raconte que Néchao II, roi
d'Egypte avait envoyé quelques navires de Phéniciens explorer les
côtes orientales de l'Afrique. Ces navigateurs sont rentrés, trois ans
après par les colonnes d'Hercule : le détroit de Gibraltar ! Mais
Hérodote remarque qu'il ne croit guère à cette histoire, parce que les
Phéniciens ont raconté à leur retour, des choses par trop
extraordinaires : que lorsqu'ils faisaient voile vers l'Ouest, ils
avaient eu le soleil à leur droite, au lieu de l'avoir à gauche. Or
c'est justement ce qui se produit dans l'hémisphère austral. Mais ce
la était inconnu du monde ancien ; cette raison même qui provoquait
l'incrédulité d'Hérodote, constitue donc pour nous une preuve plus que
suffisante que les Phéniciens ont dépassé sensiblement la ligne de
l'Equateur et accompli le périple de l'Afrique bien avant Vasco de
Gama. Nous n'avions pas besoin de cet exemple pour savoir que
l'incrédulité peut mener à l'erreur, c'est-à-dire à la superstition,
tout autant que la crédulité.
" En d'autres cas, la science moderne nous montre qu'une tradition
ancienne ne manquait pas de quelque fondement, tout en se rapportant à
un fait mal interprété ... Hérodote nous parle d'une énorme pierre
que Jupiter, dans sa colère, avait lancé contre la terre et qu'on
gardait dans le temple d'Ephèse. Jusqu'aux premières annnées du
siècle dernier, cette légende paraissait dépourvue de tout fondement,
la science officielle n'admettant pas la réalité des aérolithes. Cela
a changé depuis. Aussi n'avons-nous pas de difficulté à admettre que
la pierre d'Ephèse est bien tombée du ciel, ainsi que celles de
Pessinunte, d'Aegos Potamos, etc., dont Pline et d'autres historiens
de l'antiquité nous avaient gardé le souvenir.
"En certains cas encore, il s'agit de démêler dans un récit la partie
réelle de celle imaginaire. Dans la première moitié du siècle dernier,
les géographes, l'illustre Malte-Brun à leur tête, contestaient encore
l'existence des Pygmées dont Hérodote a parlé, après Homère et
Hésiode, et avant Aristote. Que voulez-vous. On leur attribuait une
stature d'un pygme , c'est-à-dire d'une palme, moins de 35 cm ! "
Principales
Références :
G. Vapereau : "Dictionnaire universel des litteratures", Paris,1876.
Ch. Dezobry et Th. Bachelet : "Dictionnaire general de biographie et
d'histoire", Paris,1876.
F.-X de Feller : "Biographie universelle", 12 volumes, Paris, 1833.
A suivre, si cela vous intéresse : Boudet et l'Histoire de la Gaule.
Boudet et l'Histoire des Langues. Il est clair, enfin pour ceux qui me
connaissent, que ce sera sérieux mais cependant pas exhaustif, car
jen'utilise que les documents que j'ai en ma possession (à la maison).
Marie Christine L.
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