C'est dans les années 80 que j'ai
découvert Rennes-le-Château avec Yves qui, connaissant les lieux
depuis son adolescence, profitait de toute occasion propice pour y
amener des étudiants, des amis, des journalistes, etc... A part la
tour Magdala et les statues de l'église aux yeux émaillés, rien
là-bas ne m'attirait particulièrement. Buthion était barricadé dans
son domaine fermé et en piteux état. Pas l'ombre d'une librairie,
d'un bar-restaurant, juste un petit local près de l'église dans
lequel était exposée la Dalle des Chevaliers et où l'on vendait des
cartes postales et sans doute quelques livres.
Puis les 30 et 31 mai 1986 (annonce dans
Midi-Libre du 16) a eu lieu, dans les locaux de l'Université de
Toulouse-le-Mirail, un Colloque sur le sujet avec du beau monde :
Gérard de Sède, Jean-Michel Thibaux qui venait d'écrire son roman
-prétexte à cette rencontre -, Claire Corbu et Antoine Captier, le
Docteur Malacan...
Toujours pas de déclic.
Le temps a passé
jusqu'au jour où nous avons fait la connaissance, en l'an 2002, des
membres d'une association qui s'intéressaient et s'intéressent
toujours de très près à Rennes-le-Château. Comme ils semblaient
vraiment instruits sur le sujet - ce qu'ils sont réellement - je me
suis dit qu'il fallait que je me plonge urgemment dans la lecture
des quelques livres que nous possédions. Depuis, la liste des
ouvrages s'est un peu allongée, et c'est ainsi que je peux vous
parler d'une quarantaine d'entre eux.
Que faire lorsque l'on se trouve
confronté à une telle pile ? Le plus rationnel est de commencer par
le commencement et ainsi de suite, jusqu'à épuisement - entre
parenthèse quand ? - ce que je n'ai pas fait, jusqu'au jour où, n'en
dormant plus, j'ai dû établir un ordre chronologique.
Cet ordre commence évidemment par le
livre de Gérard de Sède L'Or de Rennes Julliard,
1967 devenu Le Trésor Maudit en 1971, 1972... (J'ai Lu).
Qu'en dire sinon que c'est le Premier et que, pour moi, c'est celui
que je garderai le jour où je devrai me séparer des autres. En le
lisant et en le relisant, en le re-relisant surtout avec le recul,
on découvre qu'il est Unique et que donc il faut le lire entre les
lignes, particulièrement quand on connaît l'implication du baron de
Sède dans le mouvement Dada-Surréaliste.
1971, Le mémoire de René
Descadeillas, Mythologie du Trésor de Rennes, reprinté en
1991 aux Editions Collot (Carcassonne). R. Descadeillas était invité
au Colloque de 1986, mais il est décédé deux ou trois jours avant.
Dommage. Nous avons pu cependant avoir de longues conversations avec
feu le Docteur Malacan qui, en sa compagnie, fit les premières
fouilles pour trouver le trésor qui s'est matérialisé sous forme
d'un crâne (Mérovingien ?) portant une entaille rituelle ! Ouvrage
sérieux, très critique et souvent critiqué par la suite.
1973, Les dessous d'une
Ambition politique, Nouvelles révélations sur les trésors du
Razès et de Gisors, Mathieu Paoli, journaliste suisse (Editeurs
associés).
Dès que j'entends le
mot politique et depuis toujours, mon coeur se ferme. Pourtant j'ai
lu ce livre, ou plutôt sa photocopie.
J'ai cru comprendre que l'auteur a
parcouru un chemin périlleux pour faire une enquête sérieuse sur le
présumé Prieuré de Sion, pour en revenir ensuite à Bérenger Saunière
qui aurait, d'après lui, utilisé un trésor situé dans la région de
Rennes-les-Bains.
En annexe I, l'auteur analyse l'Affaire
de Gisors dont il cherché et retrouvé la trace du protagoniste de
l'affaire à l'asile de Nanterre.
Henry Lincoln eut un
jour le désir de le rencontrer M. Paoli. Malheureusement pour lui,
ou heureusement pour nous, il apprit que M. Paoli avait quitté la
Suisse en 1971 pour Tel-Aviv où, dit-on, il est mort fusillé par le
gouvernement pour vente de secrets aux Arabes. Le mystère sur ce
personnage reste donc entier.
1983, édition française de
L'Énigme Sacrée de Michael Baigent, Richard Leigh, Henry
Lincoln, (Pygmalion), livre dédicacé par Lincoln qui l'avait
présenté à la FNAC Toulouse. Le sous-titre en dit long :
Jésus-Christ, le Saint Graal, Le Prieuré de Sion, Les Cathares, les
Templiers, les Francs-Maçons, version française oblige car le titre
original est The Holy Blood and the Holy Grail .
Je dois vous avouer, sans honte
cependant, que je n'ai pas été plus loin que la lecture de
l'introduction (Lincoln, 17 janvier 1981) qui débute par ces mots :
« C'est en 1969 que je fis par le plus grand des hasards la
découverte d'un petit ouvrage apparemment anodin... » pour se
terminer par ces mots : « En 1972 j'avais terminé mon premier film
sur ces mots : "quelque chose de très extraordinaire va être
révélé...et il le sera dans un avenir proche ».
Aujourd'hui, ajoute-t-il, cet ouvrage
explicite ce "quelque chose".
Ce « quelque chose », assurément, a
engendré pas mal de délires qui sont malheureusement aujourd'hui
encore d'actualité de temps à autre.
Mais, nous dit M. Giorgio Baietti dans
son livre, analysé plus loin, : « Henry Lincoln, pendant une
conférence à Rennes-le-Château, le 23 août 2002, a pratiquement
démenti ce qu'il avait écrit dans son livre quant à la théorie sur
la progéniture du Christ. Dans une interview, il m'a déclaré qu'il
n'avait plu, à ce moment, de contacts professionnels avec Leigh et
Baigent et il s'est réservé de me fournir en second temps les
motivations de ce revirement inattendu ». Patientons !
1983, également, Jacques
Rivière Le fabuleux trésor de Rennes-le-Château (1983
Bélisane). Cet ouvrage est dédié à Déodat Roché, philosophe et
historien audois du Catharisme, qui vécut à Arques jusqu'à ses 101
ans.
Basé sur des
documents d'archives en clair, ce livre est très dense et possède
l'avantage de ne pas extrapoler. Des faits, des faits, c'est ce que
nous demandons avant tout. Les faits sont tangibles, certes, mais
ils ne brisent pas nos rêves : Bérenger avait un singe, une volière,
il avait fait ajuster 9 portes de chambre, il avait commandé un
chevalet d'artiste, des peintures, de l'huile de lin, des seccatifs,
etc.... Les photos incluses sont aussi intéressantes, car certaines
d'époque. A lire.
1984, Un gros morceau pour qui ne
connaît pas, comme moi, l'oeuvre de Jules Verne. Pourtant, d'après
Michel Butor : « Tout le monde a lu Jules Verne... » (les hommes et
les femmes ? à voir) : Michel Lamy, licencié ès sciences
économiques, Jules Verne initié et initiateur, sous-titre :
Le secret du trésor royal de Rennes-le-Château. (Payot).
L'auteur, comme tant d'autres, a
commencé sa recherche en 1968 après lecture de de Sède. Il y y
appose cependant sa marque en développant le mythe du retour du
Grand Monarque prédit par Nostradamus, les liens entre la région du
Razès et les doctrines exposées par les Sociétés Secrètes les plus
hermétiques, le royaume de l'Agartha. Il précise avoir rencontré le
Marquis de Cherisey, je cite, « l'un des meilleurs spécialistes de
Rennes-le-Château » qui lui a signalé l'existence d'un lien possible
entre cette affaire et Jules Verne. Sans plus. Après bien des
recherches, hasard ou providence, il a découvert dans une
bibliothèque une édition originale de Clovis Dardentor :
Clovis, fameux Roi Mérovingien. Dardentor : « d'ardent or » ; Or se
passe de commentaires et « d'ardent » se rapporte au titre que l'on
donnait au descendant de Dagobert II venu se réfugier à
Rennes-le-Château. C'est donc Jules Verne, lui-même qui détenait les
clés du mystère de Rennes-le-Château et du Trésor des Rois de
France.
A lire absolument, car cela vous incite
à vous plonger dans la découverte ou la redécouverte d'un bon nombre
de livres dont ceux, entre autres, d'Anatole France, et plus
particulièrement La Révolte des Anges . Ami de Maurice
Barrès, et de Papus, Anatole France n'est pas du tout le
rationaliste sceptique pur et dur qu'on nous présente. Et dans
l'élan Le Roi du Monde de René Guénon et Bêtes, Hommes et
Dieux de Ferdinand Ossendowski (réédition Phébus Libretto,
2000).
Pour vous allécher,
voici un extrait de la Table des Matières du livre de M. Lamy :
...Jules Verne et... les secrets de l'abbé Boudet, Jules Verne et la
Rose-Croix, Jules Verne et les secrets d'Arsène Lupin, Jules Verne
et la Golden Dawn, Jules Verne et la Terre Creuse, Jules Verne et
les illuminés de Bavière, etc... Quant à la bibliographie, elle fait
9 pages !
1984, Henri Boudet La
Vraie Langue Celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains
(reprint de l'original Bélisane).
Je ne l'ai acheté et
lu qu'en juin 2003, car d'après les on-dit, je n'y comprendrais rien
! Ceci évidemment n'était qu'une incitation à me le procurer. Je
n'ai pas cherché tous les ouvrages dont il s'est servi et qui l'ont
influencé, ce qui a été fait en 1989, mais j'ai recherché les
biographies de tous les auteurs cités, dans des dictionnaires
d'époque que j'ai la chance de posséder grâce à un grand'oncle, le
chanoine Jules Rous (1857-1929). Celui-ci est entré au grand
séminaire vers la fin de sa seizième année, puis s'en fut faire
« ses études théologiques dans cette célèbre maison de Saint-Sulpice
de Paris où il fut tout de suite apprécié pour son intelligence et
appelé à remplir un rôle important dans les catéchismes de la
paroisse, en qualité de chef du Catéchisme de Persévérance des
filles... ». Puis j'ai refait le voyage parmi les menhirs et les
dolmens de la région... d'après un Guide Joanne (1893-94) annoté par
mon grand père Alfred, frère du chanoine . Que dire de plus ? Qu'il
faut, avant tout, lire l'introduction de Philippe Schrauben :
Ce livre « amène-t-il le chercheur
patient à de bien curieuses découvertes ? ». Sans doute, comme en
témoignent le fabuleux travail d'André Goudonnet publié dans
Murmures d'Irem n°14 (3) et peut-être le mien, en cours, sur une
éventuelle connexion entre la fameuse carte de Boudet, la "maquette
de Saunière", Gélis et... l'antique Jérusalem ! Pour le reste,
c'est-à-dire l'Histoire de la Gaule, j'ai une préférence pour la
version d'une religieuse cloîtrée, J. M. J., qui a écrit une
Histoire de France à l'usage des pensionnats de jeunes filles et
dans laquelle elle nous parle de l'influence des Gauloises qui
étaient fort belles et de celle des Druidesses qui jouissaient d'une
grande réputation.(Librairie Jacques Lecoffre, 1870)
1985, Pierre Jarnac, Histoire
de Trésor de Eennes-le-Château . Je surnomme Pierre Jarnac, très
gentiment d'ailleurs, P. J. la fouine, car il est bien vrai que son
enquête sur l'affaire est la plus complète. A mon grand regret,
cependant, dans mon exemplaire 0924, il manque un index, car il est
impossible, à moins d'y passer des années, de lire cet ouvrage page
après page. Qui osera s'atteler à une telle tâche, si ce n'est déjà
fait. ?
Claire Corbu Antoine Captier,
l’Héritage de L'abbé Saunière , (Bélisane). Cet ouvrage est des
plus intéressants puisque les auteurs sont en quelque sorte des
témoins directs. Pourtant la lecture nous laisse sur notre faim car
l'on pressent qu'ils possèdent bien plus de documents qu'ils ne le
laissent entendre, mais qu'ils n'ont pas eu le temps ou la patience
ou encore les moyens de les exploiter au mieux, ce que d'autres se
sont chargés de faire mais malhonnêtement. Je crois savoir que les
choses s'arrangent et c'est tant mieux.
Yves Lierre, Le Secret des
Prêtres du Razès ou le Mystère des deux Rennes (Éditions de
Neustrie). L'auteur (quatrième de couverture), hermétiste discret,
s'est livré à de nombreuses recherches au coeur des traditions les
plus occultes. Il évoque ici les clés ultimes du « Secret ».
Mais, si l'on veut tant soit peu
comprendre quelque chose, il faut être un peu beaucoup (!) versé en
Alchimie, Astrologie, Hermétisme, Occultisme, Ésotérisme,
Mythologie... car Y. Lierre nous dit lui-même que la « Tradition
impose la discrétion », ce qui est selon moi une aberration . Ou
l'on dit ou l'on se tait. Telle est ma devise.
1986. Jean Alain Sipra, La
Cité du Chariot , Rennes-le-Château ; aux sources du
mythe de l'Or (Privat). « Cette histoire du lieu envoûté de
Rennes-le Château a été confiée à la perspicacité de Yves » en 1988.
Invité à ce Colloque, il a répondu très aimablement qu'il n'aimait
ni se déplacer ni parler en public, mais que NOUS pouvions utiliser
TOUT ce qui est sur son site. En partant de l'ouvrage de Fédié, il a
tenté de confirmer sa thèse en utilisant « un moyen moderne
d'investigation et de recherche qui est la photo aérienne ».
1987. Baigent, Leigh, Lincoln,
Le Message , L'Enigme sacrée **, Le Messie, Les
Mérovingiens, L'Ordre de Malte, le Roi perdu, Rennes- le-Château, Le
Prieuré de Sion (Pygamlion) ; titre original : The Messianic
Legacy. Acheté seulement en août 2003 chez un bouquiniste. Tout
comme pour l'Enigme ,je n'en dirai rien car l'introduction
nous avertit dès la troisième ligne que c'est « un obscur prêtre
languedocien de la fin du XIXe siècle qui les a conduits
au Prieuré de Sion... ». Perfide Albion, qui me contraint à
éclaircir certains points litigieux sur ce maudit P.S.
Jean Michel Thibaux, L'Or du
Diable (Olivier Orban) tout d'abord publié l'année précédente
chez le même éditeur sous le Titre Les Tentations de Bérenger
Saunière . L'auteur a choisi, et c'est tant mieux, de préférer
la forme romancée pour enfin nous parler de Bérenger. Cette histoire
a fait l'objet d'un téléfilm.
1988. Gérard de Sède, dédicacé
par l'auteur lui-même en souvenir d'une conférence donné à Toulouse
en 1987. Rennes-le-Château, Le Dossier, les Impostures,
les Phantasmes, Les Hypothèses ( R. Laffont). Je
ne me sens pas capable d'en parler maintenant, je lui laisse donc la
parole :
« ...Puisse ce travail, en forme de mise
au point et de mise à jour, aider tous ceux qui, plus nombreux
chaque année, se rendent à Rennes-le-Château et dans ses environs,
mus par une curiosité bien légitime que n'altèrent ni la cupidité ni
les idées toutes faites. La lecture des pages qui suivent ne
dépoétisera pas le site, son histoire fascinante ni les événements
qui s'y sont déroulés, à la charnière du siècle dernier et du nôtre.
En effet, la réalité est ici plus belle dans sa nudité qu'attifée
des oripeaux dont l'ont revêtue les charlatans. Il n'est pas à
craindre que cette parcelle du vieux Razès, en terre d'Aude, ne
perde jamais sa magie ».
1989. Jean Markale,
Rennes-le-Château et l'énigme de l'Or maudit (Pygmalion).
Ecrivain, poète, professeur de philo et de lettres, conférencier,
auteur dramatique, comédien, homme de radio et de télé ! Quand ont
lit en exergue « Les chemins qui montent sont aussi ceux qui
descendent », phrase attribuée au penseur présocratique
Héraclite (un escalier monte et descend en sorte que la voie en haut
et la voie en bas ne sont qu'une seule et même voie) on se dit que
l'on va lire du Pierre Dac. Passons !
Ayant ignoré Rennes-le-Château pendant
un bon demi-siècle car ses « pôles » se trouvaient en Bretagne dans
la forêt de Brocéliande, en Angleterre et en Irlande, c'est grâce à
un « hasard objectif » que J. Markale a eu vent de l'histoire en
1981 quand "un jeune homme lui offrit son dernier livre avec un
belle dédicace : Le Trésor du triangle d'Or de... Jean-Luc
Chaumeil.
Puis en 1983, il reçoit l'un des
premiers exemplaires de l'Enigme Sacrée , livre "irritant".
L'auteur se justifie ainsi :
« Chaumeil, malgré ses informations
qu'il prétend authentiques et qui sont pourtant incontrôlables parce
qu'il ne donne aucune référence, et les auteurs de l'Énigme sacrée,
qui se prennent un peu trop pour des Wizards anglo-saxons
héritiers des fantômes des châteaux d'Écosse…………, j'ai décidé, en
partant de Montségur, de me lancer dans l'aventure ».
Je ne l'ai pas suivi dans son
itinéraire !
En 1989, ce monsieur avait déjà à son
actif 33 livres.
Arlette Règne et Pierre Bren,
L'Occultisme de la "vraie langue Celtique dévoilé et
Les Endroits Secrets du Cromleck de Rennes les Bains .
Début de la rédaction
de l'ouvrage : 10 septembre 1986 (Boudet 1886), achevé d'écrire le
17 janvier 1989, années (cent ans après) et date (17 janvier)
symboliques, tout comme sont symboliques les noms des deux auteurs
qui sont des pseudonymes du couple Arlette Regner et Joël Brenguier
: Rennes qu'on appelait jadis Regnes (araigne), Pierre (dolmens et
menhirs) et Bren (pellicule du blé moulu, précieuse céréale mais
aussi en argot or).
Ce livre, au titre explicite, est un
"décorticage" presque mot à mot du, je cite « puissant somnifère »
qu'est l'ouvrage de l'abbé Boudet. Pour « le rendre plus digeste »,
les auteurs l'agrémentent de passages relevant de la mythologie, la
kabbale, la numérologie etc...
L'étude numérologique de l'église de
Rennes-le-Château, et plus particulièrement des 14 stations du
Chemin de Croix est basée sur Introduction à une théorie des
nombres bibliques de R. Abellio et C. Hirsch. Les 14 Stations du
Chemin de Croix prennent ainsi une valeur numérique différente
suivant le nombre de femmes, d'hommes ou d'enfants qui les
garnissent. Sachant que l'homme vaut 7, la femme 33, le couple 40 et
le fils 40.
Malheureusement, ce
livre se termine inopinément sur une réflexion nettement raciste. G.
Baietti, et ce n'est pas le dévaluer, remercie en premier ce « grand
ami véritable collaborateur au visage à la Jean Gabin et au coeur
d'Indiana Jones » qui lui a fait découvrir bien des endroits secrets
de l'Aude, ce qui est vrai.
Jean Robin, Opération Orth ou
l'Incroyable Secret de Rennes-le-Château (Guy Trédianel). « Un
livre dont nul ne sortira indemne... » nous dit la quatrième de
couverture. A ne pas lire donc un soir d'orage avec pour toute
compagnie un chat noir.
« Vingt ans ont passé depuis ce bel été
de 1968 où, avec l'Or de Rennes en guise de Baedeker, je me
rendis pour la première fois sur la Colline envoûtée, lieu
ontologique de tous les possibles ».
Parmi tous ces possibles, « mettre hors
de portée de l'Ordre Noir qui infiltre l'Europe, la France en
particulier, voire même le monde », le...Talisman et le
transporter près de Coustaussa en Transalls indétectables par
les radars, DC 8 et hydravions...affrétés par un disciple de Guénon,
le Général De Gaulle, qui attend le retour du Grand Monarque ! Cette
mission ultra-secrète (!) fut supervisée par un ancien de
l'aéronavale entré dans les ordres, le R. P. Martin Couderc de
Hauteclaire, qui avait un appartement Port Saint- Sauveur
à..Toulouse et dans lequel il organisait les briefings.
1990, Jean Michel Thibaux, La
Cantatrice (Olivier Orban). Encore un roman de notre ami qui
nous fait pénétrer dans les milieux de l'opéra et des sociétés
secrètes grâce à la fameuse Emma Calvé.
Jean-Jacques Bedu,
Rennes-le-Château, Autopsie d'un Mythe (Loubatières, réédition
2002).
J'ai un attachement
particulier pour ce jeune (1964) romancier et essayiste, animateur
de conférences sur les hérésies médiévales, ceci pour deux raisons.
La première c'est
qu'il remercie particulièrement Claire Corbu et Antoine Captier
« sans qui ce livre n'aurait été qu'un tissu d'hypothèses sans
preuves ». Grâce à eux, il a pu avoir accès à des informations
capitales souvent inexploitées. Il a dû aussi prendre conseil auprès
du Docteur Malacan, car ce dernier lui écrivait : « ...Il conviendra
donc de tremper plusieurs fois votre plume dans l'encrier avant
d'établir une réfutation des thèses sédiennes qui dépasse tant soit
peu l'argumentation développée dans la « Mythologie » de R.
Descadeillas ; mais il ajoutait : « Naturellement nous sommes à
votre disposition pour vous aider dans cette tâche dans la mesure de
notre expérience (celle des pères fondateurs...) et peut-être avec
l'appui de la documentation dont je conserve le fonds à l'intention
des chercheurs d'aujourd'hui Et de demain... ». Le Docteur Malacan,
malgré nos supplications, n'a jamais rien voulu écrire sur notre
affaire. Mais à chaque manifestation insolite, il nous emmenait
là-haut et se précipitait pour saluer en premier la "beauté slave",
libraire du village. Il avait aussi une affection particulière pour
Alain Féral. Ce dernier n'a toujours pas compris, mais chacun sa
route et chacun son chemin. Quel gâchis cependant ! Au mois d'août
1997, il était venu chez nous pour préparer la rentrée. Rien ne
laissait présager alors qu'au mois d'octobre il nous écrirait :
« nous ne nous reverrons plus, vous allez rire, moi médecin, j'ai un
cancer ». Nous l'avons accompagné vers sa dernière demeure, le
cimetière de Gourvielle, village haut perché du Lauragais où la
route s'arrête. C'est là qu'il habitait, dans le presbytère. Il
avait donné des ordres pour que les cloches ne sonnent pas avant
midi.
La seconde, c'est que le chemin de notre
jeune J.-J. Bedu a un jour croisé celui de Maurice Magre et que
cette rencontre a bouleversé son existence. Après lecture de ses
Confessions sur les femmes, l'amour, l'opium, l'idéal, etc...
(réédition Dire Editions, 1999), il a décidé d'écrire la biographie
de cet homme hors du commun, la première : Maurice Magre,
Le Lotus perdu (préface de Dominique Baudis, Dire éditions,
1999), Maurice Magre est l'auteur du Sang de Toulouse (1931),
Mélusine ou le Secret de la Solitude , son testament
philosophique (1941), Magiciens et Illuminés (1930)... pour
ne citer que les titres les plus connus.
1991, René Descadeillas, voir
ci-dessus.
Henry Lincoln, Le Temple
retrouvé (Pygmalion), The Holy Place. Vous avez sans nul
doute senti que je n'ai pas trop d'atomes crochus avec ce monsieur
qui semble avoir un ego démesuré et qui exploite et éreinte sans
raison pas mal de monde et surtout de Sède. Je vais donc parler en
même temps de son livre de 1998, La Clé du Mystère de
Rennes-le-Château , Key to the Sacred pattern .
Le premier reprend son étude des
Parchemins, des Dalles, de sa sacrée géométrie pentagonale... pour
en arriver à nous dire que nous ayant donné les méthodes à utiliser,
les pistes à suivre, il ne nous restait plus qu'à rechercher
nous-mêmes les preuves afin d'approfondir l'étude (la sienne)
entreprise dont les détails échappent à un oeil fatigué !
Le second,
heureusement un service de presse !, débute par ces mots : « ...Près
de trois décennies plus tard, je me retrouve à la tête de trois
livres et de quatre films qui...n'ont pas pu contribué à la renommée
planétaire de ce hameau pyrénéen...où l'on afflue de tous les coins
du globe.. J'ai donc décidé qu'il était temps pour moi de reprendre
à partir du début les fils de cette histoire passablement
embrouillée ». No comment.
1992, Patrick Ferté,
Arsène Lupin supérieur inconnu, la clé de l'oeuvre codée de Maurice
Leblanc : Du secret de l'Aiguille Creuse aux mystères de
Rennes-le-Château par les souterrains de l'Histoire (Guy Trédaniel).
Ebouriffant ! Surtout si, comme moi, vous n'avez jamais lu la
moindre aventure d'Arsène Lupin. Je me suis rattrapée depuis car
nous avons eu l'occasion de visiter le 8 mai dernier, lors du
premier Congrès des Détectives, « Le Clos Lupin » à Etretat dont je
suis revenue sans avoir pu contempler la fameuse Aiguille.
Heureusement, car ne dit-on pas : Voir Etretat et mourir !
Rennes serait hantée, je cite, de
« résidus psychiques nocifs »...Alors Rennes de sabbat ? Sans
prendre parti, je dirai pour les rationalistes qui doivent ici
friser l'apoplexie, que cette optique « occultiste » a en tout cas
été...évoquée lors d'un colloque de deux journées, réuni par M. Yves
Lignon, chargé du Laboratoire de Parapsychologie (section
mathématique) à l'université de Toulouse-le-Mirail ; je dis bien
Université...Quoi qu'il en soit et quoiqu'on en pense, le plus
renversant, malgré tout, reste qu'on ne réussit à y voir plus clair
dans tout ce bricabracadabra « qu'au travers de l'oeuvre cryptée de
Maurice Leblanc ».
Ce livre m'a ouvert bien des horizons
que j'entrevoyais déjà, notamment sur Georgette Leblanc, compagne de
Maurice Maeterlinck, soeur de Maurice Leblanc et amie d'Emma Calvé.
En deux mots, Georgette fit ses débuts
de chanteuse à l'Opéra-Comique. Enthousiasmée par les premiers
ouvrages de Maeterlinck, elle décide de quitter Paris où elle était
liée avec le sâr Péladan, les Rose-Croix, Elémir Bourges et Maurice
Rollinat, amis de son frère Maurice Leblanc, et signe un contrat
avec le Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, afin de pouvoir
approcher l'écrivain. Elle a 26 ans. Leur amour devait durer 23 ans
et s'achever par une rupture déchirante en 1918.
« Il est impossible de penser à notre
héroïne, dit Jean Cocteau, sans que s'impose à notre esprit la
légende du Phénix. Elle secoue ses plumes multicolores. Elle dresse
sa huppe. Elle lance son cri. Elle allume le bûcher où elle monte et
qui la consume. Ses cendres palpitent. Elle retrouve la force de
réinventer sa matière ».
Tout comme Emma, Georgette était d'une
beauté diaphane
N'oublions pas, pour en revenir à
Rennes-le-Château, que Maeterlinck, Prix Nobel 1911 pour "L'oiseau
Bleu", est l'auteur de nombreuses pièces de Théâtre dont « Pélléas
et Mélisande » (1892) que Debussy utilisa comme livret pour son
opéra du même nom, du « Miracle de Saint-Antoine » (1904) et de « Marie-Magdeleine »
(1909). A propos de Debussy, je me permettrai de citer un extrait du
livre d'Anne Delbée, Une Femme (Presses de la Renaissance,
1982) :
« ...Camille Claudel aimait ces soirées
chez Mallarmé (le mardi), ce monde raffiné discutant du manifeste
symboliste, du livre de Huysmans qui faisait fureur, A Rebours.
Huysmans la fascinait... mais seul un jeune homme attirait
curieusement son attention. Son front surtout. Elle aurait aimé le
sculpter. Il avait comme deux énormes bosses qui pointaient.
Quelqu'un avait murmuré son nom : Claude, Claude Debussy. Il était
pianiste... »
1994, Jean Blum,
Rennes-le-Château, Wisigoths, Cathares, Templiers ; Les
Secrets des hérétiques( Editions Du Rocher, Age du Verseau).
Je ne sais si le Yves Lignon
"scientifique" m'a transmis le virus, mais j'ai tendance à me méfier
des gens que l'on dit férus de philosophie et passionnés des grandes
expressions de la recherche spirituelle (4e de
couverture). Mais comme notre auteur remercie Sonia et Alain,
Bérenger et la terre du Razès, j'espérais que son livre ne se
présenterait pas comme un ressassage de plus.
Hélas, c'est seulement dans la
conclusion que l'on nous révèle que : « l'affaire de Rennes, énigme
policière pas très compliquée (!) invite, sur d'autres plans, à une
réflexion philosophique...C'est donc qu'il faut chercher autrement
la Lumière ». Pas facile.
Richard Khaitzine, Les
Faiseurs d'Or de Rennes-le-Château , récit où se mêlent
l'encens, le sel, le soufre et le mercure, de la dynamite ! Encore
un auteur qui a son actif « plusieurs ouvrages de référence» et des
cassettes. « Passionné d'Alchimie, il en est devenu un théoricien,
parcours l'ayant incité à passer à la pratique ».
Comment donc est-il arrivé à Rennes (les
deux) ? Après lecture de de Sède et surtout de l'Énigme sacrée
.
Sa première confrontation avec les deux
Rennes vaut...de l'Or :
"Foin des fleurs de rhétorique, j'ai la
raison arraisonnée, le poison de Rennes-le-Château coule dans mes
veines, s'infiltre dans mes neurones. Je suis piégé !...Je pousse la
porte (du cimetière)... Je marche.... Je m'approche... Je ne suis
pas seul... Bruits de pas s'éloignant... Je respire, soulagé... ; je
visite l'église « en songeant que les abbés Boudet et Saunière ont
tiré toute leur décoration de la substance même de l'oeuvre de ce
poète génial que fut Gérard de Nerval ... ; je visite l'église de
Rennes-les-Bains »... Mais le lecteur comprendra que nous ne
puissions guère aller plus loin dans nos explications déjà très
charitables..., « mais je pense que Fulcanelli fut en relations avec
Boudet ». De qui se moque-t-on ?
1996, Gérard Lupin, Le
Trésor d'Alaric (Guy Trédianel). Mais « Qu'es aco ? » (Mais
qu'est-ce donc ?).
« Nous apprenons (Actuel d'avril 1989)
que le roi du Maroc Hassan II est très intéressé par un projet
consistant à donner de fausses informations au système de détection
de la chlorophylle que possèdent les criquets. Si ce projet s'avère
efficace, ce sera la preuve évidente que les émissions de forme, les
champs vibratoires existent bel et bien ».
« ..Mais quel rapport tout ceci a-t-il
avec le trésor d'Alaric ? »,. Je cite, « Tout simplement que si la
« Table d'Emeraude » qui se trouve dans la Montagne d'Alaric, sans
doute dans sa tombe existe, elle doit émettre, et cette émission, il
ne reste plus qu'à la capter avec autre chose que les dernier gadget
électronique sorti du marché ».
Et Rennes-le-Château ? « Si ce n'était
qu'un arbre cachant une immense forêt...voisine ? ».
Vinciane Denis,
Rennes-le-Château , Le trésor de l'Abbé Saunière
(Marabout). V. Denis est licenciée en philosophie médiévale,
journaliste, spécialiste en communication.
Livre très clair et
trop rigoureux à mon gré, ce qui n'est pas un reproche, mais une
simple constatation. A faire découvrir aux jeunes et aux vieux
néophytes.
1997, Roger Antoni,
Rennes-le-Château Mystification biblique , (2è éd. Editions
Alixe).
Il est préférable ici
de donner la parole à l'auteur lui-même.
Introduction :
« J'ai jugé opportun de commencer cet
ouvrage par la première partie du livre de Louis Fédié en
reproduisant intégralement le texte de l'auteur jusqu'à la page 56
de l'édition originale de 1880. A compter de la page 57, Louis Fédié
traite d'autres lieux que de Rennes-le-Château inutiles dans
l'affaire présente ». On peut lui en savoir gré car ce livre, sans
doute introuvable pour certains, n'a été réédité qu'en 2002.
Chapitre I :
« ...Pour écrire trois ouvrages sur la
région, j'ai parcouru, en 4 x 4, plus de... 70 000 km et, en toute
humilité, je suis loin de maîtriser l"affaire de Rennes-le-Château.
Que dire de ceux ayant séjourné quelques instants, ou même n'ayant
pas quitté leur écritoire parisien ? A titre d'exemple, j'ai acheté
une bonne trentaine de livres sur le sujet et j'ai poussé la
plaisanterie jusqu'à vérifier leur contenu. Deux pages environ de
matière correcte en furent le résultat. Je comprends que les Celtes
refusaient l'écriture ! »
Chapitre 2 : Un Saint Sépulcre à Rennes
:
« ..Aucun document aucun vestige n'étant
visible, nous avons donc donné la parole à la médiumnité pour
accumuler quelques bribes de possibilités historiques :
...Ce lieu est chargé d'une énergie
anormale...Elle est inhumaine.. Il y a des cristaux atlantes... Un
engin - un Ovni - s'est posé ici dans le passé et il reviendra...
Il y a trois ou quatre... cinq
cryptes....Il y a une niche...une croix en pierre au fond...
chrétienne...j'ai peur ! C'est noir c'est oppressant...
...Toutes ces révélations ne seraient
qu'une longue suite d'assertions si je ne venais d'apprendre
l'existence d'une maquette commandée, à un fondeur de Lyon, par
l'abbé Saunière. Celle-ci représente le relief du territoire de
Rennes-le-Château, et un lieu est étiqueté Saint-Sépulcre ! ».
Je ne dévoilerai rien de plus sinon que
comme l'auteur le dit lui-même, l'affaire est à suivre car on y
discerne plusieurs thèmes qui demandent un développement, comme :
« l'affaire Saunière, l'Arcadie, la découverte de la Rota dont le
centre serait le Pech de Bugarach, la nécessité de réviser toute
l'histoire... ».
Espérons seulement,
conclut R. Antoni, que la Culture prendra le dessus sur le
charlatanisme ! Espérons donc.
Richard Andrews, Paul
Schenllenberger,
La Montagne sacrée, Nouvelles révélations sur l'Enigme Sacrée, Le
grand secret de Rennes-le-Château (Pygmalion).
Titre original : The Tomb of God .
Tout commence après les émissions de télé des années 70 diffusées à
la B.B.C. Paul, ingénieur civil de formation, estime que l'analyse
géométrique des documents n'a pas été convenablement menée par
Lincoln, ancien scénariste de télévision. Il reprend donc tout à
zéro avec comme partenaire Richard qui s'intéresse à l'histoire et à
la religion. Celui-ci est, en outre, champion de tir au fusil,
expert en pose de bombes et de mines au Proche-Orient tant sur que
sous l'eau.
Puis, c'est grâce à une découverte
fortuite dans de vieux parchemins jusqu'alors dédaignés, mécompris,
controversés, trafiqués, qu'ils poursuivent leurs recherches à
l'université d'Oxford, la Bodleian Library, le Taylor Insititut, la
Western Art Library de l'Ashmolean Museum, les bibliothèques des
Collèges de Géographie et de Sciences.
Cette découverte les amène à la grande
question princeps : « Quel est le grand secret enfoui au plus
profond du Mont Cardou près de Rennes-le-Château ? ».
Rien de plus simple pour y répondre que
de prolonger l'enquête historique et les investigations de Lincoln,
pour démontrer que... « la Tombe ultime du Christ se trouve, selon
toute vraisemblance, dans un lieu quasi inaccessible des Pyrénées,
au plus profond du Mont Cardou près de Rennes-le-Château ».
« Va-t-on entreprendre des fouilles ?
Elles s'imposent », concluent-ils dans l'épilogue.
Ce périple, plein de rebondissements, de
nos deux auteurs est, selon moi, très attachant, car il nous fait
connaître des lieux et bien des petits côtés de l'histoire que nous
ne soupçonnions même pas. Nous savons bien pourtant que
l'imagination des êtres humains est incommensurable, mais que la
réalité dépasse rarement la fiction !
Ce que j'ai pu lire p.69 m'a laissée
pantoise ; munis de la carte de Cassini et d'un GPS "Magellan", sur
lequel leurs yeux étaient rivés, nos deux compères s'en sont un jour
allés au lieu-dit La Mort (entre Montazels et Peyroles).
« C'était l'heure la plus chaude de la
journée, et une vieille femme courbée sur son ouvrage vendangeait sa
vigne. En se retournant pour soulever son lourd panier de fruits,
elle nous aperçut. Elle y préleva deux grappes qu'elle nous tendit,
accompagnant son cadeau de bienvenue de mots qui nos abasourdirent :
Des pommes bleues, messieurs ?
Pommes bleues, continua-t-elle, était
une expression du dialecte local qui voulait dire raisin ».
Pour ceux qui ne connaissent pas les
détails, un décodage des parchemins fantômes soi-disant codés a
donné :
Pour le premier :
A DAGOBERT II ROI ET A SION EST CE
TRESOR ET IL EST LA MORT
Pour le second :
J'ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI
POMMES BLEUES
Je dois faire ici un petit aparté, car
ce livre m'a obsédé, jour et nuit, pendant un certain temps.
Au cours de la nuit du 19 au 20 février
2003, j'entends une voix qui me dit de consulter la page 390 de La
Sacrée Montagne et celle de la Sacrée Énigme (!). Le lendemain, je
me précipite... Et que vois-je ?...Deux belles pages blanches. J'en
ai simplement conclu que je devais écrire là ma conclusion
personnelle, ce que je n'ai pas encore fait. Cela viendra
peut-être...
Dans la nuit du 22 au 23 de ce même
mois, à 5h41 très précises, j'entends à nouveau une voix qui me dit
: « C'est de l'or qui y coule », et, « Le Trésor est dans les
livres ». Réveillée brusquement, je note aussitôt ces deux phrases.
Je n'ai pas approfondi la question car je sais fort bien, suivez mon
regard, que même les plus grands voyants peuvent se trouver face à
une difficulté insurmontable au moment de donner des détails précis.
Ils sont capables de décrire tous les événements inhérents à une
situation, mais sont incapables, même spontanément, de préciser
l'endroit où ils se sont produits.
J'ai raconté par
ailleurs ces faits et cela m'a valu une petite remontrance puisque
quelqu'un de susceptible a cru comprendre que je voulais dire que
ceux qui écrivaient des livres sur Rennes-le-Château devenaient
riches ! Ce petit malentendu s'est depuis effacé, et je l'en
remercie, mais le fait est là.
Guy Mathelié-Guinlet,
Rennes-le-Château ,le mystérieux trésor de l'abbé Saunière.
(Aubéron, Bordeaux). Ce médecin palois, ariégeois de naissance,
aujourd'hui à la retraite, a publié un autre livre Les Cathares
, même éditeur.
« Pour écrire son livre, il a lu tous
les livres sur le sujet, tous les articles traitant du sujet dans
« la Dépêche du Midi » et surtout il s'est rendu sur place. La seule
source qui lui a manqué - et c'est dommage, car elle aurait été sans
doute précieuse - ce sont les archives de l'évêché de Carcassonne »
(Extrait de « Sud-Ouest », 28 novembre 1997). Est-ce indispensable ?
Octonovo en sait peut-être plus à ce sujet, lui que je surnomme, M.
Bulldozer, car il n'hésite pas à foncer.
1998, Henry Lincoln, voir plus
haut (La Clef du Mystère de Rennes-le-Château).
B. Hivert et J. L. Murat, Les
clés d'or du Trésor de Rennes-le-Château , Les révélations du
"Cromleck de Rennes-les-Bains" ( Editions H. et M). Le
livre de ces deux auteurs-éditeurs est un insolite décryptage-
décodage de l'oeuvre Boudet-Saunière, à l'aide de l'astrologie,
signe après signe, de la géographie et des géométries sacrées, de la
cabale, la linguistique, l'alchimie, etc. ce qui nous entraîne
évidemment en Arcadie, en Égypte, au Sinaï.
Ce que je pressentais trouve ici
confirmation :
« ...A l'exception des monuments et des
habitations, tout concordait avec l'axiome : la Jérusalem antique
est l'exacte réplique de la partie sud de Rennes Celtique, mais
inversée. La carte Boudet regardée à l'envers, est
corrélativement la parèdre de la carte de Jérusalem, tout au moins
la partie sud à partir du Roukats... ». Cela est clair aussi sur la
maquette. La Blanque et la Sals et leur confluence, le delta du
Rhône sont l'exacte réplique du Cédron et de la Géhenne. A potasser
donc sérieusement.
Germain Blanc-Delmas,
Chronique sur Rennes-le-Château, Marie d'Etienne, le trésor oublié
(Editions Envolée). Je ne dirai rien de ce livre plein de fraîcheur
puisque M. Blanc-Delmas nous a fait l'honneur d'être présent à notre
premier Colloque l'an passé. Qu'il est loin le temps des pendants
d'oreilles ! A lire ou à relire puisque nous sommes au temps des
cerises.
1999, Guy-Claude Mouny
Rennes-le-Château, un autre regard sur l'Enigme
(Cheminements, collection l'Or Bleu). Ouvrage envoyé dédicacé
à J.-J. Velasco qui nous l'a offert, car il n'a rien saisi du
pourquoi et du comment.
M. Mouny est Membre de l'Institut des
Hautes Etudes de Défense Nationale, colonel de réserve honoraire, un
de rares spécialistes des 2e et 5e bureaux
(action psychologique), auteur de plusieurs ouvrages
révolutionnaires résumant la plus vaste recherche entreprise à
partir de la Croix égyptienne. Passionnant ! Délirant ! A lire
absolument puisque l'auteur, nous emmène de la Terre au Ciel en
passant par un axe Guizeh-Sion-Rennes. Et puis, ceci est partial, il
fut l'ami du colonel Gérard Wirtz-Risse du 8e RPIMA de
Castres (où je suis née) qui, animateur du club sportif, artistique
et culturel des Armées, avait fait remuer de vieilles pierres sur le
site de Rennes. Les PARAS ont-ils trouvé le trésor ?
Au début de son livre, M. Mouny adresse
une lettre ouverte à M. l'abbé Saunière dans laquelle il lui dit en
substance :
« ...Vous nous avez bien eus. Mais vous
avez exagéré. C'était péché que de sortir de votre rôle car, de
toute manière, vis-à-vis du Prieuré de Sion, il fallait garder la
discrétion d'un Hugo ou d'un Cocteau. Vis-à-vis du grand secret
probable, c'était plus grave, il fallait risquer l'opprobre en
l'annonçant ou en laissant faire, en attendant que votre Thora,
reçue en dépôt, parlât le langage de son siècle ».
Là-dessus, que nous conseille notre
colonel « formé à des disciplines pointues » ?
« Faisons comme si ne nous connaissions
pas Saunière et restons en vol libre au-dessus du nid, gardons notre
vol en altitude, ce qui doit permettre une vue haute des choses. Les
OVNI sont un moyen parmi d'autres ».
Pour étayer son propos, M. Mouny, nous
explique que les spécialistes en ufologie ont cherché si on pouvait
dégager quelque information de l'enchaînement des lieux de posées.
Sous le nom « d'orthoténie des atterrissages d'OVNI » l'un d'eux,
Raymond Terrasse, a établi des règles, une géométrie, qui laissent
supposer que les OVNI ne se posent pas n'importe où, mais selon une
grille formelle dont la détermination nous échappe... A l'origine de
cette méthode, il y aurait un homme. Un homme plutôt inattendu, Jean
Cocteau, qui a aussi cherché quelle pouvait être l'origine du
graphisme d'hiéroglyphe Ankh (le signe de vie égyptien) car
il était... une réincarnation pharaonique.
En dehors de ces révélations, il sera
question dans le désordre de :
« Méridien, Arago, Képler, même
combat ».
« Egypte, Saint Sulpice
Rennes-le-Château, même combat ».
« Bonaparte et le mystère de
Rennes-le-Château, même, ah ! non, pardon ». « C'est la méthode
enseignée dans les écoles de police qui nous apprend que ce n'est
pas une coïncidence ».
« François 1er, Léonard de
Vinci, Napoléon...trois personnes incontournables dans cette
affaire ».
Et enfin pour sortir « des réticences de
vierge effarouchée, M. Mouny pose, excusez-moi du peu, mais les
morts étant morts, des questions aux vivants :
« Demandons, écrit-il, à Jack Lang,
surnommé le Roi de Blois , s'il ne peut vraiment pas nous
éclairer sur les motivations du président Mitterrand, - qui, je le
souligne, vint à Rennes-le-Château - dans sa volonté d'application
des grands monuments de Paris ». Comprenne qui pourra.
Somme toute, et pour conclure l'analyse
un peu longue, je vous l'accorde, de cet ouvrage, donnons une
dernière fois la parole à Guy-Claude Mouny :
« Rennes-le-Château n'est sans doute
qu'une des cheminées d'aération au-dessus du tunnel, petite
ouverture qui permet la décompression, voire un des accès, à ce que
l'Homme pressentait, mais n'osait envisager, et qui le fait trembler
maintenant qu'il le touche : « ce tabernacle, hors des confins de l'Egypte ».
Ajoutons que l'auteur, jugeant les
bibliographies inutiles, a fait le choix de citer les ouvrages au
fur et à mesure de leur évocation. Il n'en cite qu'un pour
"dédramatiser et faire preuve d'un peu d'humour : Serge Laforest :
Gaunce et la main du Diable (Fleuve Noir, 1972). Polar
classique qui commence en Bretagne pour se déplacer vers la fin, à
Rennes-les- Bains et Rennes-le-Château, flirtant avec Couiza.
Je profite de ce moment solennel pour
lancer un appel à celle ou celui qui possède un exemplaire de cet
ouvrage.
P. Silvain, Jésus-Christ
Bar-Aba. Voici un livre gratuit puisque apporté par l'auteur
lui-même, à Yves. Encore un monsieur qui a été pris dans l'engrenage
castelrennais, puisque BAC+10, il a tout laissé tomber pour mener sa
propre enquête.
Magnifique ! Très, très, très belles
photos couleur et très très beau texte sur papier glacé qui nous
amène à une révélation de taille : P. S. a fait constater par
huissier l'entrée de l'endroit où se trouve le Saint Sépulcre. Où ?
A Alet-les-Bains. Il a même envoyé, en 1999, des lettres
recommandées au ministre de la Culture de l'époque, Mme Trautmann
avec copie pour le Président et le Premier ministre, pour leur
signaler « cette découverte archéologique, la plus importante qui
ait jamais eu lieu en Occident (Queste du Graal) ».
Est-ce de cet auteur dont on parle dans
un petit polar récent - qui m'a coûté cher à l'achat - signé Antoine
Blocier, templiers.com (Le Passage, Polarchives). A ne pas
mettre entre toutes les mains, car les détails de séances
homo-sado-maso, sont nulles et non avenues :
« En France, un dénommé Pierre Silvain
affirme depuis 1997 que les "prophéties" n'en sont pas, mais plutôt
un texte codé, lui aussi en rapport avec le secret des Templiers. Et
le secret, c'est un trésor et des archives. M. Silvain accuse même
M. Yves de Lessines (?), l'auteur présumé des textes originaux,
d'avoir mis à l'abri malgré les directives de ses supérieurs le
trésor connu du temple, puis d'être responsable de son éventuelle
destruction et de la mort de nombreux chevaliers. Le seul problème
c'est que toutes ces traces écrites l'étaient en langage codé. Du
coup, la quête avait repris de la vigueur, avec cette double
articulation : la recherche d'un trésor des templiers connu pour le
belge Cambier et celle d'un trésor inconnu pour le français Silvain,
notamment la fameuse et mythique Arche d'Alliance ».
2001, Patrick Mensior,
L'extraordinaire secret des Prêtres de Rennes-le-Château (Les 3
Spirales). Je suis très embarrassée pour vous parler de ce livre car
P. Mensior est un chercheur sérieux qui fait « oeuvre de salubrité
publique en démystifiant certaines théories enjolivées ». On dit que
la plupart du temps, les quatrièmes de couverture sont écrites par
les éditeurs.
Mais, admettons qu'il en soit ainsi et
lisons l'avant-propos signé par l'auteur : « A ce jour aucun travail
cohérent n'a été entrepris sur la stèle...combien de fois avons-nous
bondi de notre siège devant les énormités ou l'assurance de certains
auteurs qui n'hésitaient pas à tronquer, à déformer, à omettre
volontairement des détails afin de mieux habiller leur thèse... ».
Comment après ces sages paroles en vient-on à nous proposer une
« clé du cryptogramme dont nul ne sait s'il est authentique et si la
paternité en revient à l'abbé Saunière » ?
Ma thèse, qui n'est
qu'une hypothèse de travail, trouve en l'auteur de ce cryptogramme
G. de Sède.
Bref, n'est-il pas de meilleure
conclusion que celle de P. Mensior, que je remercie ici car il m' a
aidé dans certaines de mes recherches :
« Que chacun continue sa quête en
gardant l'esprit chevaleresque et n'oublie jamais qu'un mystère peut
être découvert, mais qu'un secret doit être gardé... ».
2002, Reprint du livre de Louis
Fédié, Le Comté de Razès et le Diocèse d'Alet (Lacour).
Acheté à Rennes-le-Château le 22 août 2003. A lire sans
arrière-pensées..
Sur une page blanche, j'ai noté : nuit
du 30 au 31 août, au réveil, souvenir d'une phrase : « le combat de
l'ange et du démon au Zénith ».
Où êtes-vous Mr Freud ?
2003 , Giorgio Baietti
L'Enigme de Rennes le Château, les Rose-Croix et le Trésor Perdu du
Graal (Edizioni Mediterranee, réimpression 2003).
« Giorgio Baietti,
diplômé de Lettres et de Sociologie, est journaliste. Directeur d'un
journal culturel, il a été l'un des premiers en Italie à étudier
l'affaire mystérieuse de Rennes le Château et à la divulguer au
travers de conférences et d'émissions télévisées. Depuis 1988, il
fait des recherches dans les Pyrénées avec la collaboration directe
de chercheurs français et anglais ».
Encore un livre très attachant que j'ai
traduit avec passion. L'Italie et moi, c'est une longue histoire que
je ne vous raconterai pas ici.
En dépit de cela, ce récit nous emmène,
si nous oublions tout ce que nous avons lu sur cette affaire, - ce
que nous devrions faire à chaque nouvelle lecture - dans des
dimensions que nous ignorions, et qui nous incitent à refaire le
chemin pedibus cum jambis, sans GPS, sans carte, avec seulement nos
rêves.
Je dois ajouter, malheureusement,
qu'ayant eu de très bons contacts avec l'éditeur et l'auteur, ravis
de mon intérêt pour ce livre - puisque M. Baietti était prêt à
m'envoyer une copie de son premier livre sur l'abbé Saunière, de nos
jours introuvable, et m'annonçait la parution de son troisième livre
sur Rennes pour Noël - je me retrouve aujourd'hui face à un silence
incompréhensible, malgré une aimable relance.
Est-ce qu'une
malédiction plane sur l'affaire de Rennes-le-Château ? Sans doute,
mais elle est sûrement et certainement alimentée par des gens qui ne
cherchent qu'à détruire l'imaginaire que chaque être humain civilisé
ou pas porte en lui depuis qu'il a posé un pied sur cette Terre.
Marie Christine Lignon