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Rennes le Chateau, Alfred Saunière

Deux Maitres

Domenico Migliaccio

Dans la longue liste de Jean et Jeanne qui, selon les Dossiers Secrets, gouvernèrent le Prieuré de Sion, n'apparaissent que deux Maîtres de langue italienne: Jean VIII, Sandro Filipepi "Botticelli" (1483 -1510) et Jean IX, Leonardo da Vinci ( 1510 – 1519).

Je ne sais pas si ces deux Génies de notre Renaissance furent vraiment Maîtres de l'Ordre, mais je souhaite intituler ainsi cet article parce qu'ils furent des Maîtres dans leur Art. Avant de parler d'eux, tout de même, permettez-moi une petite précision.

Je ne voudrais pas trop simplifier, mais l'on peut dire que de 1967 (L'Or de Rennes par De Sede, ou par Plantard) jusqu'à 1982 (The Holy Blood and the Holy Graal par Baigent, Leight, Lincoln) l'Affaire de Rennes-le-Chateau pouvait être considéré une attraction pour chasseurs de trésor. Certainement entre ceux-ci il y aura aussi états les Chercheurs du Graal mais, probablement, avec un esprit plus près aux chasseurs de trésors qu'à l'humanité bigarrée qui'intéresse actuellement à notre histoire . Aujourd'hui, dans les publications sur le sujet, au-delà du, trésor on y peut lire de nombreuses choses concernant  les complots politiques lointains dans le temps, le sociétés secrètes de tous types, des rites et mythes à considérer comme hérétiques, des religions sécularisées, d'ingérence extraterrestre, du neo-mysticismes.

Objectivement il faut reconnaître que ce fut vraiment l'idée de la Souche Divine présentée par les trois journalistes qui créa une caisse de résonance offranr à  Rennes-le-Chateau une considération internationale.

L'idée de ce "Sang du Roi", dans son principe, peut être considérée comme folle et géniale parce que s'il est impossible de présenter une "preuve", il est cependant possible de la soutenir avec de nombreux indices d'épaisseur variable. Ce livre nous raconte que Jésus Christ (mort sur la croix ou non)  remit à Marie Madeleine la Souche Propre qui, peut-être, dure encore dans notre temps. Les auteurs, étrangement, n'orientèrent pas leurs autres recherches vers une conjecture si intéressante, qui dans leurs livres suivants semble dissoute. Ils ouvrirent un Canal à bien d'autres écrivains anglophones, qui reprirent le sujet.

Baigent, Leight et Lincoln nous firent savoir que les restes de Marie Madeleine étaient gardés à Rennes-le-Château. Andrews & Schellenberger (The Tomb of God – 1997) nous ont dit qu'au pied du Cardou serait  enterré Jésus. Blake & Blezard, (The Arcadian Cipher – 2000) affirment que dans ces endroits, reposaient les deux dépouilles (qui furent volées par des moines d'un Ordre lié à Rome) en deux tombes voisines, uni dans la mort comme ils furent en vie.

Maintenant, nous connaissons bien les aïeux du Saint Couple, décrit dans le travail de Graham Phillips (The Marian Conspiracy – 2000) et nous connaissons très bien aussi leurs arrière-petit-fils, illustré dans les minutieuses généalogies de Laurence Gardner (Bloodline of the Holy Graal – 1996). Et si quelque chose nous a échapé, Knight & Lomas (The Hiram Key – 1996) nous explique clairement comment choses se déroulèrent.

Et que penserdans le Serpent Rouge la Sainte des longs cheveux est seulement citée une fois , sous le signe du Lion, et plus comme une vague et vénérable "fèminine" que comme la Porteuse de la Ligne Rouge: "Jadis les uns l'avaient nommée: ISIS (…) d'autres: MADELEINE (…). Les initiés savent son nom véritable: NOTRE DAMES DES CROSS." Enfin, Marie Madeleine que la légende (agréable à l'Église Catholique) voit débarquée sur les côtes méditerranéennes de  France, semble devenue plus importante pour les Anglais que pour les Français eux-mêmes.

J'ai jusqu'à présent parlé d'essais (et j'ai omis de nombreuses études d'autres auteurs) mais dans la Fiction, plus facile à divulguer, les choses ne changent pas beaucoup. Dans le film du 2001 de Stuart Urban, Revelation, Madeleine est la seule capable de s'opposer à l'horrible Antéchrist cloné. Et encore, le récent best seller "Le Da Vinci Code" tourne autour de Sophie/Magdalena , que seulement à la fin de sa longue journée commence à comprendre son vrai rôle.

Deux considérations sur le chanceux roman de Dan Brown. La première est que, comme tous les autres anglophones, avec la vénération pour Marie Madeleine, il montre aussi un oeil ouvertement "critique" sur l'Église de Rome. La seconde est que les discutables mais savoureuses analyse des peintures de Leonardo que les deux protagonistes font à l'intérieur du Louvre (le bras "fantôme" de S. Pietro et le S. Jean "féminin" dans le Cenacolo; le "Caput" invisible dans la Vergine delle Rocce; le "geste" du Baptiste dans l'Adorazione dei Magi et dans le carton de Sant'Anna e la Vergine) sont partiellement reprises du célèbre The Templar Revelation - 1997, de Picknett et Prince, dont le premier chapitre s'intitule significativement "le code secret de Leonardo da Vinci."

Ceci me permet de revenir aux deux Maîtres.

S'il avait été vraiment celui-ci, il est évident que comme Grand Maître, il ne l'aurait jamais divulgué. Et si aussi un Nautonnier, prince, politique, ou savant, eût désiré laisser un indice "voilé" de sa connaissance, il aurait eu beaucoup de difficultés à le faire sans risquer l'irréparable. Mais pour un Grand Maître Artiste, peut-être, il aurait été plus simple... un écrivain peut laisser quelques lignes expressives ça et là dans la mer de ses écrits, comme un peintre peut insérer dans ses tableaux un détail particulier, intéressant seulement, pour celui qui sait le lire. Et alors j'ai cherché dans l'oeuvre de deux heures Grands quelque chose qui, sous le Voile de la Beauté, nous fournît quelques signes concernant ce sujet inquiétant.

Le tableau le plus célèbre au monde, gardé au Louvre, a un titre plutôt long: "Ritratto di Madonna Lisa moglie di Messere Francesco del Giocondo". Il en existe de nombreuses reproductions, mais en réalité il ne peut pas être copié parce que Leonardo le voulut unique et inimitable. Nous admirons la peinture et nous ne la mettons pas en relation à autre: l'oeuvre « est cette qu'il est » .

Sur un tableau répété, par contre, il y a marge pour la comparaison: nous faisons un Paragone avec les différences, les additions, les nuances, les altérations. L'étude des deux versions de la Vergine delle Rocce, celle de Paris et celle de Londres en sont l'exemple: dans un paysage qu'il reste virtuellement égal , ils changent les regards des personnages, leurs gestes, les positions dans l' espace.

Mais il y a un autre double ou, peut-être, triple peu connu. Il retire aussi une Vierge avec Enfant et il est appelé de différentes manières: "Madonna dei Fusi, o dell'Aspo o dell'Arcolaio". Les trois substantifs se réfèrent à un objet unique, le dévidoir pour filer la laine, et le premier terme, Fuso, il fournit un savoureux calembour, signifiant en italien aussi Ligne du Méridien.

Deux versions (le Buccleach et le ex-Redford) sont certainement l'oeuvre de la Bottega de Leonardo et remontent  toutes deux a 1501. Certaines critiques soutiennent qu'elles furent en grande partie l'oeuvre du Maître, alors que d'autres affirment qu'elles ont été peintes par deux garçons en suivant, de toute façon, ses précises directives et sous sa étroite supervision .

 

Sur une troisième version la critique est divisée: ils sont nombreux à croire que elle a été exécutée après l'an 1510, mais tous ne l'attribue pas directement a Leonardo.

Les nombreuses imitations suivantes, d'école lombarde, furent commissionnées par d'autres mécènes (anxieux d'en avoir au moins une copie), à autres peintres (anxieux de les essayer dans la preuve). Aussi celles-ci sont toutes très belles et unes, en particulier, curieuse pour l'inversion spéculer dite "girello".

Nous observons les premier deux versions , que la critique attribue avec certitude à l'École de Leonardo. Nous nous trouvons ici devant à un complet capotage des termes déjà analysés dans la "Vergine delle Rocce": les personnages, la Sainte Vierge et l'Enfant, sont cristallisés dans une immobilité statuaire, pendant que le landscape sur le fond est complètement changé. C'est un autre Topos.

Dans la première version les faibles couleurs chaudes du ciel et de la mer confèrent au milieu un aspect aride, ensoleillé, du caractère méditerranéen (l'habit sombre de la Sainte Vierge pourrait être celui-là mis, encore aujourd'hui, par une femme Turque ou Cypriote). Dans la second version l'atmosphère azurée nuance, par contre, dans un paysage frais, animé par le fleuve, montueux (je ne suis pas factieux et je n'écris pas pyrénéen) beaucoup de semblable à celui-là suggéré dans le carton de S. Anna e la Vergine.

De nombreuses choses méritent d'être remarquée: le dévidoir (qu'il donne l'angle horizontal) est une croix a quatre bras « Lorraine » (comme les deux jasmins blancs de la "Vierge Benois") et l'Enfant a l'index de la main gauche affectée dans le classique geste de S. Jean. Ce doigt effleure avec soin l'intersection de la croix, comme à indiquer une espèce de guidon. C'est une lecture naturelle: la Femme est tournée à l'Enfant qui se regarde le doigt qu'il indique un endroit: endroit qu'il est à ses épaules et qu'il ne peut pas voir, mais nous oui.

Un "vol d'imagination" il ne me retient pas du légères les deux tableaux en succession temporale, comme ils fussent deux strips d'une unique bande dessinée , et imaginer une pensée peinte dans ces yeux: "Je viens de cet endroit mais maintenant ils sont dans cet autre." Clairement il est seulement une mon interprétation , donc équivalent à celles d'autres. Mais j'ai lu histoires édifiées sur intuitions bien plus "amusantes".

En passant au Botticelli, il m'a étonné son oeuvre, " Madonna in Trono fra Santi ed Angeli", connue comme "Pala di San Barnaba". Peinte en 1487 (en théorie, Sandro Filipepi était déjà Grand Maître depuis quatre ans) elle retire bien douze personnages. Malgré cette surcharge, la composition est construite sur les simples lignes d'une étoile à six piquée (dont le centre cadre la Vierge et l'Enfant) et lequel géométrie est suggérée par l'ouverture des tentes et de la ligne qu'il unit les chapiteaux des colonnes.

L'anachronisme, dans la peinture de la Renaissance, il était plutôt usuel (Robert de le Sizeranne le décrit dans le troisième chapitre - La modernité de l'Evangile - de son splendide livre "Les miroirs de la vie" édité à Paris en 1902) et cette peinture ne fait pas d'exception. Au-delà aux quatre anges en haut, la table représenterait S. Caterina d'Alexandrie, S. Augustin, S. Barnabé, S. Jean Baptiste, S. Ignace et S. Michel: tous personnages que ne "pourraient" pas rester ensemble mais, comme nous avons vu, celle-ci est une chose plutôt commune. Pour curiosité, la Dame, l'Enfant, S. Augustin et S. Ignace, (mais pas le Baptiste) ce sont les mêmes modèles, vieillis de deux ans, visibles en la « Madonna Bardi » autre oeuvre avec particuliers très intéressants, que Botticelli peignit en le 1485.

Je ne suis pas critique d'art et ma préparation en matière est sûrement mauvaise, mais normalement quand S. Jean Baptiste est présent dans une peinture ensemble à Jésus Christ, ou il le baptise, ou il l'indique avec la main et le "cartiglio" : ECCE AGNUS DEI. Maintenant, en suivant avec le regard la base inférieur du triangle de l'Esalpha, il nous apparaît une scène qui n'a pas de besoin d'autres commentaires.

Quand je l'ai fait remarquer à un ami, il m'a dit scandalisé: " Oh no, no, no… non è possibile ! Sûrement le Baptiste est en train d'indiquer la lame aux pieds de la Vierge! ". Et alors nous avons bien regardé l'inscription avec plus attention. Elle est en italien. Elle dit: VERGINE - MADRE - FIGLIA - DELTVO - FIGLIO - (Vierge - Mère - Fille - du tien- Fils). Elle, à tout hazard, s'est évidemment trompée : malgré il y eût place à la suffisance "DEL TUO " (du tien) il est écrit tout attaché. Et penser qu'il y a aussi les points précis de "séparation"...

Botticelli était le peintre qui peignait minutieusement et fidèlement les brins d'herbe, les cils des Dames, les nervures du marbres, le texte grec dans le livre ouvert de la Règle de S. Augustin. Il n'était sûrement pas ignorant. Mais ce soir il était peut-être ivre, comme beaucoup de tailleurs de pierres qui ont gravé des N inversée !!

Avant de terminer je voudrais ajouter une chose: ce que j'ai écrit ne m'accorde pas avec l'hypothèse des trois Anglais. Je suis convaincu que beaucoup d'indices ne constituent pas une preuve, comme beaucoup de pommes n'auront jamais le goût d'une orange, ou comme la somme de beaucoup de Zéros ne donnera jamais Un.
Il ne sera pas élégant, peut-être, mais je voudrais fermer cet article avec un :o)

Roma, Equinozio d’Autunno

D.M.

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