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Ashmoedai
Domenico Migliaccio
Il y a quelques
jours, pendant que j'observais un des quatre sceaux templiers de la
photo (appartenant je crois, au Secrétariat du Magistère), j'ai
remarqué la "croix des symboles" qui la forme et je me suis rappelé
les avoir déjà vu sur "Archeologia Magica" par Alberto Fenoglio.

En effet, dans une
page de ce livre, l'auteur reporte ces signes comme définissant,
avec une simplicité mélancolique : "Alphabet secret des Templiers".
En utilisant ce code, c’est facile à lire, le sigle croisé OSMTH (le
"M" est en commun au centre) pourrait signifier "Ordo Supremus
Militum Templi Hierosolymitani".
Mais il parle de sigles… (Regardez ! Pour chaque rotation de 90°
du sceau, chaque symbole devient une lettre différente)… et puis je
ne sais pas si l'alphabet proposé par Fenoglio soit digne de foi. En
effet, si nous utilisons pour la codification reportée par Mario
Ruberi sur "I Cavalieri Templari e la Sindone" (qui semble plus
logique et réglée), le sigle qui nous obtenons est : ASMTH.

Que peut signifier le "A" à la place
du "O" d'Ordo ?… Association ?!? Ca me semble étrange ! En tout cas,
quoiqu’il signifie, l'entier acrostiche pourrait être lu comme
ASMoTHeo, le Gardien des Trésors. Et qui peut nier que les Templiers
furent gardiens des trésors, les plus célèbres de l'histoire ?
Cette coïncidence, unie au "pointeur"
qui est utilisé dans le site, m'a convaincu à écrire quelque chose
sur ce Démon "secondaire".
Il est appelé Ashmoedai en hébreu,
Asmodeus en latin, Asmadaios en grec, As'medi en araméen. En langue
persane, Aeshma-Daeva était le Démon Destructeur, Exterminateur. Son
nom semble signifier le "Souffle ardent de Dieu", du moins en ce qui
concerne l'étymologie latine.
Dante Alighieri ne l'inséra pas entre
les nombreux personnages qui peuplent sa "Comédie", mais ce n'est
pas un déshonneur… Maria Magdalena n'est pas là ! Cependant, Asmodée
eut également son rôle de protagoniste en littérature : "El diablo
cojoelo" écrit par l'espagnol Luis Velez de Guevar en 1623. Plus
tard, le français Alain-René Lesage reprendra ce sujet dans son
oeuvre "Le Diable boiteux", une satire sur les coutumes du XVII
siècle.
D’anciennes traditions apocryphes
racontent qu'il serait né de l'union d'Adamah le Premier Homme, avec
Lilith, la belle et terrible Déesse Noire. Ashmoedai était l'aîné de
7 démons frères : Mahawet, Sham'ha, Naam'ha, Shibbetha, Bahael et
Rhu'ha (cette hiérarchie "minore" est prise par le Dragon Rouge, le
célèbre grimoire édité à Avignon en 1522, et nous le voyons ici déjà
comme Gardien de Trésors).

Sa naissance "bâtarde"
conditionna, peut-être, ses pouvoirs. Il fut toujours considéré
comme le démon de la luxure. Il surveillait les accouplements qui
arrivaient dans les rêves : le Succubus féminin (qui ensorcelait les
rêves des hommes) et l'Incubus masculin (qui violait les femmes
endormies). Ils étaient, tous deux, ses serviteurs. Ce pouvoir sur
les "pulsions sexuelles" lui fit mériter la réputation de "Sapeur"
des mariages, et on le retrouve dans ce rôle seulement une fois,
dans la Bible : Tob. 3 -VIII. Le verset latin qui le concerne peut
être traduit par différents mots… pour ne pas "toucher" la
sensibilité de quiconque, je laisse à chacun sa propre
interprétation ou être muni d’une Bible de sa langue.

Le Livre de Tobie nous raconte
qu’Asmodée avait tué les sept maris de Sara, mais il fut battu en
brûlant une "mixture" de cœur et foie de poisson (ce mélange avait
été suggéré par l'Archange Raphael - le Médicament de Dieu). L'odeur
terrible chassera Asmodée du corps de Sara et l'Ange Raphael pourra
lui enchaîner mains et pieds (comme nous le voyons sur l'ex-libris
de Saunière) et lui traîner dans les lointains déserts de la Haute
Egypte.

Une autre légende nous
dit que c'était le Gardien des Sources d'Eau dans les déserts; il
avait en particulier, le contrôle de la "Source de la Vie" et, fort
de celui-ci, Il faisait du chantage aux lépreux et les malades en
les contraignant à travailler pour lui.
Mais Asmodée n'est
pas ainsi toujours mauvais, ou mieux… en quelques histoires du
folklore hébraïque, il est décrit comme un diable gai, vif et
espiègle, un sympathique type et souvent un ami des gens. Si tu
réussissais à entrer en confidence, il pouvait t'offrir pierres
précieuses et bijoux d'or, il pouvait t'enseigner la Géométrie et
l'Arithmétique, il pouvait te dévoiler les secrets de l'Astronomie
et de la Mécanique, il pouvait te rendre invisible et, finalement,
te révéler les endroits où trésors immenses étaient cachés. Il
suffisait de faire un pacte avec lui.

Le Roi Salomon devait
connaître la manière de gagner sa faveur ou, peut-être, de le
piéger. On raconte qu’Asmodée dicta au Roi le troisième des Livres
du Pouvoir, ce de la Perle, Qitab-al-Luluà, qui permet à celui qui
le possède de comprendre les secrets des numéros, des poids et des
mesures.
Le Talmud nous dit
qu’au moyen d'une "Phrase Magique", Salomon contraignit Asmodée à
guider la main de son architecte, Hiram, dans la construction du
Temple. Puis, le Roi fit graver ces "Mots Magiques" sur le "Clavicula
SalomoniS" (pas le "Véritable Grimoire", mais la Grande Émeraude
tombée du front de Lucifer). Salomon paya le travail d’Hiram en lui
donnant l'Émeraude. Après le meurtre du grand architecte, cette
pierre, doublement précieuse, passa à Simon Magus et, il raconte,
elle était celle-là qui le Magus promit à Simon Petrus, s'il lui
avait révélé les Secrets de l'Esprit Saint. Le Premier Apôtre ne se
fit pas corrompre mais, peut-être, il s'empara également de
l'Émeraude, après avoir gagné l'hérétique dans le célèbre "défi
volant"… mais celle-ci est déjà une autre histoire.

Revenons à Asmodée. Son "devoir" en
Enfer était celui de contrôler et de visionner les tripots et les
casinos, mais son "esprit libertin" le faisait souvent remonter au
monde des vifs. Et son aspect n'était pas très rassurant. Avant
tout, Il était furieux et hurlant. Il se présentait souvent armé
d'une lance, en chevauchant un Dragon. Quelques-uns le voyaient
comme une espèce de monstre aquatique. D’autres disaient qu’il avait
trois têtes : une d'homme, une de taureau et une de bouc. Son corps
était une chimère horrible : il avait une patte de cheval et une
autre de coq, queue de crapaud, écailles de serpent, et ses bouches
vomissaient des flammes.

Au-delà de celui-ci déjà signalé par
Monsieur Fons, de S. Maria de Piave, j'en ai vu un autre (du site de
l'amie italienne Marisa Uberti) dans l'église de Barbana, une des
îles vénitiens de Grado : à une analyse superficielle, il est de la
même "école" du précédent. Furetant pour "ma" Rome, j'en ai trouvé
un autre dans la Basilique de "San Paolo fuori le Mura" : l’œuvre
fut gravée en 1860. Un ami m'a parlé d'un Asmodée dans une église de
Capua, près de Naples. De temps en temps je passe par ces endroits.
La prochaine fois je contrôlerai, et vous serez les premier à le
savoir.

Notre «Dable Negre» de la Magdalene de
RLC est, désormais, une copie d'une copie, et ses ailes ne le font
plus voler. Cependant (il l'écrivit Eco) quand l'original n'est
plus, la dernière copie "EST" l'original ! J'ai lu que son épaule
est marquée par cinq éraflures et que, éclairé par un angle précis,
l'ombre de son manteau ressemble à la tête d'un cheval. De celui-ci
je ne m'étonne pas… ils sont dus au hasard peut-être. Cependant, il
est évident qu'Asmodée nous parle : il suffit de regarder sa grande
bouche ouverte, pour comprendre qu'il veut nous dire quelque chose
dans un langage perdu, que nous avons depuis le temps oublié.

Il m’interpelle davantage par la double
direction de ses yeux strabiques, la position inconfortable de sa
main gauche appuyée sur son genou et, pour finir, la main droite qui
forme un cercle. Mais, à mon avis, il ne semble pas qu'il veuille
former un cercle : je crois qu'elle serait prête à recevoir la hampe
de la lance, armé dont il chevauchait son dragon. Qui sait combien
elle était longue ? J'admet avoir bien peu ajouté à ce que tous déjà
savaient, mais j'espère que vous ne considérez pas complètement
"inutile" ce que j'ai écrit. Même s'il n'est pas ce terrible du XV
Arcane des Tarots, Vous serez d'accord avec moi que parler du Diable
(sans le faire devenir enragé) ce n'est jamais une chose facile,
aussi s'il s'agit d'un "Piccolo-Diavolo" comme Asmodée.

Je me suis
souvent demandé s'il y a aussi Le, au milieu de la multitude de
démons qu'ils peuplent les Tentations de S.Antonie…
18-15-13-1
***28.02.2004***1500
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