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Enne speculari
Domenico Migliaccio
Sur la tombe de
Saunière, dans le petit cimetière de Rennes, se dresse une croix.
L'INRI de cette croix a un N inversé.

Si vous demandez à votre entourage
s’il a déjà vu un "N" spéculaire gravé ou imprimé, vous verrez que
la plupart s’en souviennent. Mais ils seront peu à se rappeler de
l’endroit OÙ ils l’ont vu.
C'est un mécanisme subliminal
extraordinaire qui nous fait accepter une faute comme s’il
s’agissait de quelque chose de "naturel". Peut-être parce que nous
tous (quand nous étions enfants), aux premières armes avec cette
forêt de lignes qu’est l'alphabet, nous avons au moins une fois
tracé ce "N" inversé. Quelqu'un vous dira que le "N" peut être écrit
à l’envers, tout bien réfléchi, il n'y a pas de mal !
J'ai ailleurs mentionné Signol et son
Titulus Crucis : N et Z inversés avaient là un sens… toute
l'inscription se lisait de droite à gauche ! Or, nous ne parlons pas
du cyrillique. Dans l'usage de l'austère et immortel alphabet latin,
les N inversés sont difficiles à trouver. J'ai observé des dizaines
de pierres tombales d'époque romaine : sur ces marbres, je ne l'ai
jamais vu. Vous savez... un des éléments pour attribuer une valeur
aux choses, est leur rareté.

Il est difficile de croire que les
tableaux et gravures puissent être le fruit d'une erreur de
l'artiste. Et encore plus difficile de penser que, sur le papier
imprimé, elle dépend d'une distraction de l'imprimeur : il faut
avoir un poinçon spécifique parce qu’à partir d'une lettre normale N
mise tête-bêche, on obtient toujours une autre lettre normale N !

Ça nous fait penser qu'il ne s’agit
pas d’un symbole "tête-bêche" (sur les signifié profonds de lequel
il a très clairement écrit déjà Guenon) mais d’un symbole
"réfléchi", comme il est le miroir de "Alice au Pays des
Merveilles", ou quelconque "Stargate", ou l'Escalier de Jacob, ou la
phrase palindrome « SI SEDES NON IS » (si tu t'assieds, tu ne vas
pas) gravée sur l’échelon de la Porte Magique à Rome que, après
l’avoir virtuellement traversée, lue à l’inverse il signifie "si tu
ne t'assieds pas, tu vas" : pas le contraire de l'idée premier mais
son "achèvement".

Le "N inversé" n’est pas un détail
simple à clarifier... C'est un symbole étrange : au distrait, il
passe inaperçu ; l'ignorant qui se croit savant l'attribue à une
faute du graveur ou du peintre ; le chercheur le localise
immédiatement et aisément. Les Templiers le connaissait et
l'utilisait. La preuve est sur l'obélisque de Lésina, dans La
Pouille italienne. La croix templière est insérée dans une bague,
sur laquelle est gravé le nom de Nazarenus avec un N "normal" et un
N "inversé" (courtoisie S. Ferrulli).

En vérité, sur ce N, j'en ai vu et lu
de toutes les couleurs...
La position centrale de la lettre N
dans les alphabets mériterait à elle seule la symbolicité de "Centre
du Monde" ou "Cœur Alchimique", emblématiquement souligné par le
renversement de lui-même. J'ai lu qu’il pouvait correspondre au
signe de reconnaissance distinctive d'un puissant Ordre ou d'une
ancienne Confrérie.
Certains auteurs francophones
affirment que le N inversé, dans la "langue des oiseaux" (ce langage
que Salomon connaissait très bien et que Sigurd apprend magiquement
après avoir involontairement bu une goutte du sang de Fafnir, le
Dragon) se lit comme "l’inverse de la Haine : l’Amour". Cette
circonstance pourrait justifier son insertion dans l'INRI de
quelques crucifix comme par exemple, cet ivoirin, vraiment
merveilleux, gardé dans la troisième salle du Trésor de S. Pietro.
L’œuvre devrait remonter à la fin du XVII siècle.

Pour d’autres, il
exactement inséré dans l'INRI ; il signifierait la négation de la
résurrection ou de la même crucifixion du Christ.

Un autre courant le voudrait comme
clé pour résoudre l'acrostiche I.N.R.I, dans la phrase maçonnique du
goût alchimique : "Integra Natura Renovatur Igne - La nature entière
est renouvelée par le feu".

Un alchimiste m'a
suggéré que : le N étant le symbole de l'Azote (du grec "A-zoe" =
sans vie), le N inversé serait lu comme "A-mor" (sans mort).
D’autres alchimistes lui attribuent la valeur de "point d'équilibre"
ou d’"État Zéro": c’est ainsi que, dans la chimie moderne, il est
utilisé pour indiquer le "ph-neutre", l'absence des Acides et Alcali
dans les Solutions, qui correspond à l'eau distillée.

Quelqu'un théorise que, là où on le
rencontre, il devrait être appliqué à la "Clé de David". Le code
cryptographique qu'il prévoit la "coupe" de la tête de quelques
mots, mais seulement si nous la trouvons en phrases plus ou moins
complexes, clairement.

D’autres supposent la
présence d'une "chambre secrète" dans les alentours de l'endroit où
il apparaît. Et encore, par quelques analogies extrapolées par les
évangiles, celui qui l'expose entre les lettres de son nom ou dans
ses œuvres, manifesterait l’état de "retour" à la lumière après le
passage d’endroits obscurs... l'éclairage, la révélation, la
réalisation. L'extase mystique de S.Thomas Aquinate peut nous donner
une idée.

Enfin, quand il apparaît sur une
tombe, il indiquerait que la personne défunte atteignit, en vie,
cette Grâce Divine. Il est allé au-delà de sa condition de mortel et
il a vaincu, non pas la Mort Physique, mais la Mort Spirituelle. Les
photos suivantes sont celles des pierres tombales du théologien
danois Knudsen (dans le Cimetière Acatholique de Rome) et de la
jeune Elisabeth Raynaund (courtoisie M. Tomatis).

Il est humain qu'après une moisson si
riche d'hypothèses, je n'ai pas l’intention d'en rajouter… Je peux
supposer seulement qu'il s'agit d'un "indicateur", parfois
délicieusement géométrique, en tableaux et pierres tombales,
d’autres fois topographiques. Un "message" laissé pour indiquer
qu’il y a quelque chose à bien observer, à comprendre, à découvrir :
parfois en suivant les lignes et les angles de la lettre, d’autres
fois qui en tâchent de mettre la maxime attention aux particuliers.

On le voit par exemple dans ces photos :
une chapelle privée dédiée à la Magdalena (signalée par R. Raineri).

À l'intérieur de la petite église nous
trouvons une sculpture de la Sainte, un cartouche avec le "Terribilis",
une Vierge Assomption sur un croissant de lune, et autres éléments.
Avec tous ces signaux, il est clair que nous devenons "circonspects"
et nous observons soigneusement tout ce qui se trouve autour.

Puis notre attention s'arrête sur les
sculptures de ce mur (côté Nord). Tous les objets présents font
partie, dans l'ensemble, de l'épisode de la Passion de Christ. Il
manque peut-être le coq… mais pour le reste il y a tout : la lance
du centurion Longinus, le marteau et les clous, l'éponge, la
couronne d'épines, le "flagellum", le lin de la Véronique, la
"colonne infâme" enchaînée à laquelle Jésus fut fustigé, la
tenaille, les bois du martyre, la tunique, l'escalier, la Croix et
finalement l'INRI. Cependant, le N inversé nous dit… attention…
c’est un couac… Cette fausse note, cette anomalie, est le gant. Le
mur entier devait donner l'impression d'un tableau pieux et
orthodoxe sur la Passion du Christ. Cependant, c’est que peu de gens
auraient vu une "Passion avec le message". Quel message ? Le gant
sur colonne !?

Une charade linguistique ? Un rébus
figuré ? Une symbolisation mystérieuse ? Non... plus simplement :
une colonne tournante - ou creusée à l'intérieur - qui peut être
actionnée et qui cache une cachette ! Et qu'est-ce qu'il y a dans
cette cachette ? Or et bijoux ? Une Sacrée Relique ? Un Livre de
Connaissance ? Un manuscrit de Baron Rolfe adressé à Corto Maltese
?... nous ne le saurons jamais. La petite cavité est là encore mais,
aujourd’hui, elle est vidée de quelconque contenu. Mais est-il si
important de trouver un "objet" ? En plus d'une circonstance il
m'est arrivé de penser que le vrai « jeu », le vrai amusement n'est
pas le trésor, mais en vérité, la « chasse au trésor ».
gimoD***4002-30-41*** amoR
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