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Les Terribles Lieux - Partie 1
Domenico Migliaccio
Quiconque se promène
dans les jardins du presbytère de RlC, rencontrera
tôt ou tard une plaque marmoréenne gravée d'une invocation à la Sainte Vierge:
« O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à
Vous ». Une telle phrase est assez commune mais, pour ne pas faire
exception à la règle qui établit une certaine "étrangeté" pour chacun
des éléments visibles, la "A" du nom de la Vierge a été
gravé comme un monogramme "MA", avec les deux lettres entrelacées.

Ce symbole n'est pas rare; nous le
trouvons souvent dans les églises et il m'est arrivé de le voir
aussi en des endroits peu religieux.

Il y a quelque jour, pendant que nous
observions les deux lettres "MA" qui se trouvent peintes dans
la première chapelle à droite de l'église de Santa Barbara dei
Librai, dans les alentours de «Campo dé Fiori» à Roma, un ami me
fit remarquer que ce symbole eût été "construit" pour
l'exigence maçonnique de transformer l'Étoile de David.

Nous avons déjà mentionné au
symbolisme de l'Esalpha, Alpha-Omega, "Sicut in Coelo et in Terra":
le pouvoir divin, spirituel, religieux descend du ciel pour éclairer
la terre (celui-ci est le triangle avec le sommet vers le bas)
pendant que le pouvoir temporal, souverain et politique pose
ses bases sur la terre et tente de s'élever vers le ciel (celui-ci
est le triangle avec le sommet en haut). Le Roi Sacré, le Guide
terrestre et spirituel, le Pontife Souverain fond harmoniquement en
soi même les deux pouvoirs.

Maintenant, les Bases horizontales des
deux triangles qui composent le Sceau de Salomon, "tournent"
latéralement jusqu’à assumer une position verticale aux bords
opposés de l'illustration restant. La symbolique des triangles reste
inaltérée, mais la nouvelle composition veut indiquer que cette
union de pouvoirs dans un seul Homme doit arriver "à l'intérieur" du
Temple, à l'abri des deux colonnes, l'Apprenti et le Camarade d'Art
dans lequel les bases des triangles se sont transformées. Ces deux
colonnes, les deux Gardiens, Boaz et Jachin (innommables pour le
franc-maçon, comme le nom de Javhel c'est pour le juif) déterminent le seul "Lieu" légitime où est possible cette sublime et
double osmose.
Un splendide exemple nous le fournit,
réellement, le monogramme symbolique du Collège de Saint Sulpice à
Paris. Les deux hampes verticales sont surmontées d'un point et d'un
losange. Il n'est pas casuel: ils représentent la "section" de la
respective colonne, circulaire celle droite, carrée la gauche (ou
vice versa, en base au Rite). Et les deux couleurs sont: de Sinople
sur Sable (en blasonnant, dans l'héraldique, le vert est appelé
"Sinople", le noir "Sable" ) - SS - Saint Sulpice.

Le dessin qui apparaît équivaut à un
"M" et un "A" superposée. Il se forme ainsi un acronyme ou mieux,
un monogramme. Cette particularité, que la fait ressembler aux deux
initiales, permet donc de lui exposer "impunément" non seulement
en endroits laïques mais aussi en Églises Catholiques, près de
quelques représentations de la Sainte Vierge: Marie Annonciation,
Marie Assomption, Mater Auxiliatrice, Mater Amabilis, Mater
Admirabilis, pour finir avec le classique Avé Maria. Et ainsi le
prélat ou le notable qui commissionne l'oeuvre trouve la manière
de "masquer" a la plupart (mais dévoiler aux confrères) son
affiliation MAçonnique.

Ce symbole de
l'esthétique si agréable (déjà décrit par Guenon dans le quatrième
chapitre du Roi du Monde) fut utilisé aussi par gens que
rien avaient à que faire avec les Anciennes Fraternités, mais ils
croyaient qu'il serait associé "naturellement" à l'image de la
Vierge. Aujourd'hui, en le voir un de ces monogrammes, il est
difficile d'établir quand il devra être chargé de sens ésotériques
ou quand ce soit par contre le décoratif fruit d'un simple hasard:
pour lui attribuer le juste poids, la seule "contre-épreuve" il est
rechercher la présence d'autres "signes indicateurs" dans ses
alentours.

Avant d'introduire le
discours des "Lieux Terribles" se rend nécessaire une petite
digression. Chaque religion a ses démons. Ces entités peuvent être
spécifiques de cette religion ou, plus simplement, sont les
divinités des peuples soumis. L'envahisseur, en plier le vaincu, il
offre au propre dieu les dieux de ce dernier, en les reléguant dans
une condition d'infime et maudite "esclavage". Quand, pour raisons
politiques et sociales, cette extrême humiliation n'est pas
considérée opportune ou convenable, avec une opération nommée
Syncrétisme on "absorbe" l'autre divinité ou elle se rend
"compatible" avec le propre.
Les Romains étaient maîtres en celui-ci,
mais aussi les premiers missionnaires chrétiens ne plaisantaient
pas. Aux peuples (et non seulement à ceux-là nordiques) qui
vénéraient la Mère Accouchée, les missionnaires racontaient que,
dans leur pureté spirituelle, ils étaient en train de "préfigurer"
l'adoration de la Sainte Vierge. Choisi pour ses caractéristiques,
cet endroit, déjà sacré pour les premier, il le devenait aussi pour
les secondes et, édifié un autel de culte, tout il finissait avec
une "poignée de main et un verre de vin". La Grande Nourrice
devenait un Imago Virginis (le plus souvent peinte par Saint Luc)
parfois avec le visage brun, à signifier le lien avec la terre, ses
courants telluriques et le secret de sa fécondité.

Ainsi les anciens sites de culte liés à
la Déesse Terre (que c'est la Grande Mère, Ea, Cibele, Gea, Era,
Demetra, Cerere, la Fertilité, la Grenade dans laquelle chaque grain
est un embryon rosé) ils vinrent associé naturellement à la Blanche
Vierge. Ces légats à la Déesse Lune (que c'est Isis, Ishtar, Lilith,
Selene, Athena, Ecate, Diane, Astarte, la Sensualité, la Nuit et ses
mystères) ils furent également adapté aux exigences du nouveau
Christianisme, en vénérant là la Vierge Noire.
Puis, là où Il n'eût été pas possible
"englober" un dieu vénéré dans une place (et cela succédait plus
souvent avec les divinités masculines qui avec le féminines, parce
qu'il est "naturel" s'étonner du féminin, aussi dans ses aspects
plus effroyables) il y n'avait pas problème: l'église se levait
également, cette fois-ci à sceller définitivement le "Satan" vaincu
dans l'obscurité plutonique des abîmes infernaux. Il est Saint
Michel en général, avec son épée flamboyante, qu'il s'occupe de
cette tâche: son "faire tomber" démoniaques personnages
anthropomorphes ou horribles dragons est lié toujours à la même
histoire... c'est le nouveau locataire qu'il expulse le précédent.

La Vierge qui s'élève
sur la faux lunaire (croissant ou couchante il change le sens) et
qui écrase la tête au Serpent, dragons et basilics enfilés comme
brochettes, Anges Rebelles (comme ceux-là, ainsi passionnels et
humains, rêvés par Anatole France) battus en batailles aériennes et
puis, devenu Démons, foulés aux pieds par Anges Lumineux… ils nous
proposent, presque toujours, le même sujet: la Victoire sur le Mal
qui se termine avec le "capotage" des Anciens et Autres Dieux.
Et l'Escalier de Jacob?
Après avoir introduit le discours des «Lieux Terribles», je
m'aperçois que l'introduction a pris la "place" de tout le sujet.
Pardonnez-moi. Je dédierai la prochaine, seconde partie de ce
chapitre à ces endroits privilégiés , où le Ciel et la Terre sont
plus voisines, et parfois ils se touchent entre eux.

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