
L'abbé Bigou, curé
de Rennes-le-Château
par Patrick Mensior
Les années qui suivent
la prise de la Bastille et les idées nouvelles qui apparaissent alors
n'épargnent pas l'ensemble des représentants de l'Eglise officiant
sous la première République naissante.
Bien au contraire, cette
dernière est ferme et ne fait aucune concession à ses curés. Isolés
par le pays entier, ils doivent faire face à de majeures difficultés
et surmonter chaque jour leurs nombreuses inquiétudes. Pour comprendre
ce que subissent au quotidien les prêtres du pays, certains documents
sont très éloquents. (Cliquer sur
les documents pour les agrandir)
Le climat est on ne peut plus
hostile. La nouvelle loi votée le 26 août 1792 contraint, dès le mois de
septembre, Antoine Bigou, comme nombreux de ses confrères, à prendre la
fuite en se réfugiant en Espagne. Quelques mois plus tôt, le 20 février
1791, il avait prêté serment mais celui-ci fut invalidé. Lors de son
départ précipité, il abandonne les quelques biens et effets qu'il possède
à Rennes-le-Château.
Peu après, l'administration,
comme pour se dédommager, se charge d'inventorier, de mettre sous séquestre,
et enfin de vendre aux enchères les possessions du curé fuyard.
Du premier mars mil sept
cent quatre
vingt treize An 2ème de la République Nous
Maire officiers municipaux et procureur de la
commune de Rennes raportons qu'en exécution
de la loy du 12 février 1792 à nous envoyée
Concernant le séquestre des biens du émigré -
Vu que le nommé Bigou cy-devant curé de ce lieu
a été en Espagne ou ailleurs sans avoir pretté son
serment que nous ignorons le lieu de sa résidence
et présumé être émigré nous nous serions transporté
ce jourd'huy dans une maison à lui appartenante
ou nous naurions rien trouvé et pour mettre
la susdite loi a exécution nous avons établi
pour séquestres et gardiens du fruit provenant
des possessions appartenants audit Bigou les
citoyens François Sausede et François Fallet
dit petitou messagers de Rennes que nous
avons enjoint de veiller avec exactitude et que
nous avons chargé de la gestion du bien acquis par
ledit Bigou dans le terrain dudit lieu de Rennes 1°
Consistant en une petite maison trois champs une
vigne et un jardin lesquels dits séquestres ont
accepté ladite gestion a eux confiée et ont promis
de s'en acquitter et de ce dessun avons dressé le présent
procès-verbal signé de nous et de notre sec greffier
non lesdits séquestres et artozoul qui ont dis ne savoir de ce requis
lequel a laissé tout ces biens au pouvoir
d'Antoine Artozoul de ce lieu qui nous a dit
le tenir en afferme et a offert de rendre
compte cependant des fruits croissants par
Rennes 1° que neuf à dix cheze vieilles de
paille et une roue pour la broche avec
une cornue aussi vieille.
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L'abbé Bigou ne reviendra
jamais à Rennes-le-Château. Il décède le 21 mars 1794 dans une petite
bourgade près de Sabadell.
L'ensemble du dossier Bigou
sera publié par Pierre Jarnac dans le prochain numéro de Rennes-le-Château
Le Bulletin, à paraître en novembre 2002.
Patrick Mensior
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