Paul Sanda est
l’animateur de la Maison des surréalistes à Cordes-sur-Ciel et
responsable des Editions Raphaël de Surtis. Pour un ouvrage en
préparations aux Editions de l’œil du Sphinx, il nous a communiqué
cet hommage, à la fois textuel et graphique.

Pour l'internité
de Gérard de Sède
Hommage d'un frère, du temps des fissures
Le zodiaque nous
annonce ses signes comme en narthex
-
et ce
qui paraît de la
vision de chaque levant
:
la fusion, la
langue d'oc
- puis aux
mouvements du seul marteau décisif, cet instrument de
l'artiste
des
litanies, sentir ce que le vent d'autan provoque aux souffrances
de l'âge comme au courant qui s'engouffre à l’enfilée des
prodiges...
Je ne sais pas
si la végétation magique de cette contrée survit à la
canicule parce
qu'elle a pu prendre aussi un peu de sève dans la
pierre du château, ou si elle est elle-même plus pierre que
le vent qui
la fouette
:
ô mon cher
Gérard, ne te le dire vraiment que lorsque
nous serons plus
sages ?
À vous qui
cherchez le plus fameux des Trésors, dire que ce qui se
cache sous mes
allégories vous donnera bien davantage à l'attention
-
à l'intention
-
et répandra
plutôt de votre sueur, de votre sang, ô
peut-être
finirez-vous par être frappés de ces éclats qui jusqu'à ma nuit
entière
portent à jamais le sens de la vraie pierre cubique
?
Dire à
toute la lueur
de mes buis, de mes couleurs, tout le sens qui échappait
autrefois dans les douves. Je ne peux que vous montrer, à
la circularité
des vitraux, la signification des positions antiques, ce qui
s'écoule
à ces rameaux de verre dans la vision de l'arcane, et tout ce dont
on ne prononcera jamais le nom.
Ô mon cher
Gérard, je t'ai su poser à l'essentiel ce que les légères
saillies
impliquées dans les murs sont à l'un, à l'unique, au sommet de
la pente cruciale à ce qui relie à la cime de cette pente
les différents
chiffres que nous
poursuivons ; trois et quatorze que multiplie dix-neuf, par la
coudée :
j'aimerais tant que l'archange me sauve alors
une nouvelle fois. Et je sais ce que je dirai de l'image projeté, du
cycle ajouté du principe infléchi de ce feu dérivé
:
tout ce que j'inspire
à jamais du plan centré est existant, jusque
le
développement des
choses apparemment les plus absentes.
Dans
l’Esprit de Gérard de Sède
:
or
tout ceci ne
vous doit pas troubler ni divertir mais cependant lisez ces miens
écrits car je ferai
incontinent
suivre les autres auxquels vous trouverez des choses que
vous estimerez et en aurez l'esprit satisfait...
La
pierre, la muraille, la pierre, puis les logis les demeures, le parchemin
de la pierre
:
voici mon cher Gérard, tu sais
que je ne pouvais y
traverser la rampe sans le secret des dieux, sans ce regard qui
échoue dans la véritable
aspérité, sur ce que je dois
entendre
de toute
la
vérité, de la vivacité du tumulte en tabernacle, de l'apaisement aérien
qui retient.
Dans l'Esprit de Gérard de Sède : si vous lisez ces livres et qu'une
fois vous en ayez l'intelligence vous me suivrez et serez des miens
mais ce ne sera pas encore assez de ces livres j'ai l'intention s'il
plaît à dieu de me donner cette grâce de les remplir et continuer à
écrire sur ce sujet et principalement je veux écrire certains livres
très beaux et grandement utiles lesquels seraient parfaits et
accomplis en la plupart...
Ô mon cher
Gérard, je te sais poser à la quadrature que le déambulatoire
libère, jusqu'à l'un, à l'unique, au sommet de la pente crucifère,
à ce qui relie le pentacle de cette pente aux différents chiffres
que nous intégrons
;
c'est une sorte d'épacte, que
multiplie dix-neuf, une
nouvelle fois par la coudée :j'aimerais aussi que vous entendiez
encore que l'archange peut
m'y sauver alors une dernière fois.
Voilà. Je
sais ce que je vous dirai de l'image projeté
:
que je me
prépare à la vraie croisée des us,
des ut, à l'envol de mes lapidaires jusqu'aux quatre aspérités
romanes du vide ! En ton souvenir, mon
cher Gérard, que mon corps implose à l'onde poétique de nos bardes,
de nos ovates et de nos
sorciers, ô que mon corps, et mon cour et
mon âme, se plient enfin à la
forme si acérée des folles exigences ;
pour la paix de ton Esprit
j'ajouterai alors, en définitive, ce que tu nie
transmets de notre Maître à tous
Je vais chanter la nature et les
propriétés du feu, qui sert au Phénix de bûcher et de berceau, où
il reprend une nouvelle vie. Prêtez-moi une favorable attention, et
faites silence.
PAUL SANDA,
Cordes sur Ciel, 29 mai 2004
Aquila non tapit muscas.