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Dictionnaire Topographique du
Département de l'Aude - Abbé Sabarthès
Pour établir ce
Dictionnaire, nous avons relevé les noms des lieux
actuellement habités, et aussi ceux des lieux dits qui
paraissent l'avoir été. Ces noms se
répartissent de la manière suivante : ceux qui,
d'après leur terminaison (-anus, devenu -an; -acus, devenu
-ac), proviennent de domaines gallo-romains; ceux qui appartiennent
à la période franque, et dans lesquels entrent en
composition les mots villa, villare; les noms de chàteaux ou
de lieux fortifiés (castélas,
castellassés, caria, tour, porte); les noms d'anciens
établissements métallurgiques ou
industriels« falga, fargue, farguette, ferrière,
moulin, tuilerie, verrerie).
Nous avons encore relevé les noms qui se rattachent aux
souvenirs religieux : noms de saints, rappelant une chapelle, un lieu
de pèlerinage ou un décimaire; noms d'oratoires
ou de croix rurales dont le souvenir est près de s'effacer,
et qui étaient souvent une limite de seigneurie, de
juridiction ou de circonscription paroissiale.
Enfin nous avons relevé des noms d'anciens fiefs ou de lieux
dits, soit parce qu'ils ont par eux-mêmes une signification,
soit parce qu'on en a des formes anciennes qui offrent un
intérêt philologique.
Les noms précédés de l'article ont
été écrits en un seul mot lorsque les
listes officielles, en adoptant cette forme, leur ont donné
comme une sorte d'état civil : Labastide,
Labécède, Lacombe, Lafage, Lagrasse, Lapalme,
Laprade et autres. Nous y joignons Ladigne, quoique l'orthographe
officielle écrive la Digne, car les textes anciens donnent
la forme Ladinianum. Mais, pour d'autres noms du même ordre,
on s'en est tenu à la graphie étymologique : la
Bezole, la Cassaigne, la Courtète, la Nouvelle, etc.
Fallait-il, en dehors des noms de communes, adopter
uniformément la forme française? Il nous a paru
impossible, sans de sérieux inconvénients, de
suivre une pareille règle. Ici encore, toutes les fois que
le sens l'exigeait ou qu'un long usage l'avait imposée, nous
avons conservé la forme romane. D'autre part, les documents
officiels écrivant Peyrefite, et non pas Pierrefite, il nous
a paru plus simple d'unifier l'orthographe des vocables similaires, et
d'écrire : Peyremale, Malepeyre, Peyrepertuse, Pevredroite,
et non Pierremale, Malepierre, etc.
Enfin, au point de vue phonétique, et pour
répondre au désir exprimé au
Congrès de Montpellier (1907), nous avons, dans une notation
simple, que l'on trouvera indiquée à la suite de
celte introduction, donné la prononciation vulgaire des noms
de communes.
595 pages
Réimpression de
l'édition de 1912
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