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La vie des Templiers - Marion Melville
En janvier 1128 le concile de
Troyes, composé d'ecclésiastiques qui faisaient la
gloire de l'Église contemporaine, consacrait un nouvel
ordre monastique fondé neuf ans plus tôt en Palestine
par deux croisés, les chevaliers Hugues de Payns et
Godefroi de Saint-Orner, qui avaient eu l'imagination de
créer une figure absolument neuve – celle du
moine-chevalier. Cette conception modifiait profondément
l'idéal monastique, en y introduisant l'impératif d'une
efficacité toute terrestre, vouée à la défense de la
chrétienté. Les Pauvres Chevaliers du Christ, qu'on
appela bientôt "Templiers" parce qu'ils étaient logés
dans l'enceinte du Temple à Jérusalem, atteignirent à
une renommée et à une puissance internationales. Ils se
battaient sur deux fronts, contre les Sarrasins en Terre
sainte, mais aussi contre les Maures en Espagne ; dans
les autres pays de l'Occident leurs commanderies –
exploitations agricoles ou entrepôts – avaient pour
fonction de fournir argent et denrées pour l'entretien
des forces combattantes. Peu de sujets historiques ont
tendu autant de pièges aux chercheurs : nul n'a suscité
des interprétations aussi fantaisistes. Pourtant, il
existe une documentation authentique et abondante, à
commencer par la Règle et les Statuts, où les Templiers
parlent pour eux-mêmes. Ce livre retrace leur histoire
sur le fond catastrophique des croisades. Le célèbre
procès, qui amena la suppression de l'ordre en 1312, y
est abordé sous un nouvel angle. Marion Melville le
situe dans la série macabre des procès en hérésie
intentés à des hommes d'Église sous Philippe le Bel,
dont le plus notoire est celui de Boniface VIII.
L'auteur conclut, en s'appuyant sur des documents
inédits, que la clef du mystère se trouve, non dans le
passé des victimes, mais dans l'imagination ténébreuse,
l'ambition démesurée, les ruses et les craintes du
chancelier Guillaume de Nogaret.
150x220 - 344 pages
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